Les catholiques ont-ils droit à une sexualité épanouie ?

Les catholiques ont-ils droit à une sexualité épanouie ?
Les catholiques ont-ils droit à une sexualité épanouie ?






Depuis des siècles, certains esprits chagrins voulaient nous faire croire que la réponse était non. La bonne nouvelle vient de notre Pape Jean Paul II.

Dans un livre paru récemment, Yves Semen nous révèle la théologie du corps de Jean Paul II ( " La Sexualité selon Jean Paul II " d' Yves Semen aux Éditions de la Renaissance). Durant cinq années ( du 5 septembre 1979 au 28 novembre 1984), le Pape s' est appliqué à définir une " théologie du corps ", au travers de 130 discours dans le but, semble-t-il, de vouloir éclairer, d' un jour nouveau, la très controversée encyclique
" Humanae Vitae " du Pape Paul VI .

Bien que tous ces textes aient été accessibles au grand public, ils restent encore bien méconnus, sans doute en raison de leur complexité. C' est pourquoi le philosophe et spécialiste en éthique sociale Yves Semen a décidé d' en faire un exposé accessible au plus grand nombre.

Il est vrai que Karol Wojtyla est l' un des ecclésiastiques contemporains les mieux placés pour parler de tout ce qui touche au couple et à son intimité. En tant que prêtre, puis Évêque de Cracovie, il a pendant 32 ans accompagné des jeunes et des couples, confrontant ses idées à celles d' étudiants en philosophie, psychologie et médecine. Il a aussi participé aux travaux de la " fameuse " encyclique " Humae Vitae ", publiée en 1968.

C'est par l' étude précise des textes bibliques que l' auteur nous livre la pensée de Jean Paul II (Mt 19,3-9, Gn 1, 2 et 3, Cantique des Cantiques). On y apprend que la relation charnelle entre mari et femme est bien un réel projet de Dieu : " C'est pourquoi l' homme quitte son père et sa mère et s' attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair ." Créés différents, ils sont appelés à la communion la plus parfaite d' esprit, de coeur et de corps, non seulement dans le but de se reproduire mais aussi d' être le symbole de la Communion des Personnes Divines ( Père, Fils et Saint-Esprit) : différentes mais Une elles aussi.

C'est le Cantique des Cantiques qui illustre le mieux cette union et cette communion parfaite, et qui nous montre que la vérité de l' amour ne peut être séparée du langage d' amour du corps.

" Lorsque l'homme et la femme se donnent totalement dans la joie de la fusion et de la communion des corps, ils sont images de Dieu. C'est seulement quand ils deviennent une seule chair que la Création est achevée et que l' image de Dieu est totalement inscrite, incarnée dans la matière." ( p 93 )


Mais le péché originel vient mettre à mal cette communion parfaite, par l' apparition de la "concupiscence ", qui se traduit dans le couple par la volonté de dominer l' autre, de l' utiliser comme un faire-valoir, un objet de désir ou un objet de procréation. Devenus incapables de communiquer dans leur différence, ils ne peuvent plus se donner librement l' un à l'autre et comprendre leur sexualité dans son sens divin.

C'est le Sacrement de Mariage qui rétablit l'homme et la femme dans le projet de Dieu. C' est la grâce reçue lors du mariage chrétien qui permet à l' homme et à la femme de se regarder non plus comme des objets potentiels mais de vouloir créer une vraie relation de communion.

" Si nous accueillions réellement, à l'intime de notre être, la grâce régénératrice, nous serions transformés et capables de vivre une totale communion des personnes, y compris dans son incarnation la plus physique, et de signifier ainsi la parfaite Communion des Personnes Divines." ( p 159 )

Après l'amour fougueux mais total du Cantique des Cantiques, c' est l'union de Tobie et Sara qui nous révèle le projet de Dieu : la pureté de coeur des deux époux, leur volonté de placer leur relation sous le regard de Dieu et non sous le règne de la " concupiscence " les rend plus forts que la mort qui avait frappé les autres époux de Sara ( Tb 8,4-14 ).

Placé dans la perspective de la Nouvelle Alliance ( conclue entre Dieu et les hommes par la mort et la résurrection de son fils Jésus ), le Sacrement de mariage prend une dimension nouvelle : les rapports entre époux ont un nouveau modèle, celui des rapports du Christ et de son Église : une relation exclusive, un don total qui va jusqu'à la " crucifixion " de ses propres pulsions.

Il est donc clair, après ce long exposé, que la sexualité entre époux est bien plus qu' un simple moyen de procréation : c' est un véritable langage d' amour et de communion entre deux personnes qui s'aiment, communion qui prend sa source à la Communion des Personnes Divines et qui y trouve son accomplissement. C'est ainsi que le mariage, avec toute la dimension charnelle qu' il comporte, est aussi un chemin de sainteté. Mais alors, il ne doit pas séparer les deux dimensions de sa vocations : unitive et procréatrice. Car si l' acte sexuel signifie bien l' amour, la fécondité de cet acte aussi. C'est pourquoi la fécondité du couple ne doit être entravée par aucun moyen ( avortement ou contraception ).

" Dans l'acte conjugal, il n' est pas licite de séparer artificiellement les deux significations, l' union et la procréation, car l' une et l' autre relèvent de la vérité de l' acte conjugal. " ( p 195 )

Compte tenu de la nécessité de la régulation des naissances - dans le cadre d'une paternité et maternité responsables - la seule méthode compatible avec cette voie de sainteté est la méthode dite " naturelle " qui consiste à s' abstenir de toute relation sexuelle pendant la période de fécondité. Cependant cette méthode ne saurait n' être utilisée qu' à des fins contraceptives mais bien dans une démarche de chasteté : c'est-à-dire la volonté de renoncer ( périodiquement ) au plaisir sexuel dans le but d' accéder à d'autres dimensions de l' Amour et de découvrir d' autres langages amoureux.

Jean Paul II énonce ainsi le chemin de sainteté qu' il propose aux couples mariés :

" Le respect de l'oeuvre de Dieu contribue à faire en sorte que l'acte conjugal ne soit pas dévalué et privé
d' intériorité dans l'ensemble de la vie conjugale - qu' il ne devienne pas une " habitude " - et qu' en lui s' exprime une plénitude adéquate de contenus personnels et éthiques, et aussi de contenus religieux, c'est-à-dire la vénération à l' égard de la majesté du Créateur, ultime et unique dépositaire de la source de la vie, et à l' égard de l'amour nuptial du Créateur. " ( Audience du 21.11.84, §3 )

Ce projet est évidemment bien ambitieux, certainement difficile à réaliser et aussi à accepter par nombre
d' entre nous ! On pourra aussi trouver ce projet décalé par rapport à notre société actuelle. Mais il faut bien avouer que ce texte recèle une parole nouvelle sur la sexualité, bien loin du catalogue d' interdits qui nous est parfois présenté. Des paroles fortes sur le sacrement de mariage aussi, son sens, sa force, sa grâce qui pourraient nourrir la réflexion de nombreux couples et des animateurs chargés de la préparation au mariage
( CPM ).

Cette parole nouvelle, sur la beauté de l'amour charnel, les catholiques ne l' ont pas attendue ! Comme le montre le dossier et le sondage parus dans "Le Pèlerin" du 27.05.04 ( n° 6339 ), il semble que la grande majorité des catholiques ait une sexualité épanouie. Et qu' en réalité leur vie sexuelle diffère assez peu de celles des autres français : la sexualité est très importante dans la vie de couple de 83 % des couples catholiques pratiquants, pour 84% des couples français sans religion ; 81 % des couples catholiques pratiquants se disent satisfaits de leur vie sexuelle, pour 88 % des couples français sans religion.

" Trouve ta joie dans la femme de ta jeunesse : biche aimable, gracieuse gazelle ! Qu' en tout temps ses seins t' enivrent. Sois pour toujours épris de son amour ." (Les Proverbes 5,19)

Patricia Gérot







La sexualité selon Jean-Paul II


1. La sexualité et le mariage dans l'histoire de l'Eglise

Longtemps, la pensée de l' Eglise s' est limitée, en matière de " théologie du mariage ", à une philosophie naturelle. Voyons un peu ce qui a été dit à ce sujet.

Saint Augustin (354-430) a été le premier à avoir établi une doctrine du mariage basée sur trois principes :
« proles, fides, sacramentum », ce qui signifie les enfants, la foi jurée entre les époux et le sacrement du mariage. Son apport mérite d'être mentionné si l' on tient compte du contexte culturel de l'époque. Cependant, sa conception était très influencée par sa formation philosophique platonicienne et il reste gêné sur la valeur morale de l'acte sexuel qu' il considère comme un péché véniel dès que séparé de la procréation.

Saint Thomas d'Aquin ( 1225-1274 ), pour une raison mystérieuse, a cessé de rédiger la somme théologique la nuit du 6 décembre 1273 avant d' aborder la question des sacrements de l'extrême-onction, de l' ordre et du mariage ( 1 ). Celles-ci ont été traitées après la mort de ce dernier par son secrétaire en compilant des textes issus pour l' essentiel de la pensée de Saint Thomas à l' âge de 25-26 ans. Ces réflexions n'ont donc pas atteint le même niveau de maturation que le reste de la somme théologique. Notons toutefois que Saint Thomas distinguera la fin première du mariage ( procréation et éducation des enfants ) de la fin secondaire
( mariage comme étant le secours mutuel des conjoints et le remède à la concupiscence ).

Il faudra attendre le XIX siècle avec Léon XIII et son encyclique Arcanum Divinae Sapientie (1880), totalement consacrée au mariage, pour que l'Eglise écrive quelque chose de conséquent à ce sujet. Pie XI rédigera également un texte, Casti Connubii, en 1930. Le concile Vatican II est une étape transitoire qui affirme le caractère de sainteté du mariage, mais ne remet pas en cause la doctrine traditionnelle du mariage ( cf. Gaudium et Spes, n° 47-53 ).

En 1968, Paul VI publie l'encyclique " Humanae Vitae " qui porte essentiellement sur la question de la sexualité et traite de la licité ou non de la contraception. Cette encyclique provoque un cataclysme car tout le monde s' attendait à ce que l' Eglise approuve la loi autorisant les moyens contraceptifs. Elle a le mérite, néanmoins, d' expliquer l' acte sexuel non seulement du point de vue de sa finalité, mais également sous l' angle de ce que veulent se dire les époux à travers cet acte qui engage profondément leurs personnes.
Jusqu' à ce que Jean-Paul II nous transmette son enseignement, il existait un manque dans la doctrine de
l' Eglise sur la question du mariage.


2. Et Jean-Paul II dans tout cela ?


La question de la théologie du corps est celle que Jean-Paul II a le plus travaillée. Tout son sacerdoce a été axé sur l'amour humain. Il a une très grande expérience pastorale sur l' éthique sexuelle et sur l' accompagnement de couples car, dès le début de son ministère, il s'est occupé de la pastorale des couples et des fiancés. Et, pendant 27 ans, jusqu' à ce qu' il devienne pape, il a écouté des couples, les a conseillés et guidés. Rares sont les prêtres qui peuvent attester une pareille expérience. Comme il l' affirme d' ailleurs lui-même avec humilité, ce sont les couples qui ont assuré sa formation dans ce domaine.

Il a donc longuement réfléchi à la question et a beaucoup écrit à ce sujet, soit sous forme de pièce de théâtre traitant de l'anthropologie du don : " La boutique de l'orfèvre " ( 1960 ), soit sous une forme plus élaborée, philosophique : " Amour et Responsabilité " , traité d'éthique sexuelle. Jean-Paul II a le souci du réalisme, il veut rester incarné comme l'Eglise dans la réalité. Il avait l'intuition que les hommes et les femmes qui viendraient ne voudraient pas appliquer quelque chose de pré formulé, mais plutôt comprendre pourquoi l'appliquer et ainsi arriver à une plus grande réalisation de soi.

Il fit également partie de la « Commission pontificale pour l'étude des problèmes de la famille, de la population et du taux de croissance » qui avait été créée en 1963 par Jean XXIII, puis reconduite par Paul VI. Malheureusement, Karol Wojtyla, alors archevêque, n'a pas pu se rendre à Rome à cause des autorités polonaises. Il créa alors une commission à Cracovie sur ce sujet et envoya un mémorandum à Rome, malheureusement trop tard pour pouvoir servir de canevas à la rédaction d' " Humanae Vitae ".

Karol Wojtyla fut très déçu du résultat de cette encyclique, qui proscrit fermement tout recours à des moyens de contraception quels qu'ils soient, mais sans vraiment expliquer les raisons pour lesquelles l' Eglise était contre ce type de procédés. Il eut alors l'idée d' écrire un ouvrage qui reprendrait " Amour et Responsabi-
lité " pour compléter "Humanae Vitae ". Puis il devint pape. C' était le 16 octobre 1978. Il prit prétexte du synode sur la famille pour développer un nouvel enseignement le 5 septembre 1979, lors d'une audience du mercredi
( 2 ). Il le fit discrètement à cause de toute la polémique liée à l'encyclique " Humanae Vitae ". On était loin de penser que cet enseignement allait durer 5 ans en tout. Jean-Paul II n' annonça ses intentions premières et sa manière de procéder que lors de la dernière audience, qui eut lieu le 28 novembre 1984 : il tenait à donner l'anthropologie adéquate pour comprendre " Humanae Vitae ".

Pour citer quelques chiffres : la théologie du corps fait l'objet de 130 catéchèses de 20-25 minutes, ce qui correspond à 800 pages de texte environ. Aucun pape n'a publié autant, auparavant, sur un même sujet.

3. Quelques aperçus sur la théologie du corps

Le pape Jean-Paul II prend comme point de départ quelques textes bibliques sur ce que le Christ dit de l' homme et ce qu'il nous révèle sur l'homme. Nous allons développer ci-après quelques-uns des points principaux.

3.1. Le plan de Dieu sur l'homme et la femme à l'origine


Des pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent pour le mettre à l'épreuve : « Est-il permis de répudier sa femme pour n' importe quel motif ? » Il répondit : « N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme et qu' il a dit : ainsi donc, l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair. (...) Eh bien, ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer ! » ( 3 )

Le Christ parle à deux reprises de l' origine, du temps avant le péché originel. Cette préhistoire théologique, nous ne la connaissons pas, car nous sommes contemporains de l'homme pécheur. Ce temps-là est pour nous un temps irrémédiablement perdu. Ce que le Christ voudrait par contre que les pharisiens comprennent, c' est qu' il reste un écho lointain de ce temps des origines dans le coeur de l' homme et de la femme et qu' il est possible d'en saisir quelque chose si on a une pureté du coeur.

C'est dans la Genèse qu' on peut retrouver l' état originel de l'homme et de la femme, même si cela apparaît de manière voilée, comme le dit si bien Jean-Paul II : « Bien qu'une barrière infranchissable nous sépare de ce que l' être humain était alors comme homme et femme en vertu du don de la grâce unie au mystère de la création et de ce qu' ils ont été l' un pour l'autre comme don réciproque, nous cherchons toutefois à comprendre cet état d'innocence originelle dans son lien avec l'état « historique » de l'homme après le péché originel » ( 4 ).

Notons d' abord qu'il y a deux récits concernant la création du monde dans la Genèse : le récit élohiste (Gn 1,1 – 2,4) car Dieu y est appelé « Elohim » et le récit yahviste (Gn 2,5-25) qui est plus ancien, et où Dieu est désigné par « Yahvé », et revenons aux points soulevés par Jean-Paul II de cette préhistoire théologique.

• Gn 1 : Différence sexuelle mentionnée seulement chez l'être humain


Dieu créa l'homme à son image,
Homme et femme il les créa ( 5 )

Dans le premier récit, il n' y a pas de ressemblance de l' homme avec les animaux, mais seulement avec Dieu. La différence sexuelle y est mentionnée seulement pour les êtres humains. Il ne faut donc pas voir cette différence sexuelle sous la lumière biologique, mais dans une dimension divine. L' homme et la femme sont image de Dieu, non pas malgré, mais avec cette différence sexuelle. La sexualité animale ne devient alors qu' un vestige de la sexualité humaine. Le sens de la sexualité n' est donc pas à aller chercher chez les animaux, mais seulement du côté de la ressemblance avec Dieu.

• Gn 2 : Solitude originelle de l'être humain

Le second récit nous décrit la manière dont l'homme se perçoit et se comprend.
Yahvé Dieu dit : Il n' est pas bon que l'homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et Il les amena à l'homme (...). L'homme donna des noms à tous les bestiaux, mais, pour un homme, il ne trouva pas d' aide qui lui fût assortie. ( 6 )
Yahvé affirme qu'il n'est pas bon que l'homme - ici à comprendre au sens de l'humanité - soit seul, mais la création de la sexualité ne s' est pas faite tout de suite, comme si l' être humain devait d'abord faire
l' expérience de cette solitude avant de faire celle de la communion. Cette expérience ontologique de la solitude de l'homme sur cette terre est radicale et terrifiante. Il se persuade qu' il était seul, et cela lui est rendu évident par son corps, qu' il compare à celui des animaux présentés à lui, car c'est par celui-ci que se creuse en lui cette soif de communion. C'est par le corps que l'homme est appelé à accomplir sa vocation de personne. Le corps représente le signe de notre identité.

• Gn 2 : L'unité des origines

Alors Yahvé Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis, de la côte qu' il avait tirée de l'homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l' amena à l'homme. Alors, celui-ci s' écria : « A ce coup, c'est l'os de mes os et la chair de ma chair ! Celle-ci sera appelée femme, car elle fut tirée de l'homme ! » C'est pourquoi l' homme quitte son père et sa mère et s' attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. ( 7 )
Dieu vient combler cette solitude par la création de la femme. Eve est la parfaite égale d' Adam. Celui-ci exulte de joie et son acclamation sera le premier chant nuptial qui deviendra le prototype de tous les chants d' amour ( en particulier le Cantique des Cantiques ).
« Et ils deviennent une seule chair ». C'est véritablement à ce moment-là, dans le don de soi et la communion charnelle, qu'ils deviennent image de Dieu, icône de la trinité. Le corps, et seulement lui, est capable de révéler le spirituel et l' invisible. Notre corps est fait pour être don, c' est la signification sponsale du corps. ( 8 )

• Gn 2 : Nudité originelle

Or, tous deux étaient nus, l' homme et la femme, et ils n' avaient pas honte. ( 9 )
Cette phrase n' est pas du tout anodine. Elle ne signifie pas en l'occurrence que l 'homme et la femme n' étaient pas habillés, mais plutôt montre l' état de conscience dans laquelle ils se trouvaient. Ils n' avaient pas besoin de se camoufler l' un devant l' autre. On peut d'ailleurs raisonnablement penser que leur corps était paré d' ornements destinés à mettre en valeur les signes de la masculinité et de la féminité.

La nudité manifeste la liberté de se donner sans risque d' être chosifié par l'autre. La femme n' était pas pour l' homme un objet, et vice-versa. Ils étaient unis par la conscience du don. Il y avait un dominium de l'âme sur le corps, et les puissances spirituelles, affectives et corporelles, étaient en parfaite harmonie.

Alors leurs yeux à tous deux s' ouvrirent et ils virent qu' ils étaient nus. Ils cousirent des feuilles de figuier et s' en firent des pagnes. ( 10 )

Après le péché originel, cet état d' équilibre parfait n'existe plus. L' homme et la femme ne comprennent plus leur masculinité et féminité et ils vont se cacher l' un à l'autre parce que chacun d'eux se rend compte qu'il peut devenir objet de convoitise pour l'autre. Perdant la référence à Dieu, ils comparent leur sexualité à celle des animaux et en conçoivent de la honte.

Cet état de nature brisée va être régénéré par la grâce du sacrement de mariage. La sexualité humaine - qui était vue jusqu'alors dans la seule lumière de la finalité voulue par la nature - est désormais affirmée d'abord dans celle du plan de Dieu sur le corps humain racheté et appelé à la résurrection.

3.2. La question du mariage et du célibat pour le royaume des cieux


• Analogie entre le sacrement du mariage et celui de l'eucharistie

Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur. Car le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l' Eglise, lui le Sauveur de son corps. Mais, comme l' Eglise est soumise au Christ, que les femmes soient soumises en tout à leurs maris.

Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l' Eglise ; il s' est livré pour elle afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d' eau qu' une parole accompagne car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni rides ni rien de tel, mais sainte et immaculée. De la même manière, les maris doivent aimer leur femme comme leur propre corps. ( 11 )

Souvent ce passage a été mal interprété. Pour comprendre ce texte correctement, il faut le lire à la lumière de ce que le Christ a dit sur le corps humain. Le mari et la femme sont soumis l' un à l' autre et cette soumission est mise en lien avec la relation entre le Christ et l' Eglise. Le mariage ne correspond à la vocation du chrétien que s' il reflète l' amour que le Christ donne à l' Eglise et que celle-ci s' efforce de lui rendre.

L'être humain est fait pour le don de sa personne. L'homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même. ( 12 ) La radicalité la plus absolue du don, c' est le sacrement eucharistique ! Au cours du repas de noce, à Cana, le Christ répond à sa mère : « Mon heure n'est pas encore venue ». Il fait référence ici à l'heure de ses épousailles avec l' Eglise. Le Christ se donne à l' Eglise à la Cène. Mais un mariage n' est véritablement accompli que lorsqu'il est consommé. Le Christ ratifie son mariage à la Cène et le consomme sur le bois nuptial de la croix. Il y a donc deux sacrements du corps : le mariage et l'eucharistie et on peut faire une analogie entre les deux. Il n'y a pas d' opposition entre les deux et la communion sexuelle vraiment vécue peut être une préparation à recevoir
l' eucharistie. Et toute entrave est spirituellement criminelle.


• A la résurrection

Lorsqu' on ressuscite d' entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. ( 13 )
Dans le royaume, on ne prendra ni femme ni mari. Mais cela ne signifie pas que les relations particulières entre les personnes qui nous sont plus proches seront dissoutes. Au paradis, le temps historique sera terminé et l' appel à la relation sponsale sera totalement assouvi par une relation et une plénitude encore plus grandes qu' un simple lien personnel d' une personne à une autre. Ce lien sera complètement dépassé. Nous ressusciterons avec tout ce que nous sommes et avec tout ce que nous avons engrangé d' amour. Du coup, il faut vraiment désirer (desirum caritatis) être avec Dieu, bien plus qu' avec toute autre personne.

On sera « comme » des anges, ce qui ne veut pas dire que nous serons des anges. Nous resterons incarnés - sinon ce n'est plus une résurrection - et sexués, car un corps non sexué n'est plus un corps. « Il faut supposer que, dans la résurrection, cette ressemblance ( avec les anges ) se fera plus grande : non pas comme une désincarnation de l'homme, mais par un autre genre de spiritualisation de sa nature somatique – c'est-à-dire par un système de formes à l' intérieur de l'homme. La résurrection signifie une nouvelle soumission du corps à l'esprit. » ( 14 ) nous dit Jean-Paul II. La résurrection, c'est beaucoup plus ! On participera à la vie intérieure de Dieu et il atteindra en nous la plénitude. La rédemption nous amène à une proximité avec Dieu bien supérieure à celle que Dieu avait avec Adam et Eve. Quand Dieu reprend les choses, il les reprend de manière bien meilleure qu'avant !!!


• Célibat « pour le royaume des cieux »

L'être humain est fait pour le don de sa personne. Ce don peut se faire à travers le sacrement du mariage ou dans l' état de virginité, mais seulement s' il est en vue du royaume car, en tant que tel, cet état de virginité n' a aucune valeur. « La question de la continence pour le Royaume des Cieux n' est pas opposée au mariage et elle ne se base pas sur un jugement négatif au sujet de son importance. » ( 15 ) L'état de célibat consacré
n' est donc pas, comme on l' imagine parfois, meilleur que l'état de mariage. Il n' y a aucune dévalorisation du mariage et de l' état de virginité. « Ces deux états s' expliquent et se complètent l'un l'autre, en un certain sens, quant à l'existence et à la vie ( chrétienne ) de cette communauté qui, dans son ensemble et dans tous ses membres, se réalise dans la dimension du Royaume de Dieu et a une orientation eschatologique, propre à ce règne. » ( 16 )

3.3. Quelques précisions sur l'adultère : le regard posé sur autrui

« Il vous a été dit : tu ne commettras pas d' adultère. Eh bien moi je vous dis : celui qui regarde une femme pour la désirer, celui-là a commis l'adultère avec elle dans son coeur. » ( 17 )
Le Christ fait appel à l' intérieur du coeur de chacun. Il s' adresse à ce qui est le plus personnel, le plus profond de chaque être humain. « Quand tu regardes un homme ou une femme, nous interroge-t-il, quel est l' état de ton coeur ? » Deux réponses sont possibles : soit il s'agit d'un regard admiratif ou attirant, ce qui est bon en soi, même si cet attrait peut être perturbé par la concupiscence, soit il s' agit d'un regard d' appetitus, de désir qui va s' approprier l' autre personne uniquement pour se satisfaire soi-même. Ce deuxième regard réduit la signification de l'autre comme personne à un simple état de chose.
L' adultère est un acte bien particulier qui se passe d'abord à l' intérieur de mon coeur. C' est une attitude du coeur qui fait passer l' autre du statut de sujet au statut d' objet. On est loin de la définition conventionnelle de l' adultère, qui est d' avoir une relation sexuelle avec une femme ou un homme qui n' est pas son époux / épouse. De plus, quand je porte sur l 'autre un regard adultérin, je le rends aussi adultère, car mon regard éveille en l'autre un regard de concupiscence.
« Celui qui regarde une femme ( ou celle qui regarde un homme ) pour la désirer, nous dit Jésus, a commis
l' adultère avec elle ». En tirant les conclusions de ce passage, on peut être adultère avec sa propre épouse parce que l' adultère naît dans le regard. D'ailleurs, s'il y a un sacrement du mariage, c'est parce que justement c' est beaucoup plus difficile de lutter contre la concupiscence dans le mariage que hors du mariage! En effet, le fait de vivre sa sexualité dans le mariage nous rend plus réceptifs à nos pulsions. Ce sacrement permet donc de brûler en nous les racines de la concupiscence : Il est un secours et une miséricorde en vue de permettre un don sponsal le plus total.
La chasteté préconisée par l' Eglise n'est pas un refus de la sexualité, mais une manière de bien la vivre !!
Elle se manifeste d'abord comme une capacité à résister à la convoitise de la chair puis, graduellement, comme une disposition particulière à percevoir, à aimer et à réaliser les véritables significations du langage du corps ( lieu du don de la personne ) qui demeurent absolument inconnus à la concupiscence et qui enrichissent progressivement le dialogue sponsal des époux en le purifiant et en le simplifiant .( 18 )

3.4. Paternité et maternité responsables

Nous avons tendance de nos jours à séparer l' acte sexuel ( purement physique ) et le respect et la dignité de la personne. Faire cette distinction, c' est désunir la personne humaine, ce qui est néfaste pour elle ! On ne peut banaliser à ce point l' acte sexuel, qui est un acte où la personne se donne dans son entier. Les chrétiens ne sont pas appelés à être frustrés dans leur sexualité. Simplement le plaisir n'est pas recherché comme un but en soi.
Pour des raisons de circonstances, pour des raisons psychologiques ou matérielles, le couple peut décider de s'abstenir au moment de la fécondité. Mais il doit toujours rester ouvert à l'arrivée possible de la vie, dans toute relation sexuelle, quelles que soient les précautions prises. « L' Eglise est la première à louer et à recommander l' intervention de l' intelligence dans une oeuvre qui associe de si près la créature raisonnable à son Créateur, mais elle affirme que cela doit être fait dans le respect de l' ordre établi par Dieu. Tout acte sexuel doit rester ouvert à la vie même si on a pris tous les moyens pour éviter ou différer une naissance, ce qui est en soi un acte responsable. L' Eglise est logique avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu' elle condamne comme toujours illicite l' usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses. » ( 19 )
Il faut bien voir ici la différence entre la contraception et les méthodes naturelles. Je peux également utiliser de matière technicienne les méthodes naturelles, pour des raisons financières ( c'est gratuit ) ou écologiques. Autrement dit, ce n' est pas la méthode qui prouve la bonté de l' acte moral ! On peut avoir une mentalité contraceptive et, même si la méthode qu' on utilise est bonne, l' attitude morale n'est pas bonne.






1 Explication de la classification de Saint Thomas au sujet des sacrements : le sacrement du mariage se trouve en dernière place car il était considéré comme étant celui qui confère le moins de grâces !
2 Pie IX avait inventé les audiences du mercredi par lesquelles, depuis la fenêtre de sa chambre, il s' adressait au peuple romain et à l' Eglise afin de montrer qu' il était séquestré au Vatican. Par la suite, cette tradition a été conservée.
3 Mt 19,3-9
4 Audience du 13 février 1980, § 3
5 Gn 1,27
6 Gn 2, 18-20
7 Gn 2, 21-24
8 Sponsal vient du mot latin sponsa qui veut dire épouse. L' amour sponsal est la forme la plus élevée de l'amour, c'est l' amour du don de soi.
9 Gn 2, 25
10 Gn 3, 7
11 Eph 5, 22-28
12 Gaudium et Spes, n° 24, § 3
13 Mc 12,25
14 Audience du 13 février 1980, § 3
15 Audience du 10 mars 1982, § 3
16 Audience du 14 avril 1982
17 Mt 27-28
18 Cf. Audience du 24 octobre 1984, § 3
19 Humanae Vitae, n° 16

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 13:34

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 01:37

LETTRE OUVERTE AUX DIRIGEANTS DE L'ETAT D'ISRAEL

LETTRE OUVERTE AUX DIRIGEANTS DE L'ETAT D'ISRAEL
Monseigneur Jean ABBOUD à Jérusalem en 1990 avec Sa Béatitude Michel SABBAH, Patriarche Latin de Jérusalem




Lettre ouverte aux responsables de l' Etat d' Israël


La liberté, la volonté et l' intelligence nous distinguent de toute autre créature.

Tout être humain découvre sa religion, sa nation et sa dignité dès son jeune âge et ne permet à personne de toucher à l' une d' entre elles, fût-ce au prix de sa vie.

La foi en Dieu est donc un héritage et la terre n' a jamais limité l' omniprésence de Dieu.

Dieu est béatitude, joie et bonheur éternels.

Dieu aime ses créatures et donne sans mesure Sa paix, Sa justice et Son bonheur à ceux qui le prient.

Font la volonté de Dieu ceux qui aiment les autres comme eux-mêmes et font aux autres ce qu' ils souhaitent que les autres fassent pour eux.

Tout croyant, par ailleurs, souhaite prier avec vous les Psaumes 122, 1-9 dont l' application fait défaut en Israël.

1Quelle joie, quand on m 'a dit:
«Nous allons à la maison du Seigneur!»
2 Nos pas s'arrêtent enfin chez toi, Jérusalem,
3 Jérusalem, ville bien bâtie,
bien ceinturée de ses murailles.
4 C'est chez toi que les tribus d'Israël, les tribus du Seigneur, viennent en pèlerinage pour louer le Seigneur. Telle est la règle en Israël.
5 C'est chez toi aussi que se trouve le trône du descendant de David, où il siège pour rendre la justice.
6 Demandez la paix pour Jérusalem: «Que ceux qui t' aiment, Jérusalem, jouissent de la tranquillité !
7 Que la paix règne dans tes murs, et la tranquillité dans tes belles maisons !
8 Pour l' amour de mes compagnons, de mes frères, je fais pour toi des v½ux de paix.
9 Pour l' amour de la maison du Seigneur mon Dieu, je demande pour toi le bonheur.»
Où est la joie pour les croyants qui souhaitent se rendre en pèlerinage à Jérusalem ?

Où sont les Tribus du Seigneur qui doivent venir pour louer le Seigneur ?

Où est la règle qui impose à Israël le pèlerinage des Tribus du Seigneur ?

Où se trouve le trône du descendant de David où il siège pour rendre la justice ?

Où sont ceux qui demandent la paix pour Jérusalem ?

Où est la tranquillité dont jouissait Jérusalem ?

Je prie et j' espère que la paix et la tranquillité règneront un jour dans vos maisons.

Je prie et j' espère que vous croyez que nul ne peut changer la volonté, la liberté et l'intelligence de l' autre.

Je fais pour vous des v½ux de paix en priant le Seigneur que vous vous comportiez avec les peuples qui vous entourent comme vous souhaitez qu' ils fassent envers vous si vous êtes en leurs lieux et places.


Pour l' amour de la maison du Seigneur mon Dieu, je demande pour vous et les peuples qui vous entourent le bonheur la justice et la paix. Amen
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# Posté le mercredi 14 janvier 2009 14:43

Modifié le vendredi 23 janvier 2009 07:35

Sa Béatitude GREGOIRE III, Patriarche de l'Eglise Grecque-Melkite-Catholique nomme un curé à Bruxelles

Sa Béatitude GREGOIRE III, Patriarche de l'Eglise Grecque-Melkite-Catholique nomme un curé à Bruxelles

Photo souriante de SA BEATITUDE, LE PATRIARCHE GREGOIRE III LAHHAM
Patriarche d' Antioche et de tout l' Orient, d' Alexandrie et de Jérusalem
Chef spirituel de l' Eglise Patriarcale Melkite Grecque Catholique.













Sa Béatitude GREGOIRE III, Patriarche de l' Eglise Grecque-Melkite-Catholique


QUI EST SA BEATITUDE, LE PATRIARCHE GREGOIRE III LAHHAM ?



Lotfi LAHAM est né à Daraya près de Damas (Syrie) en 1933 dans un village syrien bien connu de Notre Seigneur et de Saint Paul Apôtre puisqu' il s' agit du lieu où ce dernier fut pris en flagrant délit de persécution par Celui qu' il persécutait : "Jésus Christ ".

Le jeune Loutfi (dont le prénom signifie “ ma gentillesse ” ) décide à l' âge de dix ans de se consacrer au Seigneur en entrant, en 1943, au séminaire des Pères Salvatoriens, Monastère du Saint Sauveur près de Saida ( au Liban-sud) où il termina ses études philosophiques et théologiques.

C' est en la fête de l' Assomption qu' il prononça ses voeux temporaires le 15 août 1949.

Le 20 janvier 1952 il prononça ses voeux solennels.

En 1956, il entama des études approfondies en Théologie à Rome.

En 1961, l' Institut Pontifical Oriental, dirigé par les Pères Jésuites, lui discerne le titre de Docteur en Sciences Ecclésiastiques Orientales.

En 1959, il fut ordonné prêtre au Monastère de Grottaferrata (près de Rome).

Entre 1961 et 1969, le père Lotfi LAHAM était le supérieur du Grand Séminaire de son Ordre à Jeita ( près de Beyrouth ) et professeur de Théologie et Liturgie à l' Université du Saint Esprit de Kaslik (près de Beyrouth).

En 1962, il fonda la première revue arabe qui traitait des questions oecuméniques, intitulée “ Unité dans la
foi ”.

Après sa nomination en tant que Secrétaire de la Commission oecuménique et liturgique par le Saint Synode de l' Eglise Melkite Catholique, il put, peu après, préparer en 1972 à Beyrouth le premier congrès liturgique entre les deux Eglises soeurs du Patriarcat d' Antioche, et continua avec zèle et persévérance à travailler pour le dialogue entre les deux Eglises.

Membre de l'ATIME ( Association of theological Institutes in the Middle East ), le père Lotfi LAHAM a été invité à donner des conférences et à participer à différents congrès en Allemagne, en Italie, à Londres et ailleurs.

Il fonda le “ Foyer de la jeune fille ” avec plusieurs sections dans divers villages du diocèse de Saida au Liban-Sud.

En collaboration avec les Pères Georges Kwaiter, Salim Ghazal et l' aide d' amis allemands, il érigea le “ Foyer de la providence” en 1966 à Salhieh, sur les hauteurs à l' Est de Saida.

En 1974, après l' arrêt de l' Archevêque Hilarion Capucci par les Autorités israéliennes, Sa Béatitude le Patriarche Maximos V Hakim le nomma Administrateur Patriarcal, puis Vicaire patriarcal de Jérusalem.

Pendant les années 1974-75, il termina les projets en cours à Jérusalem, dont la restauration de la résidence patriarcale et l'équipement du foyer pour pèlerins y attenant; de même que la décoration de l'église-cathédrale de Jérusalem.

Il fonda en 1976 un centre d' “Etudes Religieuses Orientales”, avec une bibliothèque en plusieurs langues, devenu aujourd'hui une branche adjointe de l'Université de Bethleem.

En 1977, il se consacra aussi au service social et institua la “ Caisse Financière Commune” dans le but
d' aider les étudiants nécessiteux de Jérusalem à poursuivre leurs études universitaires.

Le 27 novembre 1981, il fut sacré évêque à Damas (Syrie) par Sa Béatitude le Patriarche Maximos V, assisté de LL.EE.Saba Youakim et François Abou Mokh.

Depuis lors, il lança un projet d' habitation composé de 36 appartements pour recevoir plusieurs familles nécessiteuses de Jérusalem, avec une église, une grande salle et un centre sanitaire. Ce projet, terminé en 1983, fut suivi de plusieurs constructions d'habitations, d'écoles, de centres sanitaires, et de la restauration
d' églises paroissiales...

En 1986, le Saint Synode le nomma à la tête de la Commission Liturgique patriarcale et synodale.

Son Excellence, l' Archevêque Lotfi LAHAM a publié, entre autres publications, une “ Introduction aux Rites Liturgiques et à leurs Symboles dans l'Eglise Orientale ”, “ Voix du Pasteur ”, “ Germanos Adam ”, “ Histoire de l' Eglise Melkite ”, “L' Eglise Melkite au concile Vatican II ,...

En Juin 2000, il invita tous les Evêques Catholiques de tradition Byzantine au monde à un congrès dans la Résidence Patriarcale de Jérusalem. Ils purent étudier ensemble les problèmes communs à leurs églises.
C' était la première fois qu' une telle réunion réunissait les diverses églises Byzantines.

Le 29 novembre 2000, le Synode élut Son Excellence l' Archevêque Loutfi comme Patriarche d' Antioche et de tout l' Orient, d' Alexandrie et de Jérusalem. Il prit alors le nom de Grégoire III, qui signifie le “ Veilleur ”.


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# Posté le mardi 13 janvier 2009 10:30

Modifié le dimanche 16 août 2009 07:58

Révélation d'un secret sur la guerre du Proche – Orient ainsi que le troisième secret de FATIMA

Révélation d’un secret sur la guerre du Proche – Orient ainsi que le troisième secret de FATIMA















Révélation d'un secret sur la guerre du Proche – Orient










































Notre Dame de Guadeloupe

Le 18 Septembre 1980, un séminariste libanais s'est rendu au Sanctuaire Notre Dame de Lourdes en France et s'est laissé plonger dans l'eau miraculeuse de la Grotte des Sablières dans l'espoir de guérir d'une acné sauvage qui ravageait son dos, son thorax, son coup et son visage.

Le lendemain à l'aube, la Sainte Vierge, habillée en blanc avec une ceinture bleue, s'est rendue dans sa chambre et s'est adressée à lui en français en disant : « comment va ton dos mon fils ? ». Le séminariste tendit sa main gauche vers son dos et constata qu'il était guéri et répondit « merci ».

La vierge lui demanda : « souhaites-tu me suivre ? »
Le séminariste répondit : « oui ».

Le séminariste et la Sainte Vierge se trouvaient ensemble dans la chambre privé du Pape Jean-Paul II au Vatican. Le pape était assis sur son fauteuil avec un livre de prière et derrière son fauteuil apparut une main noire à environ dix centimètres. Le séminariste comprit par inspiration qu'une main mystérieuse frapperait le pape. Cette vision s'est en effet réalisée le 13 mai 1981 quant Monsieur Mehmed ALI AGCA tira contre le Pape Jean-Paul II qui était en train d'embrasser un enfant en traversant la place St Pierre en jeep blanche, le pape s'écroula dans sa jeep et le meurtrier fut arrêté.

La Vierge a conduit le séminariste au Liban dans la ville de Koubayat dans la Région d'AKKAR au Nord Liban où elle lui a révélé le secret suivant : « demain commence une guerre en orient qui finira par une très grande guerre au proche orient qui fera frémir le monde entier, l'un des tiens mourra durant cette guerre ».
En effet le 20 septembre 1980, l'aviation irakienne bombarda un certain nombre de terrains d'aviation iraniens et deux jours plus tard l'armée irakienne entrait en Iran.

Ce séminariste qui est à présent prélat était surpris de voir une amie musulmane entrer en conversation mystique avec Jésus Christ à son domicile et il posa la question au Seigneur sur la deuxième phase de révélation de Sa Mère du 19 septembre 1980. Le Seigneur lui répondit que sa réalisation était imminente.

Cette révélation ne peut être maintenue cachée face aux événements de GAZA et le prélat a décidé de la rendre publique pour mettre en garde le dirigeants de la planète sur le danger d'une guerre qui terrorisera le monde entier dans le cas où aucune solution pacifique n'a été trouvée.


Fait à Bruxelles le 31/12/2008












La révélation publique du troisième secret de Fatima
"LE MESSAGE DE FATIMA" CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI
SOMMAIRE:
I. PRESENTATION historique
par Mgr TARCISIO BERTONE, sdb
Archevêque émérite de Verceil
Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi
II. LE "SECRET" DE FATIMA
1. PREMIÈRE ET DEUXIÈME PARTIES DU «SECRET»
Dans la rédacion de Sr Lucie, dans le «TROISIÈME MÉMOIRE» du 31 AOÛT 1941
Destiné à l'évêque de Leiria-Fatima(texte original et traduction)
2. TROISIÈME PARTIE DU «SECRET» (texte original et traduction)
III. INTERPRETATION DU «SECRET» (pp. 22-44)
1. LETTRE DE JEAN-PAUL II À SOEUR LUCIE (texte original et traduction), pp.
2. RENCONTRE AVEC SOEUR MARIA LUCIA DE JESUS
Compte rendu de l'entretien de Soeur Lucie
avec Mgr Tarcisio Bertone
et Mgr Serafim de Sousa Ferreira e Silva, évêque de Leiria-Fatima
Jeudi 27 avril dernier, dans le Carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra
3. COMMUNICATION DU CARDINAL ANGELO SODANO
Secrétaire d'Etat de Sa sainteté
4. COMMENTAIRE THÉOLOGIQUE DU CARDINAL JOSEPH RATZINGER
Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi
IV. NOTES

I. PRÉSENTATION
Dans le passage du deuxième au troisième millénaire, le Pape Jean-Paul II a décidé de rendre public le texte de la troisième partie du «secret de Fatima».
Après les événements dramatiques et cruels du vingtième siècle, un des siècles les plus cruciaux de l'histoire de l'humanité, qui trouve son point culminant avec l'attentat sanglant envers le «doux Christ sur la terre», s'ouvre donc un voile sur une réalité qui marque l'histoire et qui l'interprète en profondeur, selon une dimension spirituelle à laquelle la mentalité actuelle, souvent empreinte de rationalisme, est réfractaire.
Apparitions et signes surnaturels scandent l'histoire, elles entrent dans le vif des vicissitudes humaines et accompagnent le chemin du monde, surprenant croyants et non-croyants.Ces manifestations, qui ne peuvent pas contredire le contenu de la foi, doivent converger vers l'objet central de l'annonce du Christ: l'amour du Père qui suscite chez les hommes la conversion et qui donne la grâce pour s'abandonner à Lui avec une dévotion filiale. Tel est aussi le message de Fatima qui, avec l'appel déchirant à la conversion et à la pénitence, porte en réalité au coeur de l'Évangile.
Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes.La première et la deuxième parties du «secret» qui sont publiées dans l'ordre pour l'intégralité de la documentation concernent avant tout la vision épouvantable de l'enfer, la dévotion au Coeur immaculé de Marie, la deuxième guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l'humanité.
En 1917, personne n'aurait pu imaginer tout cela; les trois pastorinhos de Fatima voient, écoutent, gardent tout en mémoire, et Lucie, témoin survivant, à partir du moment où elle en a reçu l'ordre par l'évêque et la permission de Notre-Dame, le met par écrit.
En ce qui concerne la description des deux premières parties du «secret», déjà publiées par ailleurs et donc connues, on a choisi le texte écrit de Soeur Lucie dans le troisième mémoire du 31 août 1941; dans le quatrième mémoire du 8 décembre 1941, elle y a ajouté quelques annotations. La troisième partie du «secret» fut écrite «sur l'ordre de Son Excellence l'Évêque de Leiria et de la Sainte Mère» le 3 janvier 1944.
Il existe un seul manuscrit, qui est ici reproduit photographiquement. L'enveloppe scellée fut gardée d'abord par l'évêque de Leiria.Pour mieux conserver le «secret», l'enveloppe fut remise le 4 avril 1957 aux Archives secrètes du Saint-Office.Soeur Lucie en fut avertie par l'évêque de Leiria.
Selon des notes d'archives, en accord avec le Cardinal Alfredo Ottaviani, le 17 août 1959, le Commissaire du Saint-Office, le Père Pierre-Paul Philippe, op, porta à Jean XXIII l'enveloppe contenant la troisième partie du «secret de Fatima». Sa Sainteté, «après certaines hésitations», dit: «Attendons, je prierai. Je vous ferai savoir ce que j'ai décidé».(1)
En réalité, le Pape Jean XXIII décida de renvoyer l'enveloppe scellée au Saint-Office et de ne pas révéler la troisième partie du «secret».
Paul VI lut le contenu avec le Substitut, Mgr Angelo Dell'Acqua, le 27 mars 1965, puis renvoya l'enveloppe aux Archives secrètes du Saint-Office, décidant de ne pas publier le texte.
Pour sa part, Jean-Paul II a demandé l'enveloppe contenant la troisième partie du «secret» après l'attentat du 13 mai 1981. Son Éminence le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation, remit à Son Excellence Monseigneur Eduardo Martinez Somalo, Substitut de la Secrétairerie d'État, le 18 juillet 1981, deux enveloppes: l'une blanche, avec le texte original de Soeur Lucie en langue portugaise; l'autre de couleur orange, avec la traduction du «secret» en langue italienne. Le 11 août suivant, Mgr Martinez a rendu les deux enveloppes aux Archives du Saint-Office.(2)
Comme on le sait, le Pape Jean-Paul II pensa aussitôt à la consécration du monde au Coeur immaculé de Marie et composa lui-même une prière pour ce qu'il définit «un acte de consécration» à célébrer dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure, le 7 juin 1981, solennité de la Pentecôte, jour choisi pour rappeler le 1600e anniversaire du premier Concile de Constantinople et le 1550e anniversaire du Concile d'Éphèse. Le Pape étant par force absent, on transmit son allocution enregistrée. Nous donnons le texte qui se réfère exactement à l'acte de consécration:
«Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d'une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde, accueille l'appel que, dans l'Esprit Saint, nous adressons directement à ton coeur, et embrasse dans ton amour de mère et de servante du Seigneur, ceux qui ont le plus besoin de ta tendresse et aussi ceux dont tu attends toi-même d'une façon particulière qu'ils s'en remettent à toi. Prends sous ta protection maternelle toute la famille humaine que, dans un élan affectueux, nous remettons entre tes mains, ô notre Mère. Que vienne pour tous le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l'espérance».(3)
Mais le Saint-Père, pour répondre plus complètement aux demandes de «Notre-Dame», voulut expliciter au cours de l'Année sainte de la Rédemption l'acte de consécration du 7 juin 1981, repris à Fatima le 13 mai 1982. Le 25 mars 1984, sur la place Saint-Pierre, en union spirituelle avec tous les évêques du monde, «convoqués» précédemment, évoquant le fiat prononcé par Marie au moment de l'Annonciation, le Pape consacre au Coeur immaculée de Marie les hommes et les peuples, avec des accents qui rappellent des paroles poignantes prononcées en 1981:
C'est pourquoi, ô Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d'une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde contemporain, reçoit l'appel que, mus par l'Esprit Saint, nous adressons directement à ton Coeur, et avec ton amour de mère et de servante du Seigneur, embrasse notre monde humain, que nous t'offrons et te consacrons, pleins d'inquiétude pour le sort terrestre et éternel des hommes et des peuples. Nous t'offrons et te consacrons d'une manière spéciale les hommes et les nations qui ont particulièrement besoin de cette offrande et de cette consécration.
«Sous l'abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu!» «Ne rejette pas nos prières alors que nous sommes dans l'épreuve!».
Puis le Pape poursuit avec des références plus fortes et plus concrètes, comme un commentaire du Message de Fatima dans sa triste réalisation:
«Devant toi, Mère du Christ, devant ton Coeur immaculé, nous voulons aujourd'hui, avec toute l'Église, nous unir à la consécration que ton Fils a faite de lui-même à son Père, par amour pour nous: "Pour eux, a-t-il dit, je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité" (Jn 17, 19). Nous voulons nous unir à notre Rédempteur en cette consécration pour le monde et pour les hommes, laquelle, dans le coeur divin, a le pouvoir d'obtenir le pardon et de procurer la réparation.
La puissance de cette consécrationdure dans tous les temps, elle embrasse tous les hommes, peuples et nations, elle surpasse tout mal que l'esprit des ténèbres est capable de réveiller dans le coeur de l'homme et dans son histoire, et que, de fait, il a réveillé à notre époque.
Combien profondément nous sentons le besoin de consécration pour l'humanité et pour le monde, pour notre monde contemporain, dans l'unité du Christ lui-même! À l'oeuvre rédemptrice du Christ, en effet, doit participer le monde par l'intermédiaire de l'Église.
C'est ce que manifeste la présente Année de la Rédemption, le Jubilé extraordinaire de toute l'Église.
En cette Année sainte, bénie sois-tu par-dessus toute créature, toi, la servante du Seigneur, qui as obéi de la manière la plus pleine à ce divin appel!
Sois saluée, toi qui t'es entièrement unie à la consécration rédemptrice de ton Fils!
Mère de l'Église! Enseigne au Peuple de Dieu les chemins de la foi, de l'espérance et de la charité! Éclaire spécialement les peuples dont tu attends de nous la consécration et l'offrande! Aide-nous à vivre dans la vérité de la consécration du Christ pour toute la famille humaine du monde contemporain!
En te confiant, ô Mère, le monde, tous les hommes et tous les peuples, nous te confions aussi la consécration même du monde et nous la mettons dans ton coeur maternel.
Ô Coeur immaculé! Aide-nous à vaincre la menace du mal qui s'enracine si facilement dans le coeur des hommes d'aujourd'hui et qui, avec ses effets incommensurables, pèse déjà sur la vie actuelle et semble fermer les voies vers l'avenir!
De la faim et de la guerre, délivre-nous!
De la guerre nucléaire, d'une autodestruction incalculable, de toutes sortes de guerres, délivre-nous!
Des péchés contre la vie de l'homme depuis ses premiers moments, délivre-nous!
De la haine et de la dégradation de la dignité des fils de Dieu, délivre-nous!
De tous les genres d'injustice dans la vie sociale, nationale et internationale, délivre-nous!
De la facilité avec laquelle on piétine les commandements de Dieu, délivre-nous!
De la tentative d'éteindre dans les coeurs humains la vérité même de Dieu, délivre-nous!
De la perte de la conscience du bien et du mal, délivre-nous!
Des péchés contre l'Esprit Saint, délivre-nous! Délivre-nous!
Écoute, ô Mère du Christ, ce cri chargé de la souffrance de tous les hommes! Chargé de la souffrance de sociétés entières!
Aide-nous, par la puissance de l'Esprit Saint, à vaincre tout péché: le péché de l'homme et le "péché du monde", le péché sous toutes ses formes.
Que se révèle encore une fois dans l'histoire du monde l'infinie puissance salvifique de la Rédemption, la puissance de l'amour miséricordieux! Qu'il arrête le mal! Qu'il transforme les consciences! Que dans ton Coeur immaculé se manifeste pour tous la lumière de l'espérance!».(4)
Soeur Lucie confirma personnellement que cet acte solennel et universel de consécration correspondait à ce que voulait Notre-Dame («Sim, està feita, tal como Nossa Senhora a pediu, desde o dia 25 de Março de 1984»: «Oui, cela a été fait, comme Notre-Dame l'avait demandé, le 25 mars 1984»: lettre du 8 novembre 1989). C'est pourquoi toute discussion, toute nouvelle pétition est sans fondement.
Dans la documentation ici présentée, on a ajouté aux manuscrits de Soeur Lucie quatre autres textes: 1) la lettre du Saint-Père à Soeur Lucie datée du 19 avril 2000; 2) une description de la rencontre avec Soeur Lucie du 27 avril 2000; 3) la communication lue par mandat du Saint-Père à Fatima le 13 mai dernier par Son Éminence le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État; 4) le commentaire théologique de Son Éminence le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Une indication pour l'interprétation de la troisième partie du «secret» avait déjà été donnée par Soeur Lucie dans une lettre au Saint-Père le 12 mai 1982. Dans cette dernière, elle écrivait:
«La troisième partie du secret se réfère aux paroles de notre-Dame: "Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites" (13-VI-1917).
La troisième partie du secret est une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du Message, conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande: "si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, etc...".
Comme nous n'avons par tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu'il s'est réalisé, la Russie a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d'immoralité et de violence, etc.
Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu'il nous a donnée; c'est pourquoi les hommes sont responsables».(5)
La décision du Pape Jean-Paul II de rendre publique la troisième partie du «secret» de Fatima conclut une période de l'histoire, marquée par de tragiques volontés humaines de puissance et d'iniquité, mais pénétrée de l'amour miséricordieux de Dieu et de la vigilance prévenante de la Mère de Jésus et de l'Église.
Action de Dieu, Seigneur de l'histoire, et coresponsabilité de l'homme, dans sa dramatique et féconde liberté, tels sont les deux pivots sur lesquels se construit l'histoire de l'humanité.
La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle ces valeurs oubliées, cet avenir de l'homme en Dieu, avenir dont nous sommes une part active et responsable.
Tarcisio Bertone, sdb
Archevêque émérite de Vercelli
Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

II. LE «SECRET» DE FATIMA
1
PREMIÈRE ET DEUXIÈME PARTIES DU «SECRET»
DANS LA RÉDACTION QU'EN A FAITE SOEUR LUCIE
DANS LE «TROISIÈME MÉMOIRE» DU 31 AOÛT 1941
DESTINÉ A L'ÉVÊQUE DE LEIRIA-FATIMA
(traduction) (6)
«Je devrai, pour cela, parler un peu du secret et répondre à la première question.
En quoi consiste le secret?
Il me semble que je peux le dire puisque le Ciel m'en a déjà donné la permission. Les représentants de Dieu sur la terre m'ont eux aussi autorisée à le faire, à plusieurs reprises, par lettres. Je crois que Votre Excellence a conservé l'une d'elles, celle du Père José Bernardo Gonçalves, dans laquelle il m'ordonne d'écrire au Saint-Père. Un des points qu'il m'indique est la révélation du secret. J'en ai déjà dit quelque chose, mais pour ne pas trop allonger cet écrit, qui devait être bref, je me suis limitée à l'indispensable, laissant à Dieu l'occasion d'un moment plus favorable.
J'ai déjà exposé, dans le deuxième écrit, le doute qui m'avait tourmentée du 13 juin au 13 juillet, et qui disparut lors de cette dernière apparition.
Bien. Le secret comporte trois choses distinctes, et je vais en dévoiler deux. La première fut la vision de l'Enfer. Notre-Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s'ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d'eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur. Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d'animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d'épouvante et de peur.
Ensuite nous levâmes les yeux vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse:
-- Vous avez vu l'enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur immaculé. Si l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes seront sauvées et on aura la paix. La guerre va finir. Mais si l'on ne cesse d'offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne, qu'Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l'Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites. À la fin, mon Coeur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix».(7)

2
TROISIÈME PARTIE DU «SECRET»
(traduction) (8)
«J.M.J.
La troisième partie du secret révélé le 13 juillet 1917 dans la Cova de Iria-Fatima.
J'écris en obéissance à Vous, mon Dieu, qui me le commandez par l'intermédiaire de son Exce Rév.me Monseigneur l'Évêque de Leiria et de Votre Très Sainte Mère, qui est aussi la mienne.
Après les deux parties que j'ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde; mais elles s'éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui; l'Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d'une voix forte: Pénitence! Pénitence! Pénitence! Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu: "Quelque chose de semblable à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant" un Évêque vêtu de Blanc, "nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père". Divers autres Évêques, Prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s'ils étaient en chêne-liège avec leur écorce; avant d'y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d'un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu'il trouvait sur son chemin; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les Évêques les Prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s'approchaient de Dieu.

Tuy - 3-1-1944».

III. INTERPRETATION DU «SECRET»
1
LETTRE DE JEAN-PAUL II
À SOEUR LUCIE
(traduction)
Révérende Soeur
Maria Lucia
Couvent de Coimbra
Dans la joie des fêtes pascales, je vous adresse le souhait de Jésus ressuscité à ses disciples: «La paix soit avec vous!».
Je serai heureux de pouvoir vous rencontrer au cours du jour attendu de la béatification de Francisco et Jacinta que, si Dieu le veut, je proclamerai le 13 mai prochain.
Comme il n'y aura cependant pas de temps pour une rencontre mais seulement pour une brève salutation, j'ai expressément chargé Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, de venir s'entretenir avec vous. C'est la Congrégation qui collabore le plus étroitement avec le Pape pour la défense de la vraie foi catholique et qui a conservé, comme vous le savez, depuis 1957, votre lettre manuscrite contenant la troisième partie du secret révélé le 13 juillet 1917 dans la Cova de Iria, à Fatima.
Monseigneur Bertone, accompagné de l'évêque de Leiria, Monseigneur Serafim de Sousa Ferreira e Silva, vient en mon nom pour vous poser quelques questions sur l'interprétation de la «troisième partie du secret».
Révérende Soeur Maria Lúcia, parlez très ouvertement et sincèrement à Monseigneur Bertone, qui me transmettra directement vos réponses.
Je prie ardemment la Mère du Ressuscité pour vous, pour la communauté de Coimbra et pour toute l'Église. Que Marie, Mère de l'humanité en pèlerinage, nous tienne toujours proches de Jésus, son Fils bien-aimé et notre Frère, Seigneur de la vie et de la gloire.
Avec une particulière Bénédiction apostolique.
JEAN-PAUL II.
Du Vatican, le 19 avril 2000.

2
RENCONTRE AVEC
SOEUR MARIA LUCIA DE JESUS
E DO CORAÇÃO IMACULADO
Le rendez-vous de Soeur Lucie avec Monseigneur Tarcisio Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, envoyé du Saint-Père, et de Monseigneur Serafim de Sousa Ferreira e Silva, Évêque de Leiria-Fatima, a eu lieu le jeudi 27 avril dernier, dans le Carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra.
Soeur Lucie était lucide et sereine; elle était très contente de la venue du Saint-Père à Fatima, pour la béatification de Francisco et Jacinta, qu'elle attendait depuis longtemps.
L'évêque de Leiria-Fatima lut la lettre autographe du Saint-Père qui expliquait les motifs de la visite. Soeur Lucie s'est sentie honorée et elle la relut personnellement, la contemplant dans ses mains. Elle s'est dite disposée à répondre franchement à toutes les questions.
Monseigneur Tarcisio Bertone lui présente alors les deux enveloppes: l'enveloppe extérieure et celle qui contient la lettre avec la troisième partie du «secret» de Fatima, et elle affirme aussitôt, la touchant avec ses doigts: «C'est mon papier», et puis en la lisant: «C'est mon écriture».
Avec l'aide de l'évêque de Leiria-Fatima, le texte original, qui est en portugais, est lu et interprété. Soeur Lucie partage l'interprétation selon laquelle la troisième partie du «secret» consiste en une vision prophétique, comparable à celles de l'histoire sainte. Elle réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l'Église et les chrétiens, et elle décrit l'immense souffrance des victimes de la foi du vingtième siècle.
À la question: «le personnage principal de la vision est-il le Pape?», Soeur Lucie répond immédiatement par l'affirmative et elle rappelle que les trois petits bergers étaient très tristes des souffrances du Pape, et que Jacinta répétait: «Coitadinho do Santo Padre, tenho muita pena dos pecadores!» («Pauvre Saint-Père, il a beaucoup de peine pour les pécheurs!»). Soeur Lucie continue: «Nous ne connaissions pas le nom du Pape, la Vierge ne nous a pas donné le nom du Pape, nous ne savions pas s'il s'agissait de Benoît XV ou de Pie XII ou de Paul VI ou de Jean-Paul II, mais c'était le Pape qui souffrait et cela nous faisait aussi souffrir».
Quant au passage concernant l'évêque vêtu de blanc, à savoir le Saint-Père - comme le perçurent immédiatement les petits bergers durant la «vision» - qui est blessé à mort et qui tombe par terre, Soeur Lucie partage pleinement l'affirmation du Pape: «Ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le Pape agonisant s'arrêta au seuil de la mort» (Jean-Paul II, Méditation avec les évêques italiens depuis l'hôpital polyclinique Gemelli, 13 mai 1994).
Alors que Soeur Lucie, avant de remettre à l'évêque de Leiria-Fatima de l'époque la lettre scellée contenant la troisième partie du «secret», avait écrit sur l'enveloppe extérieure qu'elle pouvait être ouverte seulement après 1960, soit par le Patriarche de Lisbonne soit par l'évêque de Leiria, Monseigneur Bertone lui demande: «Pourquoi l'échéance de 1960? Est-ce la Vierge qui avait indiqué cette date? Soeur Lucie répond: «Ça n'a pas été Notre-Dame, mais c'est moi qui ai mis la date de 1960, car, selon mon intuition, avant 1960, on n'aurait pas compris, on aurait compris seulement après. Maintenant on peut mieux comprendre. J'ai écrit ce que j'ai vu, l'interprétation ne me regarde pas, elle regarde le Pape».
Enfin, est mentionné le manuscrit non publié que Soeur Lucie a préparé comme réponse à de nombreuses lettres de fidèles de la Vierge et de pèlerins. L'oeuvre porte le titre «Os apelos da Mensagen de Fatima» et contient des pensées et des réflexions qui expriment ses sentiments et sa spiritualité simple et limpide, sous forme catéchétique et parénétique. Il lui a été demandé si elle était contente qu'elle soit publiée; elle répondit: «Si le Saint-Père est d'accord, je suis contente, autrement j'obéis à ce que décide le Saint-Père». Soeur Lucie désire soumettre le texte à l'approbation de l'Autorité ecclésiastique, et nourrit l'espoir de contribuer, par son écrit, à guider les hommes et les femmes de bonne volonté sur le chemin qui conduit à Dieu, but ultime de toute attente humaine.
La rencontre se termine par un échange de chapelets: à Soeur Lucie est remis celui qui a été donné par le Saint-Père, et elle, à son tour, remet quelques chapelets qu'elle a personnellement confectionnés.
La Bénédiction donnée au nom du Saint-Père conclut l'entretien.

3
COMMUNICATION DE SON ÉMINENCE
LE CARDINAL ANGELO SODANO
SECRÉTAIRE D'ÉTAT DE SA SAINTETÉ
À la fin de la concélébration eucharistique solennelle présidée par Jean-Paul II à Fatima, le Cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d'État, a prononcé en portugais les paroles que nous reproduisons ici en traduction française:
Chers Frères et Soeurs dans le Seigneur!
Au terme de cette célébration solennelle, je ressens le devoir d'adresser à notre bien-aimé Saint-Père Jean-Paul II les voeux les plus cordiaux de toutes les personnes ici présentes pour son tout proche quatre-vingtième anniversaire, le remerciant de son précieux ministère pastoral au bénéfice de toute la sainte Église de Dieu.
À l'occasion de l'événement solennel de sa venue à Fatima, le Souverain Pontife m'a chargé de vous faire une annonce. Comme vous le savez, le but de sa visite à Fatima a été la béatification des deux petits bergers. Mais il veut aussi donner à ce pèlerinage le sens d'un geste renouvelé de gratitude envers la Madone, pour la protection qu'elle lui a accordée durant ses années de pontificat. C'est une protection qui semble concerner aussi ce qu'on appelle «la troisième partie» du secret de Fatima.
Ce texte constitue une vision prophétique comparable à celles de l'Écriture sainte, qui ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais qui résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées. Par conséquent, la clé de lecture du texte ne peut que revêtir un caractère symbolique.
La vision de Fatima concerne surtout la lutte des systèmes athées contre l'Église et contre les chrétiens. Elle décrit l'immense souffrance des témoins de la foi du dernier siècle du deuxième millénaire. C'est un interminable chemin de croix, guidée par les Papes du vingtième siècle.
Selon l'interprétation des petits bergers, interprétation confirmée récemment par Soeur Lucie, «l'Évêque vêtu de blanc» qui prie pour tous les fidèles est le Pape. Lui aussi, marchant péniblement vers la Croix parmi les cadavres des personnes martyrisées (évêques, prêtres, religieux, religieuses et nombreux laïcs), tombe à terre comme mort, sous les coups d'une arme à feu.
Après l'attentat du 13 mai 1981, il apparut clairement à Sa Sainteté qu'il y avait eu «une main maternelle pour guider la trajectoire du projectile», permettant au «Pape agonisant» de s'arrêter «au seuil de la mort» (Jean-Paul II, Méditation avec les Évêques italiens depuis l'hôpital polyclinique Gemelli, Insegnamenti, vol. XVII1, 1994, p. 1061). À l'occasion d'un passage à Rome de l'évêque de Leiria-Fatima de l'époque, le Pape décida de lui remettre le projectile, resté dans la jeep après l'attentat, pour qu'il soit gardé dans le sanctuaire. Sur l'initiative de l'Évêque, il fut enchâssé dans la couronne de la statue de la Vierge de Fatima.
Les événements ultérieurs de 1989 ont conduit, en Union soviétique et dans de nombreux Pays de l'Est, à la chute du régime communiste, qui se faisait le défenseur de l'athéisme. Pour cela aussi, le Souverain Pontife remercie de tout coeur la Vierge très sainte. Cependant, dans d'autres parties du monde, les attaques contre l'Église et contre les chrétiens, accompagnées du poids de la souffrance, n'ont malheureusement pas encore cessé. Bien que les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé, l'appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la pénitence, lancé au début du vingtième siècle, demeure encore aujourd'hui d'une actualité stimulante. «La Dame du message semble lire avec une perspicacité spéciale les signes des temps, les signes de notre temps [...]. L'invitation insistante de la très Sainte Vierge Marie à la pénitence n'est que la manifestation de sa sollicitude maternelle pour le sort de la famille humaine, qui a besoin de conversion et de pardon» (Jean-Paul II, Message pour la Journée mondiale des malades 1997, n. 1: La Documentation catholique, 93 [1996], p. 1051).
Pour permettre aux fidèles de mieux recevoir le message de la Vierge de Fatima, le Pape a confié à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le soin de rendre publique la troisième partie du secret, après en avoir préparé un commentaire approprié.
Nous remercions la Vierge de Fatima de sa protection. Nous confions à sa maternelle intercession l'Église du troisième millénaire.
Sub tuum præsidium confugimus, Sancta Dei Genetrix! Intercede pro Ecclesia! Intercede pro Papa nostro Ioanne Paulo II. Amen.
Fatima, le 13 mai 2000.

4
COMMENTAIRE THÉOLOGIQUE
Celui qui lit avec attention le texte de ce qu'on appelle le troisième «secret» de Fatima, qui, après un long temps, par une disposition du Saint-Père, est publié ci-joint dans son intégralité, sera probablement déçu ou étonné après toutes les spéculations qui ont été faites. Aucun grand mystère n'est révélé; le voile de l'avenir n'est pas déchiré. Nous voyons l'Église des martyrs du siècle qui s'achève représentée à travers une scène décrite dans un langage symbolique difficile à déchiffrer. Est-ce cela que la Mère du Seigneur voulait communiquer à la chrétienté, à l'humanité, dans une période de grands problèmes et de grandes angoisses? Cela nous est-il utile au début du nouveau millénaire? Ou bien s'agit-il seulement de projections du monde intérieur d'enfants qui ont grandi dans une ambiance de profonde piété, mais qui étaient en même temps bouleversés par la tourmente qui menaçait leur époque? Comment devons-nous comprendre la vision, que faut-il en penser?
Révélation publique et révélations privées leur lieu théologique
Avant d'entreprendre une tentative d'interprétation, dont les lignes essentielles peuvent être trouvées dans la communication que le Cardinal Sodano a prononcée le 13 mai dernier à la fin de la célébration eucharistique présidée par le Saint-Père à Fatima, il convient d'effectuer quelques clarifications de fond à propos de la manière dont, selon la doctrine de l'Église, doivent être compris des phénomènes comme celui de Fatima, à l'intérieur de la vie de foi. L'enseignement de l'Église distingue entre la «révélation publique» et les «révélations privées». Entre ces deux réalités, il y a une différence non seulement de degré, mais de nature. Le terme «révélation publique» désigne l'action révélatrice de Dieu, qui est destinée à l'humanité entière et qui a trouvé son expression littéraire dans les deux parties de la Bible: l'Ancien et le Nouveau Testament. On l'appelle «révélation» parce que, en elle, Dieu s'est fait connaître progressivement aux hommes, au point de devenir lui-même homme, pour attirer à lui et réunir à lui tout le monde, par son Fils incarné, Jésus Christ. Il ne s'agit donc pas de communications intellectuelles, mais d'un processus vital, par lequel Dieu s'approche de l'homme; et dans ce processus, tout naturellement, se dévoilent aussi un contenu qui intéresse également l'intelligence et la compréhension du mystère de Dieu. Le processus concerne l'homme tout entier et donc aussi la raison, mais pas seulement cette dernière. Dieu étant unique, l'histoire qu'il vit avec l'humanité est unique; elle vaut pour tous les temps et elle a trouvé son accomplissement dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. En Christ, Dieu a tout dit, c'est-à-dire lui-même, et donc la révélation s'est achevée avec la réalisation du mystère du Christ, qui a trouvé son expression dans le Nouveau Testament. Le Catéchisme de l'Église catholique cite un texte de saint Jean de la Croix pour expliquer que la révélation est définitive et complète: «Dès lors qu'Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n'a pas d'autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d'un seul coup en cette seule Parole [...]; car ce qu'il disait par parties aux prophètes, Il l'a dit tout entier dans son Fils [...]. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l'interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose en quelque nouveauté» (CÉC, n. 65: S. Jean de la Croix, Montée au Carmel, 2, 22).
Le fait que l'unique révélation de Dieu adressée à tous les peuples est achevée avec le Christ et par le témoignage qui lui est rendu dans les livres du Nouveau Testament lie l'Église à l'événement unique de l'histoire sacrée et à la parole biblique, qui garantit et interprète cet événement, mais cela ne signifie pas que l'Église pourrait maintenant regarder seulement le passé et serait ainsi condamnée à une répétition stérile. Le Catéchisme de l'Église catholique dit à ce sujet: «Même si la Révélation est achevée, elle n'est pas complètement explicitée; il restera à la foi chrétienne d'en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles» (n. 66). Les deux aspects, à savoir le lien avec l'unicité de l'événement et la progression dans sa compréhension, sont très bien illustrés dans le dernier discours du Christ, lorque, faisant ses adieux aux disciples, il leur dit: «J'aurai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même [...]. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître» (Jn 16, 12-14). D'une part, l'Esprit est un guide et il ouvre à une connaissance, mais il manquait auparavant le présupposé pour porter le poids de cette connaissance telle est l'ampleur et la profondeur jamais atteintes de la foi chrétienne. D'autre part, cette fonction de guide est une manière de «prendre» dans le trésor de Jésus Christ lui-même, dont la profondeur insondable se manifeste dans la conduite opérée par l'Esprit. Le Catéchisme cite à ce sujet une parole profonde du Pape Grégoire le Grand: «Les divines paroles et celui qui les lit grandissent ensemble» (CÉC, n. 94, Grégoire le Grand, Homélie sur Ezéchiel, 1, 7, 8). Le Concile Vatican II indique trois voies essentielles, par lesquelles s'opèrent l'action de guide de l'Esprit Saint dans l'Église et donc la «croissance de la Parole»; cette action s'accomplit au moyen de la méditation et de l'étude par les fidèles, au moyen d'une profonde intelligence qui provient de l'expérience spirituelle et de la prédication de «ceux qui, avec la succession dans l'épiscopat, ont reçu un charisme certain de vérité» (Dei Verbum, n. 8).
Dans ce contexte, il devient désormais possible de comprendre correctement le concept de «révélation privée», qui se réfère à toutes les visions et à toutes les révélations qui ont lieu après la conclusion du Nouveau Testament; il s'agit donc de la catégorie à l'intérieur de laquelle nous devons placer le message de Fatima. À ce sujet, commençons par lire le Catéchisme de l'Église catholique: «Au fil des siècles, il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l'autorité de l'Église. [...] Leur rôle n'est pas [...] de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire» (n. 67). Deux éléments sont ainsi clarifiés:
1. L'autorité des révélations privées est substantiellement différente de l'unique révélation publique: cette dernière exige notre foi; en effet, en elle, par l'intermédiaire de paroles humaines et de la médiation de la communauté vivante de l'Église, Dieu lui-même nous parle. La foi en Dieu et dans sa Parole se distingue de toute autre foi, croyance ou opinion humaines. La certitude que Dieu parle me donne la sécurité que je rencontre la vérité elle-même, et ainsi une certitude qui ne peut se vérifier par aucune forme humaine de connaissance. C'est la certitude sur laquelle j'édifie ma vie et à laquelle je me confie en mourant.
2. La révélation privée est une aide pour la foi, et elle se manifeste comme crédible précisément parce qu'elle renvoie à l'unique révélation publique. Le Cardinal Prospero Lambertini, futur Pape Benoît XIV, dit à ce sujet dans son traité classique, devenu ensuite normatif pour les béatifications et les canonisations: «Un assentiment de foi catholique n'est pas dû à des révélations approuvées de cette manière; ce n'est même pas possible. Ces révélations requièrent plutôt un assentiment de foi humaine conforme aux règles de la prudence, qui nous les présentent comme probables et crédibles dans un esprit de piété». Le théologien flamand E. Dhanis, éminent connaisseur de cette question, affirme de manière synthétique que l'approbation ecclésiale d'une révélation privée comporte trois éléments: le message relatif ne contient rien qui s'oppose à la foi et aux bonnes moeurs; il est licite de le rendre publique, et les fidèles sont autorisés à lui donner, de manière prudente, leur adhésion [E. Dhanis, Regard sur Fatima et bilan d'une discussion, La Civiltà cattolica 104 (1953, II), pp. 392-406, en particulier p. 397]. Un tel message peut être une aide valable pour comprendre et mieux vivre l'Évangile à l'heure actuelle; c'est pourquoi il ne doit pas être négligé. Il est une aide qui est offerte, mais dont il n'est nullement obligatoire de faire usage.
Le critère pour la vérité et pour la valeur d'une révélation privée est donc son orientation vers le Christ lui-même. Quand elle nous éloigne de lui, quand elle se rend autonome ou même quand elle se fait passer pour un dessein de salut autre et meilleur, plus important que l'Évangile, elle ne vient certainement pas de l'Esprit Saint, qui nous guide à l'intérieur de l'Évangile, et non hors de lui. Cela n'exclut pas qu'une révélation privée mette de nouveaux accents, qu'elle fasse apparaître de nouvelles formes de piété, qu'elle en approfondisse ou en étende d'anciennes. Mais de toute façon, en tout cela, il doit s'agir d'une nourriture pour la foi, l'espérance et la charité, qui sont pour tous la voie permanente du salut. Nous pouvons ajouter que bien souvent les révélations privées proviennent avant tout de la piété populaire et se reflètent sur elle, lui donnent de nouvelles impulsions et ouvrent pour elle de nouvelles formes. Cela n'exclut pas qu'elles aient aussi des effets dans la liturgie elle-même, comme le montrent par exemple les fêtes du Corpus Domini et du Sacré-Coeur de Jésus. D'un certain point de vue, dans la relation entre liturgie et piété populaire, se dessine la relation entre la Révélation et les révélations privées: la liturgie est le critère, elle est la forme vitale de l'Église dans sa totalité, nourrie directement par l'Évangile. La religiosité populaire signifie que la foi plonge ses racines au coeur des peuples d'une façon telle qu'elle s'introduit dans le monde du quotidien. La religiosité populaire est la forme première et fondamentale de l'«inculturation» de la foi, qui doit continuellement se laisser orienter et guider par les indications de la liturgie, mais qui, à son tour, féconde la foi à partir du coeur.
Ainsi, nous sommes déjà passés des précisions plutôt négatives, qui de prime abord étaient nécessaires, aux déterminations positives des révélations privées: comment peut-on les classer de manière correcte à partir de l'Écriture? Quelle est leur catégorie théologique? La plus ancienne lettre de saint Paul qui nous a été conservée, le texte qui, dans l'absolu, est peut-être le plus ancien du Nouveau Testament, la première lettre aux Thessaloniciens, me semble donner une indication. L'Apôtre y écrit: «N'éteignez pas l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais discernez la valeur de toute chose, ce qui est bien, gardez-le» (5, 19-21). À toutes les époques est donné à l'Église le charisme de prophétie, qui doit être examiné, mais qui ne peut être déprécié. À ce sujet, il convient de tenir compte du fait que la prophétie, au sens biblique, ne signifie pas prédire l'avenir, mais expliquer la volonté de Dieu pour le présent, et donc montrer la voie droite vers l'avenir. Celui qui prédit l'avenir satisfait à la curiosité de la raison, qui désire ouvrir le voile de l'avenir; le prophète, quant à lui, satisfait à l'aveuglement de la volonté et de la pensée, et éclaire la volonté de Dieu comme exigence et indication pour le présent. Dans ce cas, l'importance de la prédiction de l'avenir est secondaire. Ce qui est essentiel, c'est l'actualisation de l'unique révélation, qui me concerne en profondeur: la parole prophétique est un avertissement ou encore une consolation, ou même les deux à la fois. En ce sens, on peut associer le charisme de la prophétie à la catégorie des «signes des temps», qui a été remise en lumière par le Concile Vatican II: «L'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger; mais le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger?» (Lc 12, 56). Par «signes des temps» dans ces paroles de Jésus, il faut entendre son propre chemin, lui-même. Interpréter les signes des temps à la lumière de la foi signifie reconnaître la présence du Christ en tout temps. Dans les révélations privées reconnues par l'Église donc aussi celle de Fatima il s'agit de ceci: nous aider à comprendre les signes des temps et à trouver pour eux la juste réponse dans la foi.
La structure anthropologique des révélations privées
Après avoir cherché à déterminer le lieu théologique des révélations privées par ces réflexions et avant de nous engager dans une interprétation du message de Fatima, nous devons encore chercher brièvement à éclaircir un peu leur caractère anthropologique (psychologique). L'anthropologie théologique distingue en ce domaine trois formes de perception ou de «vision»: la vision des sens, donc la perception externe corporelle, la perception intérieure et la vision spirituelle (visio sensibilis - imaginativa - intellectualis). Il est clair que, dans les visions de Lourdes, Fatima, etc., il ne s'agit pas de la perception normale extérieure des sens: les images et les figures qui sont vues ne se trouvent pas extérieurement dans l'espace, comme s'y trouve par exemple un arbre ou une maison. Cela est absolument évident, par exemple, en ce qui concerne la vision de l'enfer (décrite dans la première partie du «secret» de Fatima) ou encore la vision décrite dans la troisième partie du «secret», mais cela peut se montrer très facilement aussi pour les autres visions, surtout parce que toutes les personnes présentes ne les voient pas, mais en réalité seulement les «voyants». De même, il est évident qu'il ne s'agit pas d'une «vision» intellectuelle, sans images, comme on le trouve dans les autres degrés de la mystique. Il s'agit donc de la catégorie intermédiaire, la perception intérieure, qui a certainement pour le voyant une force de présence, laquelle équivaut pour lui à la manifestation externe sensible.
Voir intérieurement ne signifie pas qu'il s'agit de fantaisies, ce qui serait seulement une expression de l'imagination subjective. Cela signifie plutôt que l'âme est effleurée par la touche de quelque chose de réel, même si c'est suprasensible, et qu'elle est rendue capable de voir le non-sensible, le non-visible par les sens - une vision avec les «sens internes». Il s'agit de vrais «objets» qui touchent l'âme, bien qu'ils n'appartiennent pas à notre monde sensible habituel. C'est pourquoi cela exige une vigilance intérieure du coeur qui, la plupart du temps, n'existe pas en raison de la pression des fortes réalités externes, des images et des pensées qui remplissent l'âme. La personne est conduite au-delà de la pure extériorité et les dimensions les plus profondes de la réalité la touchent, se rendent visibles à elle. On comprendra peut-être ainsi pourquoi ce sont précisément les enfants qui sont les destinataires privilégiés de telles apparitions: l'âme est encore peu altérée, sa capacité intérieure de perception est encore peu détériorée. «De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter la louange»; c'est par une phrase de Psaume 8 (v. 3) que Jésus répond à la critique des Chefs des Prêtres et des Anciens, qui trouvaient inopportun le cri «Hosanna» poussé par des enfants (cf. Mt 21, 16).
La «vision intérieure» n'est pas une fantaisie, mais une manière véritable et précise d'opérer une vérification, comme nous l'avons dit. Mais elle comporte aussi des limites. Déjà dans les visions extérieures, il existe aussi un facteur subjectif: nous ne voyons pas l'objet pur, mais celui-ci nous parvient à travers le filtre de nos sens, qui doivent accomplir un processus de traduction. Cela est encore plus évident dans la vision intérieure, surtout lorsqu'il s'agit de réalités qui outrepassent en elles-mêmes notre horizon. Le sujet, le voyant, est engagé de manière encore plus forte. Il voit avec ses possibilités concrètes, avec les modalités représentatives et cognitives qui lui sont accessibles. Dans la vision intérieure, il s'agit encore plus largement que dans la vision extérieure d'un processus de traduction, de sorte que le sujet est de manière essentielle participant de la formation, sous mode d'images, de ce qui apparaît. L'image peut advenir seulement selon ses mesures et ses possibilités. Ces visions ne sont donc jamais de simples «photographies» de l'au-delà, mais elles portent aussi en elles-mêmes les possibilités et les limites du sujet qui perçoit.
On peut le montrer à travers toutes les grandes visions des saints; naturellement, cela vaut aussi pour les visions des enfants de Fatima. Les images qu'ils ont décrites ne sont pas en effet une simple expression de leur fantaisie, mais le fruit d'une réelle perception d'origine supérieure et intérieure, elles ne sont pas non plus à envisager comme si, pour un instant, le voile de l'au-delà avait été enlevé et que le ciel apparaissait dans ce qu'il a de purement essentiel, de la manière dont nous espérons le voir un jour dans l'union définitive avec Dieu. Les images sont plutôt, pour ainsi dire, une synthèse de l'impulsion qui provient d'En Haut et des possibilités de ce fait disponibles du sujet qui perçoit, en l'occurrence des enfants. C'est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique. Le Cardinal Sodano dit à ce sujet: les visions «ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais résument et condensent sur un même arrière-plan des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées». Ce rassemblement de temps et d'espace en une image unique est typique de telles visions, qui en règle générale ne peuvent être déchiffrées qu'a posteriori. Dans ce domaine, on ne peut pas dire que chaque élément visuel doive avoir un sens historique concret. C'est la vision dans son ensemble qui compte, et c'est à partir de l'ensemble des images que les éléments particuliers doivent être compris. Quel que soit le centre d'une image, elle se révèle de manière ultime à partir de ce qui est le centre de la «prophétie» chrétienne elle-même: le centre est là où la vision devient appel et guide vers la volonté de Dieu.
Une tentative d'interprétation du «secret» de Fatima
La première et la deuxième partie du «secret» de Fatima ont déjà été discutées amplement dans la littérature qui le concerne et qu'il n'est pas utile de les illustrer ici une nouvelle fois. Je voudrais seulement attirer brièvement l'attention sur le point le plus significatif. Pendant un instant terrible, les enfants ont fait l'expérience d'une vision de l'enfer. Ils ont vu la chute des «âmes des pauvres pécheurs». Et maintenant, il leur est dit pourquoi ils ont été exposés à cet instant: «pour les sauver [les âmes]» pour montrer un chemin de salut. Il vient à l'esprit la phrase de la première lettre de Pierre: «... Sûrs d'obtenir l'objet de votre foi: le salut des âmes» (1, 9). Comme chemin vers ce but, est indiquée de manière surprenante pour des personnes provenant de l'ère culturelle anglo-saxonne et allemande la dévotion au Coeur immaculé de Marie. Pour comprendre cela, une brève indication suffira ici. «Coeur» signifie dans le langage de la Bible le centre de l'existence humaine, la jonction entre la raison, la volonté, le tempérament et la sensibilité, où la personne trouve son unité et son orientation intérieure. Le «coeur immaculé» est, selon Mt 5, 8, un coeur qui, à partir de Dieu, est parvenu à une parfaite unité intérieure et donc «voit Dieu». La «dévotion» au Coeur immaculé de Marie est donc une façon de s'approcher du comportement de ce coeur, dans lequel le fiat que ta volonté soit faite devient le centre qui informe toute l'existence. Si quelqu'un voulait objecter que nous ne devrions pas cependant interposer un être humain entre le Christ et nous, on devrait alors se rappeler que Paul n'a pas eu peur de dire à ses propres communautés: imitez-moi (cf. 1 Co 4, 16; Ph 3, 17; 1 Th 1, 6; 2 Th 3, 7. 9). Chez l'Apôtre, les communautés peuvent vérifier concrètement ce que signifie suivre le Christ. De qui pourrions-nous en tout temps apprendre d'une manière meilleure, sinon de la Mère du Seigneur?
Ainsi, nous arrivons finalement à la troisième partie du «secret» de Fatima, publié ici pour la première fois dans son intégralité. Comme il ressort de la documentation précédente, l'interprétation que le Cardinal Sodano a donnée dans son texte du 13 mai a, dans un premier temps, été présentée personnellement à Soeur Lucie. À ce sujet, Soeur Lucie a tout d'abord observé qu'elle avait reçu la vision, mais pas son interprétation. L'interprétation, disait-elle, ne revient pas au voyant, mais à l'Église. Toutefois, après la lecture du texte, elle a dit que cette interprétation correspondait à ce dont elle avait fait l'expérience et que, pour sa part, elle reconnaissait cette interprétation comme correcte. Donc, dans ce qui suit, on pourra seulement chercher à donner de manière approfondie un fondement à cette interprétation à partir des critères développés jusqu'ici.
Comme parole-clé de la première et de la deuxième parties du «secret», nous avons découvert celle qui dit «sauver les âmes»; de même, la parole-clé de ce «secret» est un triple cri: «Pénitence, Pénitence, Pénitence!» Il nous revient à l'esprit le début de l'Évangile: «Pænitemini et credite evangelio» (Mc 1, 15). Comprendre les signes des temps signifie comprendre l'urgence de la pénitence - de la conversion - de la foi. Telle est la réponse juste au moment historique, marqué par de graves dangers qui seront exprimés par les images ultérieures. Je me permets de rappeler ici un souvenir personnel; dans un colloque avec moi, Soeur Lucie m'a affirmé qu'il lui apparaissait toujours plus clairement que le but de toutes les apparitions a été de faire croître toujours plus dans la foi, dans l'espérance et dans la charité - tout le reste entendait seulement porter à cela.
Examinons maintenant d'un peu plus près les différentes images. L'ange avec l'épée de feu à la gauche de la Mère de Dieu rappelle des images analogues de l'Apocalypse. Il représente la menace du jugement, qui plane sur le monde. La perspective que le monde pourrait être englouti dans une mer de flammes n'apparaît absolument plus aujourd'hui comme une pure fantaisie: l'homme lui-même a préparé l'épée de feu avec ses inventions. La vision montre ensuite la force qui s'oppose au pouvoir de destruction la splendeur de la Mère de Dieu et, provenant d'une certaine manière de cette splendeur, l'appel à la pénitence. De cette manière est soulignée l'importance de la liberté de l'homme: l'avenir n'est absolument pas déterminé de manière immuable, et l'image que les enfants ont vue n'est nullement un film d'anticipation de l'avenir, auquel rien ne pourrait être changé. Toute cette vision se produit en réalité seulement pour faire apparaître la liberté et pour l'orienter dans une direction positive. Le sens de la vision n'est donc pas de montrer un film sur l'avenir irrémédiablement figé. Son sens est exactement opposé, à savoir mobiliser les forces pour tout changer en bien. Aussi sont-elles totalement fourvoyées les explications fatalistes du «secret» qui affirme par exemple que l'auteur de l'attentat du 13 mai 1981 aurait été, en définitive, un instrument du plan divin, guidé par la Providence, et qu'il n'aurait donc pas pu agir librement, ou encore d'autres idées semblables qui circulent. La vision parle plutôt de dangers et de la voie pour en être sauvegardé.
Les phrases qui suivent dans le texte montrent encore une fois très clairement le caractère symbolique de la vision: Dieu reste l'incommensurable et la lumière qui dépasse toute notre vision. Les personnes humaines apparaissent comme dans un miroir. Nous devons garder continuellement présente cette limitation interne de la vision, dont les limites sont ici visuellement indiquées. L'avenir se dévoile seulement «comme dans un miroir, de manière confuse» (cf 1 Co 13, 12). Prenons maintenant en considération les diverses images qui suivent dans le texte du «secret». Le lieu de l'action est décrit par trois symboles: une montagne escarpée, une grande ville à moitié en ruines et finalement une grande croix en troncs grossiers. La montagne et la ville symbolisent le lieu de l'histoire humaine: l'histoire comme une montée pénible vers les hauteurs, l'histoire comme lieu de la créativité et de la convivialité humaines, mais en même temps comme lieu de destructions, par lesquelles l'homme anéantit l'oeuvre de son propre travail. La ville peut être lieu de communion et de progrès, mais aussi lieu des dangers et des menaces les plus extrêmes. Sur la montagne se trouve la croix - terme et point de référence de l'histoire. Par la croix, la destruction est transformée en salut; elle se dresse comme signe de la misère de l'histoire et comme promesse pour elle.
Ici, apparaissent ensuite deux personnes humaines: l'évêque vêtu de blanc («nous avons eu le pressentiment que c'était le Saint-Père»), d'autres évêques, des prêtres, des religieux et religieuses, et enfin des hommes et des femmes de toutes classes et toutes catégories sociales. Le Pape semble précéder les autres, tremblant et souffrant à cause de toutes les horreurs qui l'entourent. Non seulement les maisons de la ville sont à moitié écroulées, mais son chemin passe au milieu de cadavres des morts. La marche de l'Église est ainsi décrite comme un chemin de croix, comme un chemin dans un temps de violence, de destruction et de persécutions. On peut trouver représentée dans ces images l'histoire d'un siècle entier. De même que les lieux de la terre sont synthétiquement représentés par les deux images de la montagne et de la ville, et sont orientés vers la croix, de même aussi les temps sont présentés de manière condensée: dans la vision, nous pouvons reconnaître le siècle écoulé comme le siècle des martyrs, comme le siècle des souffrances et des persécutions de l'Église, comme le siècle des guerres mondiales et de beaucoup de guerres locales, qui en ont rempli toute la seconde moitié et qui ont fait faire l'expérience de nouvelles formes de cruauté. Dans le «miroir» de cette vision, nous voyons passer les témoins de la foi de décennies. À ce sujet, il semble opportun de mentionner une phrase de la lettre que Soeur Lucie a écrite au Saint-Père le 12 mai 1982: «La troisième partie du "secret" se réfère aux paroles de Notre-Dame: "Sinon [la Russie] répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites"».
Dans le chemin de croix de ce siècle, la figure du Pape a un rôle spécial. Dans sa pénible montée sur la montagne, nous pouvons sans aucun doute trouver rassemblés différents Papes qui, depuis Pie X jusqu'au Pape actuel, ont partagé les souffrances de ce siècle et se sont efforcés d'avancer au milieu d'elles sur la voie qui mène à la croix. Dans la vision, le Pape aussi est tué sur la voie des martyrs. Lorsque, après l'attentat du 13 mai 1981, le Pape se fit apporter le texte de la troisième partie du «secret», ne devait-il pas y reconnaître son propre destin? Il a été très proche des portes de la mort et il a lui-même expliqué de la manière suivante comment il a été sauvé: «C'est une main maternelle qui guida la trajectoire de la balle et le Pape agonisant s'est arrêté au seuil de la mort» (13 mai 1994). Qu'ici une «main maternelle» ait dévié la balle mortelle montre seulement encore une fois qu'il n'existe pas de destin immuable, que la foi et la prière sont des puissances qui peuvent influer sur l'histoire et que, en définitive, la prière est plus forte que les projectiles, la foi plus puissante que les divisions.
La conclusion du «secret» rappelle des images que Soeur Lucie peut avoir vues dans des livres de piété et dont le contenu provient d'anciennes intuitions de foi. C'est une vision consolante, qui veut qu'une histoire de sang et de larmes soit perméable à la puissance de guérison de Dieu. Des Anges recueillent sous les bras de la croix le sang des martyrs et irriguent ainsi les âmes qui s'approchent de Dieu. Le sang du Christ et le sang des martyrs doivent être considérés ensemble: le sang des martyrs jaillit des bras de la croix. Leur martyre s'accomplit en solidarité avec la passion du Christ, il devient un tout avec elle. Ils complètent pour le Corps du Christ ce qui manque encore à ses souffrances (cf. Col 1, 24). Leur vie est devenue elle-même eucharistie, incorporée dans le mystère du grain de blé qui meurt et qui devient fécond. Le sang des martyrs est semence de chrétiens, a dit Tertullien. De même que de la mort du Christ, de son côté ouvert, est née l'Église, de même la mort des témoins est féconde pour la vie future de l'Église. La vision de la troisième partie du «secret», tellement angoissante à ses débuts, s'achève donc sur une image d'espérance: aucune souffrance n'est vaine, et précisément une Église souffrante, une Église des martyrs, devient un signe indicateur pour l'homme à la recherche de Dieu. Dans les mains amoureuses de Dieu sont accueillies non seulement les personnes qui souffrent comme Lazare, qui a trouvé une grande consolation et qui mystérieusement représente le Christ, Lui qui a voulu devenir pour nous le pauvre Lazare; mais il y a plus encore: des souffrances des témoins provient une force de purification et de renouveau, parce qu'elle est une actualisation de la souffrance même du Christ, et qu'elle transmet aujourd'hui son efficacité salvatrice.
Nous sommes ainsi arrivés à une ultime interrogation: que signifie dans son ensemble (dans ses trois parties) le «secret» de Fatima? Que nous dit-il à nous? Avant tout, nous devons affirmer avec le Cardinal Sodano: «Les situations auxquelles fait référence la troisième partie du "secret" de Fatima semblent désormais appartenir au passé». Dans la mesure où des événements particuliers sont représentés, ils appartiennent désormais au passé. Ceux qui attendaient des révélations apocalyptiques excitantes sur la fin du monde et sur le cours futur de l'histoire seront déçus. Fatima n'offre pas de telles satisfactions à notre curiosité, comme du reste en général la foi chrétienne ne veut pas et ne peut pas être une pâture pour notre curiosité. Ce qui reste, nous l'avons vu dès le début de notre réflexion sur le texte du «secret»: l'exhortation à la prière comme chemin pour le «salut des âmes» et, dans le même sens, l'appel à la pénitence et à la conversion.
Je voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du «secret» devenue célèbre à juste titre: «Mon Coeur immaculé triomphera». Qu'est-ce que cela signifie? Le Coeur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son coeur, a changé l'histoire du monde, parce qu'elle a introduit le Sauveur dans le monde car, grâce à son «oui», Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l'expérience; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que Dieu lui-même a un coeur d'homme et a de ce fait tourné la liberté de l'homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n'a plus le dernier mot. Depuis lors, s'imposent les paroles: «Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde» (Jn 16, 33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.
JosephCard. Ratzinger
Préfet de la Congrégation
pour la Doctrine de la Foi

IV. NOTES
(1) Du journal de Jean XXIII, 17 août 1959: «Audience: P. Philippe, Commissaire du S.O., qui me porte la lettre contenant la troisième partie du secret de Fatima. Je me réserve de la lire avec mon confesseur».
(2) Il faut se rappeler le commentaire que le Saint-Père fit à l'audience générale du 14 octobre 1981 sur «l'événement du mois de mai: grande épreuve divine»: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, IV, 2, Cité du Vatican (1981), pp. 409-412.
(3) Radiomessage durant la Messe dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Vénération, remerciements et consécration à la Vierge Marie, la Théotokos: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, IV, 1, Cité du Vatican (1981), p. 1246.
(4) Au cours de la journée jubilaire des familles, le Pape consacre à la Vierge Marie les hommes et les nations: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, VII, 1, Cité du Vatican (1984), pp. 775-777: La Documentation catholique 81 (1984), p. 287.
(5) Le document offre ici la photocopie du texte original en portugais.
(6) Dans le «quatrième mémoire» du 8 décembre 1941, Soeur Lucie écrit: «Je commence donc mon nouveau devoir et j'obéirai aux ordres de Votre Excellence Révérendissime et aux désirs du Docteur Galamba. Hormis la part du secret qu'il ne m'est pas permis de révéler maintenant, je dirai tout. Je ne tairai rien volontairement. J'admets que je pourrai oublier quelques détails de minime importance».
(7) Dans le «quatrième mémoire» cité précédemment, Soeur Lucie ajoute: «Au Portugal, se conservera toujours le dogme de la foi, etc.».
(8) Dans la traduction, on a respecté le texte original, même dans les imprécisions de ponctuation, qui n'empêchent d'ailleurs pas la compréhension de ce que la voyante a voulu dire.

FATIMA: LE "MESSAGE", PLUS FORT QUE LE "SECRET"
L'optimisme de Fatima: l'homme peut dévier le cours de l'histoire
ROME, dimanche 25 juin 2000 (ZENIT.org) - Le document théologique et pastoral sur le "troisième secret" de Fatima qui sera présenté demain en six langues par le cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la congrégation pour la Doctrine de la Foi, aura une trentaine de pages, son titre insistera sur le "Message" de Fatima. Il sera donc loin du "sensationnalisme", comme le cardinal le confiait aujourd'hui à la télévision italienne. "L'histoire n'est pas une prison immuable", conclut pour sa part Vittorio Messori. La télévision italienne transmettra la conférence de presse en direct.
Et pour éviter les doutes sur le texte lui-même cette édition présentera une photo de l'autographe de Soeur Lucie, la troisième voyante, actuellement carmélite à Coimbre, au Portugal. Cet autographe, en portugais, a été rédigé par la religieuse entre décembre 1943 et janvier 1944. Cela constitue une preuve de la transparence de la publication. La carmélite l'avait fait remettre au pape Jean XXIII sous enveloppe fermée. Elle recommandait de ne pas le divulguer avant 1960.
Ce feuillet contient - dans entre 20 et 30 lignes - le message qu'elle témoigne avoir reçu de la Vierge Marie avec ses deux cousins, les bienheureux Jacinta et Francisco Marto, le 13 juillet 1917 à la "Cova da Iria": c'était la troisième apparition. Aucun de ses prédécesseurs n'avaient jugé opportun de publier le contenu de cette partie du message reçu comme un "secret" par les enfants. Mais Jean-Paul II a décidé de lever le voile à l'occasion de son pèlerinage jubilaire à Fatima, le 13 mai dernier.
Le cardinal Secrétaire d'Etat, Angelo Sodano, avait lu, à la fin de la messe de béatification l'essentiel du message: la lutte des systèmes athées contre l'Eglise et les chrétiens; les souffrances des témoins de la foi; un chemin de croix conduit par les papes, et un évêque "vêtu de blanc" (le pape disaient les voyants) portant la croix au milieu des cadavres des martyrs, et qui tombe à terre "comme mort sous les coups d'une arme à feu".
Le message global reçu par les enfants concernait six points:
Une vision de l'enfer;
Le don d'un moyen pour éviter d'en prendre le chemin: la dévotion au Coeur Immaculé de Marie;
L'annonce de la proximité de la fin de la première guerre mondiale et l'avertissement qu'une seconde guerre éclaterait, sous le pontificat de Pie XI, si les hommes ne faisaient pas pénitence;
La demande de la consécration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie, sa conversion étant liée à la paix; autrement ses "erreurs" se diffuseront provoquant des persécutions contre l'Eglise: "beaucoup de bons seront martyrisés, le Saint-Père aura à souffrir beaucoup";
Une partie non communiquée jusqu'au 13 mai dernier, concernant l'évêque en blanc, etc...
L'annonce de la conservation de la foi catholique au Portugal. On remarque que l'essentiel était déjà connu avant le dévoilement du 13 mai dernier.
Le cardinal Ratzinger soulignait aujourd'hui à la télévision italienne (RAI 2) que la béatification des pastoureaux Jacinta et Francisco le 13 mai dernier, manifestaient la "grande personnalité" des deux bienheureux, pourtant si jeunes. "Cela nous dit quelque chose sur l'homme petit, sur l'homme simple", expliquait le cardinal. Et pour ce qui est du "secret", il soulignait que loin du "sensationnalisme", il s'agit de la "disponibilité" de l'homme à "changer", se "convertir", "se renouveler", dans une démarche de pénitence. L'important dans le "message" de Fatima, c'est, disait-il, la capacité humaine de "se réconcilier" et de "pardonner".
Le cardinal rappelait dans ce sens le "singulier" voyage de Jean-Paul II en Terre-Sainte et son fruit de réconciliation, entre Chrétiens et Juifs, entre Chrétiens et Musulmans. Il évoquait ensuite la célébration du pardon, le 12 mars, à Saint-Pierre: une liturgie de confession des péchés où se manifeste le "courage de l'humilité" de Jean-Paul II. Enfin, le cardinal Ratzinger disait avoir été personnellement "touché" par la célébration des Témoins du XXe s., le 17 mai, au Colisée. Cela montre que dans l'Eglise il n'y a pas "que des fautes", mais aussi ces témoins capables de souffrir pour le nom du Christ.
L'écrivain italien Vittorio Messori estime aujourd'hui dans le "Corriere della Sera" que le fait que l'annonce de la mort de l'évêque en blanc "sous les coups de feu" n'ai pas été vérifiée est la preuve que le cours de l'histoire peut être infléchi par les prières, les supplications, les offrandes et sacrifices: et en premier l'intercession de la Vierge Marie. Le pape lui-même reconnaît, rappelle Messori, qu'une main a tiré (celle de Ali Agca) et qu'une autre (celle de la Vierge) a détourné la trajectoire de la balle. "L'histoire n'est pas une prison immuable", conclut Messori. Il relève cet aspect "optimiste", "consolant" du message.
Pour Orazio Petrosillo dans le "Messaggero", le dévoilement de ce "secret" fait tomber une fois pour toutes les hypothèses apocalyptiques que l'imaginaire avait construit: "L'apocalypse n'aura pas lieu" titre le quotidien italien.
Enfin, si le mariologue français René Laurentin, déclarait il y a deux jours à FIDES que le secret avait nuit dans la mesure où il suscitait trop de curiosité, l'expert reconnaissait en même temps que le secret avait aussi réveillé une "espérance" pour les réalités de l'au-delà. ZF00062504

POURQUOI JEAN XXIII ET PAUL VI N'ONT-ILS PAS RÉVÉLÉ LE TROISIÈME SECRET DE FATIMA ?
Déclarations du théologien du Pape, le Père Georges Cottier
CITÉ DU VATICAN, jeudi 29 juin (ZENIT.org/AVVENIRE) - Le Père Georges Cottier a suivi de près l'histoire du "secret" de Fatima. En tant que théologien de la Maison Pontificale, entre autres, il donne des conseils à Jean-Paul II. A l'instar d'autres collaborateurs directs du Saint Père et du Cardinal
Joseph Ratzinger (il est aussi secrétaire général de la Commission Théologique Internationale), il a donné son point de vue sur la manière de présenter les révélations de Marie à Fatima. Il est donc dans une situation privilégiée pour répondre aux questions qui ont été soulevées après la publication du message.
- Père Cottier, quelle relecture de l'histoire nous donne la vision de Fatima ?
- G. Cottier : le message est en syntonie avec l'Apocalypse et l'esprit prophétique du Nouveau Testament. Il me semble que son sens est le suivant : l'Église, qui prolonge l'oeuvre du Christ dans l'histoire, est poursuivie en permanence par le démon, le "père du mensonge" qui oeuvre dans le monde.
Nous avons une vision trop plate de l'histoire : à la base il y a toujours la lutte entre le bien et le mal qui interpelle la liberté humaine. Dans ce combat, l'homme se rend compte qu'il n'est pas enfermé dans l'immanence de l'histoire, mais qu'il se trouve sur un chemin rude qui mène à la béatitude
en Dieu, un chemin sur lequel peut se présenter le danger de la condamnation, de la perte totale de soi-même. C'est un concept qui appartient à l'Apocalypse et que nous trouvons aussi à Fatima.
- Comment peut-on alors concilier la liberté avec le dessein de la Providence ?
- G. Cottier : Cela est un grand mystère. Dieu, qui est éternité, voit toute l'amplitude de l'histoire humaine, mais il nous a créés libres et pour nous sauver il nous demande notre collaboration. La liberté fait de nous des collaborateurs du dessein de Dieu. C'est pour cela que des prophéties comme
celle de Fatima, qui touche le temps présent et la direction que nous devons donner à l'avenir, sont "conditionnelles" c'est-à-dire qu'elles ne sont ni fatalistes ni déterministes.
Le message de Fatima doit être compris comme un avertissement et non comme une prédiction : "si vous continuez à pécher, vous risquez de subir ces malheurs ; si vous vous convertissez, vous les éviterez".
- Pourquoi le troisième secret est-il resté caché pendant si longtemps ?
- C'est une question de prudence pastorale. Jean XXIII ou Paul VI auraient pu révéler le contenu du message. Le Pape Roncalli a eu la grande intuition du Concile mais pouvait-il convoquer une assemblée qui s'adressait à tous les hommes de bonne volonté, qui ne se fermait même pas aux persécuteurs, et
parler en même temps des châtiments qu'eux-mêmes infligent ? Paul VI a cherché des fentes en Europe de l'est, où l'Église était martyrisée, pour étudier la plus petite possibilité d'aider les chrétiens qui se trouvaient de l'autre côté du rideau de fer. Pouvait-il publier un texte qui parlait aussi
ouvertement de persécutions ?
- Jean-Paul II a fait le lien entre le message et son destin personnel. Le Cardinal Ratzinger, dans sa présentation du commentaire du message de Fatima, le 26 juin, a dit clairement que Ali Agça, qui avait tenté d'assassiner Jean-Paul II le 13 mai 1981, avait agi librement.
- G. Cottier : Le Pape dit que la main de la Vierge a dévié la balle. L'homme responsable de l'attentat aurait pu se comporter différemment, mais il a réalisé le projet criminel de supprimer une figure qui constituait une menace politique. Il fut un instrument d'un plan assassin et utilisa sa liberté
pour faire le mal. On ne peut pas parler de déterminisme ou de hasard : la Providence de Dieu guide l'existence de chacun, spécialement celle de l'Église et du Pape, mais elle ne supprime la liberté de personne.
- La prophétie de Fatima n'était donc pas "inévitable". Elle aurait pu ne pas se réaliser ?
- G. Cottier : Ce qui est dit dans la prophétie aurait pu ne pas se réaliser du tout, mais la prophétie n'aurait pas pour autant perdu son sens : la vision des petits bergers est celle de l'Église martyre. Elle invite à lire les signes des temps pour nous faire grandir dans la foi, l'espérance et la
charité à travers la pénitence. L'attentat n'est que la page la plus surprenante.
- Vous ne croyez pas qu'à l'heure actuelle l'Église a du mal à reconnaître la prophétie et qu'elle finit par lui retirer sa force?
- G. Cottier : C'est une question de discernement, essentielle dans les questions qui touchent de si près la dévotion des personnes. Mais il existe un goût malsain du superficiel. Toute révélation privée, reconnue par l'Église, doit être mise à sa juste place dans la hiérarchie de la foi : le culte de
l'Eucharistie par exemple, est beaucoup plus important.
- Certains ont en revanche accusé l'Église de tout le contraire : de donner beaucoup d'importance au "secret" de Fatima. Vous ne croyez pas que l'Église est là en train de toucher des thèmes qui vont bien au-delà du rationnel ?
- G. Cottier : L'Église n'a jamais encouragé le goût exagéré de l'extraordinaire. Le seul vrai coupable d'une lecture unidimensionnelle de la vie et de l'histoire, qui écrase l'homme, en le privant de la vision de son destin transcendant, c'est le rationalisme moderne. L'Église a le mérite de
présenter ces thèmes de façon sérieuse, aux non croyants. L'attitude de nier "a priori" cet horizon est une attitude irrationnelle.

- Pensez-vous que la connaissance du troisième "secret" de Fatima ait influencé les papes ?
- G. Cottier : ils y ont vu la vocation de l'Église au martyre, et ils ont certainement approfondi cette vocation. Si l'on prend le cas de Jean-Paul II, par exemple, si nous relisons la lettre "Tertio millennio adveniente", nous nous rendons compte que l'Église est redevenue martyre au XXe siècle.
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# Posté le mercredi 31 décembre 2008 07:20

Modifié le dimanche 11 janvier 2009 17:42

Le calvaire dans les camps de Tindouf perdure, signe du mépris du polisario pour la Déclaration Universelle des droits de l'Homme

Le calvaire dans les camps de Tindouf perdure, signe du mépris du polisario pour la Déclaration Universelle des droits de l'Homme
Monseigneur Jean ABBOUD aux Nations Unies pour présenter son rapport devant la 4ème Commission sur le calvaire qui perdure dans les camps de Tindouf au Sud de l'Algérie

Belgian Prelate urges EC to address Polisario human rights violation in Tindouf camps
Brussels, 16 Dec. 2008 (MAP)- Belgian Prelate Mgr. Jean Abboud called on the European Commission to address the human rights violations committed by the Polisario in the camps of Tindouf, southwestern Algeria.

In a letter addressed to the President of the European Commission, José Manuel Barroso, and European Commissioner for External Relations and European Neighborhood Policy, Benita Ferrero-Waldner, Mgr. Abboud said the visit of the Polisario leader to the European Commission flagrantly contradicts the fundamental principles of the European Union and the values it upholds.

"The head of the Polisario should be held accountable for the crimes he continues to commit with total impunity with the complicity of the Algerian authorities, which provides him with all the necessary logistics," Mgr. Abboud underlined, adding that the EU institutions cannot ignore the provisions of the Universal Declaration of Human Rights.

The EU, he said, intends to play a positive role in this issue, put an end to the population's suffering, and reach a solution to the Sahara conflict which has lasted for so long entailing tragic human misery.

As a Catholic Prelate, an international law jurist, and the author of a report on human rights violations committed by the Polisario, Mgr. Abboud, said he drew clear evidence that dangerous violations of human rights, similar to those committed against humanity, were perpetrated by the Polisario members.

He recalled that he presented his report to the Secretary General of the United Nations, Ban Ki Moon in order to launch an international probe on the Polisario's serious violations of human rights.

The visit of the Polisario leader to Brussels provoked the indignation of the Belgian civil society.

In this vein, the AMOME association deemed that the EU "cannot ignore the responsibilities of the Polisario, which is backed militarily, financially, politically, and diplomatically by Algeria."

In a communiqué, AMOME denounced "the political instrumentalization of an issue, warning against all attempts to destabilize the region by undermining the Euro-Mediterranean balance in which Morocco plays an essential role."




Le calvaire dans les camps de Tindouf perdure, signe du mépris du polisario pour la Déclaration Universelle des droits de l'Homme
(Par Ahmed TAHRI) Rabat, 06/12/08 - Couper un morceau de chair humaine, le cuire et forcer la victime à l'avaler sous la torture, des détenus qui se voient arracher les ongles, "tatouer" le corps avec des brûlures de cigarettes avant qu'ils ne soient suspendus, pieds attachés, des heures durant : ce sont là quelques uns des procédés des tortionnaires du polisario dans les geôles des camps de Tindouf, dans le sud-ouest algérien.

Menottés, les yeux bandés, les détenus sont soumis au quotidien aux atrocités les plus sadiques auxquelles s'ajoutent de surcroît les sévices de la noyade en maintenant la tête plongée dans l'eau jusqu'au bord de l'asphyxie, tel est l'univers sinistre, enfanté par le "génie" de la bande du polisario, dont la réalité a fini par s'ébruiter de derrière l'enceinte hermétique des centres de détention.

Il ne s'agit pas de séquences d'un film d'horreur, mais bel et bien de scènes macabres et de pratiques abominables perpétrées de la manière la plus cruelle qui soit dans les centres de détention du polisario, en violation flagrante des chartes internationales des droits de l'Homme et du droit international humanitaire.

La célébration le 10 décembre, par la communauté internationale de la journée des droits de l'Homme et du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, première reconnaissance à dimension planétaire des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, intervient alors qu'une poignée de tyrans dans le sud-ouest algérien persiste et signe dans ses pratiques barbares et dégradantes pour la dignité humaine à l'encontre de civils séquestrés contre leur gré dans les camps de la honte.

En dépit des appels incessants et itératifs de la communauté internationale pour la consécration de la justice et des principes de la dignité, le polisario continue à les défier effrontément, persistant dans son intransigeance et rejetant tous les principes élémentaires de la Déclaration Universelle des droits de l'Homme.

Outre la conduite sanguinaire suivie par le polisario depuis la création de cette entité mafieuse qui ne lésine pas sur les moyens de liquider ses opposants, la population séquestrée dans les camps de Tindouf est systématiquement soumise à une surveillance policière draconienne, à l'affût du moindre mouvement contestataire, notamment depuis les soulèvements récurrents qu'ont connus les camps des séquestrés, doublée d'un endoctrinement militaire implacable. De surcroît, les bandes du polisario n'éprouvent aucun cas de conscience pour instrumentaliser les souffrances des séquestrés afin de quémander des aides aux pays donateurs et organisations humanitaires internationales.

Dans cet univers carcéral isolé, dans le sud-ouest algérien où les principes les plus élémentaires des droits de l'Homme sont bafoués, les séquestrés sont soumis aux souffrances les plus inhumaines, dont la variante la plus révoltante se résume dans le calvaire enduré par les détenus dans les geôles du polisario. La liquidation physique y est le destin habituel réservé à ceux qui osent s'opposer aux milices du polisario, ce qui en dit long sur le projet obscurantiste et totalitaire de la bande séparatiste.

Les témoignages d'anciens détenus sahraouis, Marocains et Mauritaniens, dans les geôles du polisario qui ont raconté les sévices barbares et les tortures horribles qu'ils ont endurés, et qui ont été portés à la connaissance des Organisations internationales dans plusieurs capitales mondiales, constituent un cri poignant sur les crimes contre l'humanité commis par les tortionnaires du polisario que la conscience humaine ne peut plus tolérer, à charge pour la communauté internationale de traduire leurs auteurs devant les juridictions internationales compétentes.

Dans cette optique, des Sahraouis victimes de ces violations flagrantes des droits de l'Homme dans les camps de la honte à Tindouf ont porté plainte en décembre dernier en Espagne contre les +dirigeants+ du polisario et certains responsables algériens pour génocide, torture et terrorisme.

Les différents rapports d'ONG nationales et internationales sur les souffrances endurées par les séquestrés dans les camps de la honte ont dévoilé en outre les détournements des aides humanitaires destinées aux séquestrés ainsi que la panoplie de pratiques barbares de torture et de violations en tout genre.

Dans ce sens, le Prélat ecclésiastique Catholique belgo-libanais, Mgr Jean Abboud a affirmé que les agissements du polisario comportent des "actes barbares, tel le cannibalisme, qui dénotent l'état de dégradation morale de leurs auteurs et le mépris qu'ils ont pour les valeurs universelles.

Ces traitements barbares et dégradants pour la dignité humaine, a déploré le juriste et expert en Droit Pénal International, représentent une violation manifeste et flagrante des nombreuses conventions internationales relatives aux droits humains et au droit international humanitaire.

Il a ajouté que "ces faits avérés exigent l'ouverture -sans délai- d'une enquête, préalablement à la traduction en justice des responsables de ces crimes, devant un Tribunal Pénal Spécial".

"A travers des témoignages et des informations recueillis par moi-même auprès des victimes et des membres de leurs familles et des photos recueillies par l'Association que je préside attestant les séquelles des sévices endurés, et dont certaines sont encore visibles sur différentes parties des corps des victimes, j'ai pu constater que des violations dangereuses des droits de l'homme, assimilables à des crimes contre l'humanité, ont été perpétrées par les membres du polisario dans le Sud algérien", a-t-il affirmé.

De son côté, le Centre européen pour le renseignement stratégique et la sécurité (ESISC), a mis en garde contre la détérioration de la situation des droits de l'Homme dans les camps de Tindouf, rappelant à cet égard que plusieurs organisations internationales ont condamné, dans leurs rapports, le traitement dégradant et humiliant infligé par les séparatistes aux populations de ces camps.

Ainsi, un récent rapport de l'ESISC souligne que le polisario se trouve actuellement dans une situation de dislocation avancée qui constitue une réelle menace pour la sécurité régionale, rappelant dans ce sens le rapprochement constaté entre les membres du polisario et des groupes extrémistes terroristes et le danger qu'il représente du fait de sa faillite idéologique.

La pauvreté et la misère qui sévissent dans les camps, ainsi que la lassitude des populations et leur éc½urement face aux pratiques du polisario, contribuent à l'enlisement de cette situation et favorisent la recrudescence du crime, relève le centre.

La réalité que le polisario tente vainement de masquer, est évidente pour tous, à savoir qu'il s'agit d'un ramassis d'aventureux corrompus qui séquestrent arbitrairement des personnes innocentes, foulant au pied les valeurs humaines et faisant la sourde oreille aux nouvelles configurations nées des mutations internationales et régionales. Après avoir été abandonnée par ses alliés d'hier, cette bande s'enlise de plus en plus dans une logique de répression à l'encontre de ses "prisonniers" qui paient au prix fort les errements politiques de leurs geôliers et vivent le regard tourné vers leur pays d'origine, le Maroc.

"Si tu veux sortir du gouffre, arrête de creuser", dit l'adage, mais il semble que les pelles des séparatistes et leurs parrains sont toujours à l'½uvre et leurs oreilles sourdes aux appels de la raison.

Face à l'hémorragie qui saigne cette organisation terroriste et aux échecs successifs qu'elle accumule, (24 pays ayant retiré leur reconnaissance de cette entité parasite depuis 2000, outre ceux qui ont gelé leur reconnaissance), la seule voie de salut qui lui reste est de se remettre en question, en saisissant l'heureuse opportunité offerte par le Maroc, à travers l'initiative visant à octroyer un statut de large autonomie aux provinces du Sud sous souveraineté marocaine, une solution ayant accueilli le soutien de la communauté internationale en vue de sortir de l'impasse ce conflit régional qui n'a que trop duré. Avec cette perspective, c'est tout une porte d'espoir qui s'ouvre pour mettre enfin un terme au calvaire qu'endurent depuis trois décennies les populations séquestrées des camps de Tindouf.



08 octobre 2008
المونسينيور جان عبود: الأعمال المرتكبة من طرف البوليساريو في مخيمات تندوف "جرائم ضد الإنسانية

اعتبر المونسينيور جان عبود، أمس الثلاثاء، الأعمال المرتكبة من طرف (البوليساريو) في مخيمات تندوف جنوب الجزائر بمثابة "جرائم ضد الإنسانية".


وأكد عبود، وهو أيضا حقوقي بلجيكي وخبير في القانون الجنائي الدولي في كلمة له أمام اللجنة الرابعة للجمعية العامة للأمم المتحدة، أنه "يتبين من خلال شهادات ومعلومات استقيتها بنفسي من الضحايا وأفراد عائلاتهم، ومن خلال صور حصلت عليها الجمعية التي أترأسها وتبرز آثار التعذيب على أجساد الضحايا، أن الأمر يتعلق بخروقات خطيرة لحقوق الإنسان توازي جرائم ضد الإنسانية، اقترفت من طرف أعضاء البوليساريو في الجنوب الجزائري".

وأضاف المونسينيور عبود أن "هذه الوقائع تستدعي التعجيل بإجراء تحقيق لتقديم المسؤولين عن هذه الجرائم أمام أنظار محكمة جنائية خاصة"، مشيرا إلى أن جرائم (البوليساريو) تتمثل في "أعمال بربرية تجسد التردي الأخلاقي لمرتكبيها واستهتارهم بالقيم الإنسانية العالمية ".

ويرى المونسينيور عبود أن هذه "الممارسات البربرية والحاطة من القيم والكرامة الإنسانية، تشكل خرقا بينا وفظيعا للعديد من المعاهدات الدولية المتعلقة بحقوق الإنسان والقانون الدولي الإنساني ".

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صحيفة الديار: ضحايا التعذيب البربري في سجون البوليساريو يخرجون عن صمتهم
بيروت - قالت صحيفة (الديار) اللبنانية، التي يرأس تحريرها الصحفي شارل أيوب، إن ضحايا التعذيب البربري في مخيمات تندوف في الجنوب الجزائري "خرجوا عن صمتهم وصرخوا بأعلى صوت ضد أعمال العنف والتعذيب التي تعرضوا لها، متهمين منظمة البوليساريو بما تعرضوا له وما يتعرض له الآلاف غيرهم، ومنددين بالجرائم ضد الإنسانية التي ارتكبتها ولا تزال".


وأوضحت الصحيفة، في مراسلة لها من بروكسيل تحت عنوان "جرائم ضد الإنسانية وانتهاكات، المفقودون بالآلاف والضحايا يخرجون عن صمتهم", أن المؤتمر الصحافي الذي عقد في (نادي الصحافة) بدعوة من منظمة (ميد أورو كاب)، سلط الضوء على "جرائم وحشية جرت ولا تزال" في مخيمات تندوف.

وأضافت الصحيفة أن الضحايا اختاروا بروكسيل لإطلاق صرختهم بالنظر لمركزها كعاصمة للإتحاد الأوروبي وكمركز للدفاع عن الحريات وحقوق الإنسان، خصوصا بعدما أعدوا العدة لإيصال ليس صوتهم فقط ، إنما شكواهم أيضا إلى أعلى مركز في الأمم المتحدة للإقتصاص من جلاديهم.

وتابعت الصحيفة اللبنانية إن ضحايا رووا كيف اقتيدوا إلى السجون والمعسكرات حيث "واجهوا التعذيب معصوبي العيون كي لا يتعرف واحدهم على الآخر، وكيف كانت أساليب التعذيب في غاية القسوة والهمجية لدرجة اقتطاع قطعة لحم من جسم إنسان سجين حي لطهوها على النار وإطعامه إياها أو تقديمها لعزيز عليه بين المساجين".

وذكرت بأن المونسينيور جان عبود طالب الرأي العام الدولي بتحويل نظره باتجاه هذه الوحشية والهمجية التي تتعارض وأبسط حقوق الإنسان، داعيا الحكومات والأحزاب والمنظمات إلى التوقف عن السكوت، ومشددا على ضرورة رفع الغطاء عن المجرمين.

وتابعت أن المونسينيور عبود وجه نداءً إلى الأمين العام للأمم المتحدة، بان كي مون، من أجل إرسال لجنة تحقيق دولية لتقصي الحقائق حول وحشية وهمجية البوليساريو وانتهاكاتها لحقوق الإنسان ولمقاضاة المسؤولين عنها وإنزال العقوبات بالمجرمين أمام إحدى المحاكم الدولية.

وتتضمن هذه الإنتهاكات الموثقة، تضيف الصحيفة، الخطف والإختفاء القسري والإعتقالات التعسفية وبين الإبادة الجماعية وأعمال التعذيب الجسدي والنفسي.

وذكرت (صحيفة الدياراللبنانية) التي نشرت صورة للمؤتمر وأخرى لملصق عن ضحايا التعذيب، أن العديد من الضحايا أبرزوا على هامش المؤتمر ما تعرضوا له من ضروب التعذيب، كما تحدثوا عن معاناتهم مع "زبانية ما يسمى بالبوليساريو، وبعضهم كان من عدادهم"، ووصفوا الوسائل الوحشية التي استخدمها هؤلاء في تعذيبهم.

وقالت إن المونسينيور جان عبود وعددا من هؤلاء الضحايا من المغرب وموريتانيا سيحضرون إلى لبنان، حيث سيعقدون مؤتمرا صحافيا، في الأسبوع المقبل في (نادي الصحافة) ببيروت, "كشهادة على الوحشية والهمجية التي لا تزال تمارسها العصابات والمنظمات الإرهابية من مثل البوليساريو حتى يومنا هذا".



جرائم بربرية ضد الإنسانية تقترفها عصابة البوليساريو

نواكشوط - قرر عدد كبير من ضحايا الاعتقال والتعذيب الموريتانيين في سجون " عصابة البوليساريو" في ندوة نظمت مساء اليوم الاثنين بنواكشوط رفع قضيتهم الى منظمات حقوق الانسان العالمية وإلى الرأي العام الدولي بما في ذلك منظمة الأمم المتحدة طلبا للعدالة والانصاف ورد الاعتبار.

واعتبر الضحايا الذين أمضوا عشرات السنين وكذا أقرباء المختفين منهم في مخيمات تندوف جنوب الجزائر الذين قدر عددهم خلال هذه الندوة بالمئات، أنه حان الوقت لتسليط الضوء وقطع الصمت المطبق عن جرائم التعذيب والتنكيل والخطف والاعتقال التي عاشها مواطنون موريتانيون.

وقد كانت وقائع هذه الندوة ، التي شارك فيها بالاضافة الى زعماء أحزاب ونقابات ومنظمات غير حكومية موريتانية،الراهب البلجيكي المونسينيور جون عبود وة ديلفين بورجوا رئيسة منظمة (ميد أورو كاب) وعمدة إحدى المقاطعات في بروكسيل، مليئة بالشهادات الفظيعة والمؤثرة التي تبين جسامة المعاناة التي عاشها أولائك المعتقلون الناجون من غياهب سجن الرشيد بمخيمات تندوف وما لقوه من أهوال التعذيب وجميع ألوان الاذلال المنتهك لحرمة الكرامة الانسانية.

وقد عاين الصحافيون والحضور علامات التعذيب على أجساد الضحايا، كما أجهش بعض الحاضرين بالبكاء بعد توصلهم خلال هذه الندوة ولأول مرة بخبر وفاة أحد ذويهم في سجون "البوليساريو" بفضل شهادات بعض الناجين من الاعتقال حيث أفاد بعضهم أن أفراد البوليساريو كانو يبتكرون و يتفننون في ألوان التعذيب لدرجة أن جلادي عصابة البوليساريو لم يترددو لحظة واحدة في ضرب و وضع أسلاك كهربائية مشحونة بالتيار الكهربائي مرتفع الشدة على مناطق حساسة من جسم الإنسان و خصوصا أعضائه التناسلية

واعتبر المونسينيور جون عبود أن ما اقترفه "البوليساريو" في سجونه بمخيمات تندوف يعد "جرائم حرب وجرائم بربرية ضد الانسانية ويتعين تشكيل محاكم دولية للقصاص من هؤلاء المجرمين" .

كما أعلن أنه بصدد إعداد التماس للامين العام للامم المتحدة لفتح ملف ضحايا التعذيب الموريتانيين في سجون "البوليساريو" ، مطالبا الرأي العام والسلطات الموريتانية بتبني هذا الملف الانساني أمام الهيئات الحقوقية الدولية.

ودعا الحضور إلى الوقوف دقيقة صمت "إجلالا وتقديرا لهؤلاء الذين أمضوا زهرة شبابهم في قبور جماعية مكبلي الارجل يعذبون ويقتلون من طرف مجرمين سفلة".

وخلص الراهب البلجيكي الى القول أن قضية الضحايا والمختفين إنسانية قبل أن تكون سياسية لهذا يتعين على السلطات الموريتانية تبنيها والتدخل لدى الجهات الدولية لرد الاعتبار لهؤلاء الضحايا.


Une association mauritanienne veut élucider le sort des Mauritaniens disparus dans les geôles du polisario



Nouakchott, 23/12/08- L'association mauritanienne "Fidélité aux droits de l'Homme" a annoncé placer en tête de ses priorités l'élucidation du sort des Mauritaniens disparus dans les geôles du polisario, sur le territoire algérien.
Dans un communiqué parvenu mardi à la MAP à Nouakchott, l'organisation précise qu'elle prend à son compte le suivi "des cas des Mauritaniens disparus dans les geôles du +front polisario+ qui se trouvent sur le territoire algérien", dans le but de faire toute la lumière sur leur sort.
Le président de l'association, Moussa Ould Moukhtar Ould Said, a indiqué que les actions que compte mener son organisation pour lever le voile sur cette affaire seront incessamment lancées.
Des associations mauritaniennes de défense des droits de l'Homme avaient indiqué que plusieurs citoyens mauritaniens sont portés disparus ou ont été torturés dans les camps de Lahmada où le polisario détient plusieurs Marocains en provenance de la région du Sahara.

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 11:12

Modifié le dimanche 18 janvier 2009 16:54