Amine Gemayel à Bruxelles

Amine Gemayel à Bruxelles
Monseigneur Jean ABBOUD et le Président Amin GEMAYEL le 16 février 2009 à Bruxelles



Amine Gemayel

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Amine Gemayel (أمين الجميل) (né en) a été président de la République libanaise de 1982 à 1988.
Né à Beyrouth, Gemayel est le fils de Pierre Gemayel, fondateur du parti Kataeb, les phalanges libanaises. Il appartient à une grande famille libanaise, les Gemayel.

Formation et premiers pas politiques

Après l'obtention de son diplôme en droit, Amine Gemayel a travaillé au renforcement et à l'extension des affaires de presse familiales. En 1970, grâce à une élection spéciale, il est élu pour succéder à son oncle décédé, Maurice Gemayel, comme membre de l'Assemblée nationale; il bat Fouad Lahoud par 54% des votes contre 41%. Il est réélu en 1972, au cours des dernières élections se déroulant avant les vingt années qui suivirent.

Tandis que son plus jeune frère Bachir était vu comme un politicien radical, pronant l'expulsion des combattants palestiniens du sol libanais, une révision radicale du système politique, et laissait entendre un règlement possible de paix avec Israël, Amine Gemayel était plus moderé. Politicien du consensus, il évite d'abord de s'aliéner les politiciens musulmans comme son frère. Quand Béchir Gemayel est assassiné, le choix d'Amine pour lui succéder est vu comme un choix naturel à la fois par ses partisans et par ses opposants musulmans.

La présidence de la République

La présidence s'avère cependant presque impossible à exercer à cause des armées étrangères qui occupent les deux tiers du pays (la Syrie dans le nord et l'est et Israël dans le sud) et les milices para-militaires qui occupent presque le reste du pays. Ses efforts pour aboutir à un accord de paix avec Israël sont contrariés par la Syrie et les politiciens musulmans. Son gouvernement se trouve dans l'incapacité de collecter les impôts à cause des milices qui contrôlent les ports des plus grandes villes et le collectent pour eux-mêmes. Il est critiqué pour ne pas prendre de décision renforçant l'autorité du gouvernement, mais ses partisans soulignent qu'il n'a eu aucune marge de man½uvre et qu'il a, au contraire, réussi à garder un semblant d'ordre constitutionnel.

Gemayel, dont le mandat arrive à terme le 23 septembre 1988, ne peut pas constitutionnellement se représenter. La Syrie, qui occupe toujours la majeure partie du Liban, insiste pour proposer Mikhael Daher, bien connu pour ses positions pro-syriennes, mais ce choix est impossible pour les politiciens chrétiens qui proposent soit Dany Chamoun, le fils de l'ancien président Camille Chamoun, ou le général Michel Aoun, le chef de l'armée. Mais Chamoun et Aoun sont tous deux inacceptables pour la Syrie et les politiciens musulmans du Liban. Une crise constitutionnelle se développe. Quinze minutes avant l'expiration de son mandat, Gemayel désigne Aoun au poste de premier ministre, celui-ci est censé prendre le rôle de président en cas de vacance du poste. Il agit ainsi pour préserver la tradition qui voulait que le président soit un chrétien maronite, mais par là même va à l'encontre de l'exigence d'avoir un premier ministre musulman sunnite. Les politiciens et les seigneurs de guerre musulmans refusent le gouvernement Aoun, et reconnaissent au contraire un gouvernement rival, mené par Salim El-Hoss.

L'exil et le retour dans la vie politique

Pour des raisons compréhensibles, Gemayel s'exile les douze années suivantes, vivant en Suisse, en France et aux États-Unis où il a été maître de conférence au département des affaires internationales de l'université de Harvard, ainsi qu'à l'université du Maryland. Après les accords de Taef, Il manifeste sa volonté de rentrer dans sa patrie mais le chef du renseignement militaire syrien au Liban, Gen Ghazi Kanaan, s'oppose à son retour. En 2000, pourtant, il retourne au Liban et s'inscrit dans l'opposition au président prosyrien Émile Lahoud. Battu dans ses tentatives pour regagner le contrôle du parti Kataëb, il fonda une nouvelle force politique, la "Base Kataëb" devenu "Mouvement Réformateur Kataëb" et se réclame comme le véritable successeur du vieux parti Kataëb fondé par Pierre Gemayel. Il a également rejoint le rassemblement de Kornet Chehwane, un groupe de politiciens chrétiens s'opposant au gouvernement, provenant de différents partis politiques. Son fils, Pierre Gemayel Jr a été élu au parlement en 2000 et en 2005 avant d'être assassiné le 21 novembre 2006. En 2005, après le retrait syrien, le parti Kataëb est réunifié et Gemayel est désigné Président de cette formation politique.

En 2003, Amine Gemayel a essayé d'agir en tant qu'intermédiaire entre le président américain George W. Bush et le dictateur irakien, Saddam Hussein. Bien que ses efforts pour éviter la guerre du Golfe qui s'en est suivie n'aient pas été couronnés de succès, ils ont alimenté les spéculations sur le fait qu'il puisse être candidat au poste de secrétaire général de l'ONU, à la fin du mandat de Kofi Annan.

Fin juillet 2007, Amine Gemayel annonce sa candidature à l'élection législative partielle pour remplir le siège maronite du Metn laissé vacant suite à l'assassinat de son fils Pierre. Une campagne acharnée est alors lancée, dans laquelle Gemayel (soutenu par l'Alliance du 14 Mars) affronte Camille Khoury, le candidat du Courant Patriotique Libre soutenu par le Général Michel Aoun, l'ancien vice-Premier ministre Michel Murr, le parti arménien Dashnak (Tachnag) et les partis pro-syriens. Les élections se tiennent le 5 août 2007. Au final, Gemayel est battu par 418 voix d'écart sur près de 79000 votants.

Lors du 72ème anniversaire du Parti Kataeb (novembre 2008), Amine Gemayel a continué de demander que le Hezbollah remette ses armes à l'Etat puisque ils disent qu'ils ont retiré leurs armes des rues, mais c'est seulement pour les cacher dans les cages d'escalier1.

Vie familiale

Gemayel est marié depuis décembre 1967 avec Joyce Tyan, avec qui il a eu une fille Nicole, et deux fils Pierre Gemayel Jr, assassiné le 21 novembre 2006 et Samy, fondateur du courant politique Loubnanouna, et qui a intégré le parti des phalanges après l'assassinat de son frère.

Bibliographie

• Amine Gemayel, L'offense et le pardon, Paris, Gallimard, coll. "Lieu Commun", 1988.
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# Posté le mardi 17 février 2009 10:42

Modifié le mardi 17 février 2009 11:31

DIVORCE ET REMARIAGE

DIVORCE ET REMARIAGE






> DIVORCE ET REMARIAGE
> Bien que Dieu ait institué le mariage pour qu'il soit une union durable entre un homme et une femme que seule la mort est appelée à séparer, le divorce semble avoir toujours existé, y compris dans les civilisations les plus lointaines, quoique les droits du mari et de la femme n'aient pas toujours été les mêmes. Ce qui est plus grave, c'est que jamais la courbe des divorces n'a été aussi forte que de nos jours. Un mariage sur trois débouche sur un divorce dans la France d'aujourd'hui, et deux mariages sur trois dans les grandes villes et plus particulièrement en région parisienne. A quoi il faut ajouter le nombre difficile à vérifier, mais certainement élevé d'unions libres se terminant par une rupture que le droit ne qualifie pas de divorce et qui n'est donc pas comptabilisé comme tel dans les statistiques, mais dont le résultat est le même. C'est du reste pour échapper aux tracasseries d'un divorce que tant de couples se constituent sous l'étiquette « union libre » ou « concubinage » 38. Tracasseries administra-tives et judiciaires, car la séparation est toujours rupture, une rupture douloureuse, qu'il y ait mariage ou non. Soutenir le contraire, c'est se leurrer.
• Quelles sont à votre avis, et classées dans un ordre décroissant d'importance, les causes principales de divorce dans la société actuelle ?
> 1)

> 2)

> 3)

> 4)

> 5)

> L'Eglise a la difficile mission d'annoncer la Loi et l'Evangile à ceux qui font l'expérience de crises conjugales. Elle doit le faire en se souvenant que la volonté d'accomplir les commandements de Dieu naît non pas de la Loi, mais de l'Evangile du pardon. Elle doit se souvenir également que le Christ qui dénonce et condamne le divorce est le même que celui qui a porté sur la croix et expié tous les péchés du monde, y compris ceux qui brisent une union et provoquent l'échec d'un mariage. Enfin, il est le Seigneur qui donne des directives spéciales à ceux qui désirent soumettre leur vie tout entière, et donc aussi leur mariage à la volonté de leur Créateur.
>
> I. Divorce et remariage dans l'Ancien Testament :
> Toute approche chrétienne du problème du divorce et du remariage doit commencer là où elle commençait pour le Christ, avec l'institution du mariage. L'Eglise n'a pas à dresser la double liste des causes légitimes du divorce et de celles qui ne le sont pas, mais doit affirmer l'origine et l'institution divines du mariage, son essence et les obligations qui en résultent. A ceux qui lui demandent si un homme peut légitimement répudier sa femme, Jésus-Christ rappelle que Dieu créa au commencement l'homme et la femme et les unit par le lien du mariage (Matthieu 19:1-6 a).
• Quelle est la conclusion que le Christ en tire dans Matthieu 19:6b ?

> Le récit de la création d'Adam et d'Eve (Genèse 1:26.27; 2:18-24) nous enseigne d'où vient le mariage et constitue en même temps le fondement pour les exigences morales dont Dieu l'entoure.
> 1. L'institution du mariage :
> Il n'était pas bon que l'homme soit seul. Dieu lui fit donc une compagne chargée de partager sa vie. L'expression « aide semblable à lui » 39 affirme qu'il créa l'homme de telle façon qu'il avait besoin d'un partenaire non seulement pour procréer, mais aussi pour connaître épanouissement et bonheur dans le sens le plus large des termes, sur les plans physique, psychique et affectif. Le texte suivant, plein de sagesse, est particulièrement vrai pour le mariage : « Deux valent mieux qu'un... Car s'ils tombent, l'un relève son compagnon, mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! » 40. Quand Dieu conduisit auprès d'Adam la femme dont il lui faisait cadeau, celui-ci reconnut qu'elle était la compagne dont il avait besoin en disant : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair. On l'appellera femme parce qu'elle a été prise de l'homme » 41. Dieu avait dit de lui : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul. Je lui ferai une aide semblable à lui » 42. Littéralement : « Je lui ferai une aide comme son vis-à-vis ». La femme est le vis-à-vis de l'homme, l'aide dans laquelle, dès qu'il la voit, il se reconnaît lui-même. Elle est le miroir dans lequel l'homme apprend à se connaître. L'inverse est vrai aussi. Les époux se découvrent et se reconnaissent l'un dans l'autre. Trouvant sa véritable identité dans l'autre, l'homme trouve aussi chez lui son vrai bonheur. Répudier son partenaire, se détourner de lui, divorcer revient donc, pour un mari ou une femme, à refuser d'accepter avec gratitude et d'honorer le don que Dieu lui a fait pour mettre fin à sa solitude et lui permettre de se découvrir lui-même et de trouver le bonheur.
> « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ». Cette expression qui désigne en principe la consanguinité ou la parenté biologique, affirme ici l'unité profonde, totale qui existe entre mari et femme. En hébreu, le mot « chair » dénote non pas le côté matériel de l'être humain, mais l'homme tout entier, sous tous les aspects de sa personnalité, dans ses dimensions physique et psychique. L'homme n'unit pas une partie de lui-même à une partie de sa femme, mais s'unit tout entier à elle tout entière. Voilà pourquoi il s'unit à celle qui est « chair de sa chair » pour constituer non pas deux chairs, mais une seule : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » 43. En instituant le mariage, Dieu n'avait en rien prévu le divorce. Celui-ci n'était pas dans son plan. Le mariage, oeuvre parfaite du Créateur, avait été conçu par lui comme indissoluble. Le lien conjugal ne pouvait être selon sa volonté qu'inaliénable.
> 2. L'essence du mariage :
> « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». Entrer dans le mariage, c'est entrer dans une entité voulue et instituée par Dieu. En cela, il diffère de tous les types de cohabitation, d'association et d'union mis en place par les hommes pour s'entraider, affronter plus efficacement les problèmes de l'existence ou mettre en commun la poursuite d'un idéal, leurs joies, leurs peines et leurs espoirs. Tous ces regroupements sont créés d'un commun accord ; ils ont pour fondement le consentement mutuel et peuvent être dissous à tout moment. Il n'en est pas ainsi du mariage. Certes, il repose lui aussi sur le consentement mutuel, mais il est beaucoup plus qu'une libre association à laquelle on peut à tout moment mettre un terme d'un commun accord. Il est une union mise en place par Dieu, qu'il veut permanente et dans le cadre de laquelle il exige la soumission à sa volonté.
> Toutefois, le mariage, pour être légitime, doit reposer sur le consentement mutuel. C'est ce qui ressort de la description qui en est faite : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». Tous les verbes utilisés ont l'homme pour sujet, et ce qui est vrai de l'homme l'est aussi de la femme. Il s'agit d'une démarche faite librement, sans aucune contrainte. Cela dit, ce consentement mutuel peut s'exprimer d'une culture à l'autre de diverses façons.
• Donnez une définition succincte, mais aussi complète que possible du mariage en précisant en quoi il diffère de l'union libre :




> « Il s'attachera à sa femme ». Le verbe traduit par « s'attacher » appelle une explication. Il signifie littéralement « coller », comme la peau colle aux os ou la langue au palais 44. Mais il désigne aussi l'affection, l'attachement du c ur 45. Qui plus est, c'est un terme d'alliance. Il exprime l'affection, la fidélité et loyauté avec lesquelles Israël doit s'attacher à son Dieu qui l'a délivré de l'esclavage en Egypte et a conclu avec lui une alliance 46. C'est pourquoi aussi, Dieu n'hésite pas à se dire jaloux comme l'est un mari qui n'accepte pas que sa femme lui soit infidèle. L'alliance conclue par Dieu avec Israël est une alliance durable, car Dieu ne ment pas. Elle garantit à son peuple un amour éternel. Le mariage, de même, revêt un caractère permanent. Dieu n'a jamais dit à son peuple : « Je te serai fidèle aussi longtemps que je t'aimerai », mais : « Je t'aime d'un amour éternel, c'est pourquoi je te serai fidèle ». Et il attend de son peuple la même chose. C'est pourquoi un mariage qui repose sur le contrat suivant : « Nous nous serons fidèles et vivrons ensemble aussi longtemps que nous nous aimerons, et le jour où nous ne nous aimerons plus, nous nous quitterons d'un consentement mutuel » n'est pas conforme à l'institution du Seigneur. La plupart des divorces ont sans doute lieu, pour reprendre une expression consacrée, pour « incompatibilité d'humeur », ce qui signifie inversement que les mariages contractés l'ont été pour des raisons de « compatibilité ». Mais quand la compatibilité supplante la fidélité promise et que les intérêts, l'épanouissement et le bonheur égoïstes de l'individu se substituent à l'engagement pris de veiller au bonheur de son partenaire, le mariage est édifié sur de mauvaises bases et le divorce à portée de main. Il risque de n'être qu'une affaire de temps.
> « Ils seront une seule chair ». Jésus précise : « Les deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair » 47. Deux entités cessent d'être distinctes l'une de l'autre pour devenir une entité unique et nouvelle. Ce lien est tellement fort qu'il ne peut être rompu sans gravement léser le partenaire. L'union des animaux est appelée « accouplement ». En s'unissant, ils forment un « couple ». Ils sont donc deux et le restent. Homme et femme, au contraire, deviennent un dans le mariage, et lorsque ce mariage est consommé par l'acte charnel, il se passe quelque chose qui va au-delà de l'union physique pour englober l'homme et la femme tout entiers. Les relations sexuelles entre un homme et une femme sont toujours l'expression de cette union. C'est vrai même du commerce avec une prostituée, comme l'affirme l'apôtre Paul 48. Un homme ne peut jamais, même s'il soutient le contraire, coucher avec une femme comme un chien s'accouple avec une chienne ou un coq avec une poule. Dieu a créé l'homme et la femme et a institué le mariage de telle sorte que l'union sexuelle est beaucoup plus que la satisfaction d'un instinct et l'assouvissement d'un besoin physique. En s'unissant physiquement à une femme on ne s'unit pas à un corps féminin, mais à un être qui a, certes, un corps, mais qui est beaucoup plus qu'un corps.
• Que fait, selon Ephésiens 5:28, l'homme qui aime sa femme ?

> L'apôtre Paul demande aux maris d'aimer leur femme comme Christ a aimé son Eglise et s'est livré lui-même pour elle 49. Une union conjugale qui n'est pas faite d'amour et de fidélité n'est en rien le reflet de l'union entre le Christ et son Eglise. Elle n'est donc pas conforme à la volonté de Dieu. Le mariage institué par Dieu est tel qu'il ne tolère pas l'intrusion d'une tierce personne.
> 3. Divorce et remariage :
> L'union permanente de l'homme et de sa femme dans le mariage est la règle normative de l'Ancien Testament 50. C'est, comme Jésus l'affirme, ce que Dieu a voulu en instituant le mariage et ce qu'il a constamment prescrit par les prophètes. Le divorce est perçu comme une réalité du monde déchu. Il est légalement possible, même en Israël, mais cela ne signifie en rien qu'il soit licite : «Lorsqu'un homme aura pris et épousé une femme qui viendrait à ne pas trouver grâce à ses yeux, parce qu'il a découvert en elle quelque chose de honteux, il écrira pour elle une lettre de divorce et, après la lui avoir remise en main, il la renverra de sa maison. Elle sortira de chez elle, s'en ira et pourra devenir la femme d'un autre homme. Si ce dernier homme la prend en aversion, écrit pour elle une lettre de divorce et, après la lui avoir remise en main, la renvoie de sa maison ; ou bien, si ce dernier homme qui l'a prise pour femme vient à mourir, alors le premier mari qui l'avait renvoyée ne pourra pas la reprendre pour femme après qu'elle a été souillée, car c'est une abomination devant l'Eternel et tu ne chargeras point de péché le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne en héritage » 51. Ce texte invoqué par les pharisiens 52 en faveur du divorce ne l'autorise pas. Moïse n'y institue pas le divorce, mais en parle comme d'une réalité connue. Il n'entend nullement l'approuver, mais énonce une disposition . Il se contente de préciser ce qui n'est pas possible en cas de rupture : la femme répudiée ne peut pas, après la mort de son deuxième mari, revenir à son premier époux 53. Si le prophète Moïse ne pouvait approuver le divorce, l'homme d'Etat qu'il était en même temps ne pouvait pas l'empêcher. Les clauses énoncées dans Deutéronome 24:1-4 l'ont été « à cause de la dureté de votre coeur », précise le Christ 54. Moïse se contenta donc de légiférer pour limiter, sur le plan social, le mal commis 55. Ce qu'une loi ne parvient pas à empêcher, elle s'efforce de le contrôler.
> L'enseignement de l'Ancien Testament est clair : il affirme la sainteté et l'inviolabilité du mariage et condamne comme adultère tout ce qui constitue une rupture de ce lien divinement institué. La Loi et les prophètes sont très clairs à ce sujet et utilisent des termes sévères pour dénoncer l'adultère, allant jusqu'à prescrire la peine de mort pour le coupable 56. Il n'est pas sûr cependant qu'elle ait jamais été appliquée. Les prophètes assimilent l'infidélité d'Israël envers son Dieu à l'adultère commis par la femme infidèle à son époux 57.
• Malachie 2:16 :


> Du fait que le mariage génère quelque chose qui n'existait pas auparavant, une union unique en son genre, le divorce est par définition une aberration. Le mariage est l'oeuvre de Dieu. C'est pourquoi, il existe chez les époux chrétiens non seulement un lien horizontal qui les unit entre eux, mais aussi un lien vertical : l'engagement qu'ils ont pris devant Dieu de s'aimer et de s'être fidèles jusqu'à ce que la mort les sépare. Aussi le meilleur garant de la permanence du mariage est-il la crainte et l'amour de Dieu et le respect de sa volonté. La fidélité conjugale du chrétien se fonde sur sa fidélité à Dieu et va de pair avec elle.
>
> II. L'enseignement de Jésus-Christ :
> 1. Jésus-Christ et l'enseignement de l'Ancien Testament :
> Jésus fut appelé à se prononcer sur le divorce et le remariage par les pharisiens qui, perdant de vue le récit de l'institution du mariage dans Genèse 1 et 2, divergeaient dans leur interprétation du texte de Deutéronome 24 où Moïse prescrit au mari qui répudie sa femme de lui donner une lettre de divorce pour qu'elle puisse se remarier, et interdit à celle-ci de retourner auprès de son premier mari en cas de décès du deuxième. C'est dans ce cadre, ainsi que dans son Sermon sur la montagne, qu'il fut amené à s'exprimer sur la signification du sixième Commandement et sur les implications de l'institution divine du mariage 58.
> a) Le sixième Commandement : Dans le Sermon sur la montagne, le Christ explique que la sainteté du mariage exige non seulement une fidélité extérieure à son conjoint, et donc le renoncement à des relations sexuelles avec tout autre partenaire, mais aussi la fidélité du coeur. Il affirme : « Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras point d'adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur » 59.
> Le lien du mariage est un lien sacré, absolu et, selon la volonté de Dieu, indissoluble. C'est dans le coeur qu'il est préservé ou rompu. L'homme est appelé à renoncer à tout ce qui pourrait porter atteinte à sa sainteté. Il doit maîtriser ou s'arracher l'oeil qui lui fait désirer une autre femme que la sienne, maîtriser ou retrancher la main qui veut s'emparer de ce que son oeil convoite. C'est une façon impressionnante d'affirmer qu'il doit à tout prix lutter contre le mal en son coeur qui déshonore et menace le mariage institué par Dieu et qui le lie à son conjoint. Telle est la révélation divine concernant le mariage. Elle s'oppose diamétralement à toute tentative faite par les hommes de résoudre leurs problèmes conjugaux en modifiant et modelant la Loi selon les aspirations de leur coeur corrompu. Les docteurs de la Loi qui interrogèrent Jésus à ce sujet tentaient, par leur interprétation de textes tels que Deutéronome 24:1-4, de légiférer de manière à légitimer et sanctionner la transgression du Comman-dement divin. La législation actuelle sur le divorce fait de même, suscitant partout, et de plus en plus aussi parmi les membres des Eglises, le sentiment que ce qui est permis par le code civil de nos sociétés l'est de ce fait aussi par Dieu. Le sixième Commandement et le dixième qui interdit de convoiter la femme de son prochain sont transgressés par l'adultère consommé avec un autre partenaire aussi bien que par l'adultère du coeur. Car l'adultère existe aussi dans le coeur et dans les yeux. En toutes choses et donc aussi dans le mariage, la sainte volonté de Dieu couvre l'existence humaine dans son ensemble, ses gestes et actes, ses paroles et les pensées de son coeur. Rien n'échappe à la juridiction du Créateur du ciel et de la terre.
• Quel est l'enseignement de l'apôtre Paul dans Romains 7:7.8 ?


> b) Genèse 1 et 2 et l'institution du mariage : Jésus fonda son enseignement concernant le divorce et le remariage non seulement sur le sixième Commandement interdisant l'adultère, mais aussi sur le caractère indissoluble du mariage institué par Dieu 60. Les pharisiens lui demandèrent s'il était permis de répudier sa femme. Sans doute voulaient-ils l'entraîner dans une question de casuistique, une querelle de rabbins, pour savoir où il se situait par rapport aux écoles fondée par Shammaï et Hillel, deux grands docteurs de la Loi du I siècle av. J.-C. Se fondant sur l'expression « il a découvert en elle quelque chose de honteux » 61, les disciples de Shammaï, suivant en cela l'exemple de leur maître, affirmaient que seule l'infidélité avérée était une cause légitime de divorce, tandis que ceux de Hillel soutenaient qu'on pouvait divorcer pour bien d'autres raisons encore, tel qu'un plat brûlé 62. Rabbi Akiba (50- 135) allait jusqu'à affirmer que le fait de trouver une autre femme plus belle et plus désirable que son épouse justifiait le divorce63. Une chose était certaine pour les pharisiens : le droit au divorce existait, puisque le grand Moïse avait légiféré à ce sujet. La seule incertitude concernait les cas où le mariage pouvait être dissous. Au temps du Christ, il n'existait pratiquement pas de mariage dans le peuple d'Israël qu'un mari ne pouvait pas dissoudre de la façon la plus légale du monde en remettant à son épouse une lettre de divorce. On pouvait effectivement divorcer « pour un motif quelconque » 64.
> Comment réagit le Christ? Prit-il position en faveur d'une interprétation stricte de Deutéronome 24:1-4 ou milita-t-il pour une interprétation plus libérale? Ni l'un ni l'autre. Sachant que les pharisiens allaient l'aborder sur ce terrain, il se détourna de Deutéronome 24 et réaffirma, en se fondant sur Genèse 1:27 et 2:24, la volonté première de Dieu, manifestée dans l'institution du mariage, que mari et femme n'ont pas le droit de séparer ce que le Seigneur a uni, que le lien du mariage est par définition indissoluble 65. Les pharisiens étaient convaincus que la clause de Deutéronome 24 concernant la lettre de divorce était un complément ajouté par Dieu à l'institution du mariage révélant qu'il approuvait ou du moins tolérait le divorce dans des circonstances qu'il fallait tout simplement préciser. Le Christ dénonça ce raisonnement en affirmant que Deutéronome 24 ne vient pas compléter Genèse 1 et 2, mais que Moïse fut obligé, en raison de la dureté de coeur des Israélites, non pas d'approuver le divorce, mais de le contrôler, d'en définir les clauses pour en limiter les dégâts. Il prescrivit donc au mari qui répudie sa femme de lui remettre une lettre de divorce et lui interdit de la reprendre pour épouse après qu'elle aura contracté un nouveau mariage. C'était une façon d'affirmer clairement qu'on ne joue pas avec le mariage institué par Dieu, qu'un mari ne doit pas renvoyer et reprendre sa femme comme bon lui semble, que ce lien est sacré et qu'on n'a pas le droit de le profaner. Il s'agissait tout simplement de mettre un frein à la légèreté avec laquelle on contractait et annulait des mariages.
> Deutéronome 24:1-4 aurait été inutile si le peuple de Dieu s'était toujours conformé à la volonté de Dieu manifestée dans l'institution du mariage. Nos gouvernements n'auraient pas davantage besoin d'une législation sur le divorce si le péché n'avait pas fait son entrée dans le monde, affectant tous les domaines de l'existence humaine, et tout particulièrement le sexe et mariage et les relations entre les époux. Il existe d'innombrables couples souffrant d'une incompatibilité telle qu'elle engendre la haine et souvent, du côté du plus fort, la violence et la maltraitance. Dans ce cas, le divorce ou la séparation est le moindre mal et certainement préférable à un calvaire permanent pouvant entraîner de très graves troubles psychiques dont la seule issue parfois est le meurtre ou le suicide. Au lieu de déplorer la dureté et la corruption du coeur humain à cause desquelles le législateur ne peut pas empêcher le divorce, mais doit le tolérer dans certaines limites, les interlocuteurs du Christ saluaient avec joie ces dispositions légales, comme beaucoup de membres de l'Eglise, au lieu d'écouter la Parole de Dieu qu'on leur enseigne, recourent aux dispositions du code civil pour régler leurs problèmes conjugaux.
> Le Christ rappelle donc de façon radicale la volonté première de Dieu et affirme que le mariage est indissoluble : « Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a joint ! » C'est la seule attitude conforme à la volonté du Créateur. Il n'y en a pas d'autre. Rompre le lien du mariage, c'est commettre un grave péché. Un péché dont il faut se repentir et que Dieu est prêt à pardonner à ceux qui le lui demandent d'un coeur humble et croyant. L'enseignement du Christ fondé sur Genèse 1 et 2 est normatif pour les chrétiens jusqu'à la fin des temps.
> 2. L'enseignement de Jésus sur le divorce et le remariage :
> A part cette controverse avec les pharisiens, Jésus a encore pris position ici et là sur le divorce et le remariage. Dans les textes en question, il s'exprime de différentes façons. Cependant, loin de se contredire, ceux-ci se complètent. Nous allons les analyser brièvement l'un après l'autre.
> a) Matthieu 5:31.32 : « Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis que quiconque répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère ». Première constatation : la répudiation ou le divorce est contraire à la volonté de Dieu, qu'il soit suivi ou non d'un nouveau mariage. Répudier sa femme, c'est lui causer un grave tort, faire d'elle une victime. Jésus utilise un verbe que la plupart des traductions 66 rendent de la façon suivante : « l'expose à devenir adultère ». Cette traduction n'est pas satisfaisante. On comprend mal comment une femme qui subit une répudiation peut devenir coupable d'adultère. La Bible en Français Courant, quant à elle, rend le verbe grec comme s'il s'agissait d'un actif : « Lui fait commettre adultère si elle se remarie ». La répudiation par son mari place l'épouse dans une situation où elle a la possibilité de contracter un nouveau mariage, ce qui lui ferait commettre un adultère. Cette traduction est encore davantage contestable. Elle fait en effet du remariage et non de la répudiation même l'objet du délit. C'est le remariage et non le divorce qui constitue dès lors l'adultère. Le Christ, en fait, utilise un passif67 qu'on pourrait traduire de la façon suivante : « la fait (passer pour) adultère ». Adultère non pas dans la réalité, puisqu'elle subit la répudiation et n'en est donc pas responsable, mais adultère aux yeux de la société. Jésus s'en prend au mari, acteur du divorce, et non à sa femme qui en est la victime. Le fait d'avoir été répudiée par son mari la fait passer pour une épouse infidèle, légitimement chassée par lui. C'est un statut qui lui est imposé par le péché d'un autre, celui de son conjoint.
> Qu'en est-il de la clause d'exception, de l'expression « sauf pour cause d'infidélité », seul cas qui légitime un divorce dans l'opinion du Christ? 68 Le mot traduit par « infidélité » est le terme grec « porneia » 69 qu'on retrouve dans certains mots français. De quoi s'agit-il? C'est un terme générique, au sens large, qui désigne dans la Bible tout rapport sexuel illicite, dans ou en dehors du mariage, alors que le mot « adultère » 70 dénote les relations sexuelles qui brisent le lien du mariage, l'infidélité conjugale 71. La clause du Christ autorise donc le divorce en cas de relations sexuelles extra- conjugales, c'est-à-dire d'infidélité. Dans ce cas-là, l'épouse répudiée ne risque pas de passer innocemment pour adultère, puisqu'elle aura personnellement commis ce péché. Le lien du mariage est effectivement rompu par l'adultère et, par ailleurs, aucun tort n'est fait à l'épouse coupable. Le divorce est donc autorisé, ce qui ne veut pas dire qu'il soit prescrit ! Le Christ ne défend pas la cause de ceux qui bafouent la volonté et méprisent la bonté de Dieu. De même, il n'interdit pas à l'innocent qui a subi un divorce de se remarier. Voilà qui doit inciter l'Eglise à juger avec prudence et à ne pas imposer aux innocents des fardeaux inutilement lourds 72.
> Jésus ajoute : « Celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère ». Une lecture un peu rapide de ce texte semble interdire le remariage de quelque femme divorcée que ce soit, même de celle qui a été répudiée quoique innocente. Cependant, le Christ dit bien : « celui qui épouse une femme répudiée » et utilise l'article indéfini. Il ne vise donc pas la femme dont il vient de parler, celle qui a été injustement répudiée. Nous en concluons qu'il s'exprime d'une façon générale et songe aux innombrables femmes juives injustement répudiées par leurs maris.
> b) Matthieu 19:9 : « Je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère ». Dans ce texte, Jésus relie plus nettement que dans le précédent le divorce et le remariage. Il évoque clairement le cas de celui qui répudie sa femme dans le dessein bien arrêté d'en épouser une autre. Le divorce est un acte coupable s'il n'a pas pour mobile l'infidélité du conjoint. Mais le remariage constitue lui aussi une transgression de la volonté de Dieu. Matthieu 5:31.32 enseignait qu'en répudiant sa femme on l'exposait à devenir adultère, la condamnait à passer aux yeux du public pour une femme infidèle à son mari. Matthieu 19:9 enseigne de son côté que celui qui commet un tel acte est lui-même coupable d'adultère. Inversement, il est permis de conclure de la clause de l'infidélité mentionnée dans le texte que le conjoint fidèle et innocent a, sans commettre d'adultère, la possibilité de divorcer et de contracter un nouveau mariage. Cependant, ce n'est pas sur le caractère licite d'un divorce et d'un remariage que le Christ met l'accent, mais sur le fait que l'infidélité du conjoint constitue la seule exception à la règle énoncée.
> c) Marc 10:11.12 : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard, et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ». C'est ce que le Christ dit aux disciples qui lui posaient quelques questions subsidiaires après la controverse avec les pharisiens dont il a déjà été question ci-dessus, dans Matthieu 19. Sans doute avaient-ils encore besoin de quelques éclaircissements sur le lien entre l'intention première du mariage exprimée dans le récit de la création (Genèse 1 et 2) et la règle énoncée par la suite, dans Deutéronome 24:1-4. Dans sa réponse, Jésus corrige sur deux points la « tradition des hommes » véhiculée par les docteurs de la loi et les pharisiens. Les juifs de son temps étaient convaincus qu'en répudiant sa femme, un homme pouvait commettre adultère à l'encontre d'un autre homme dans l'hypothèse où il séduirait sa femme, et qu'une femme pouvait commettre adultère à l'encontre de son mari. Mais un mari, pensait-on, ne pouvait pas se rendre coupable d'adultère envers sa femme. En déclarant que celui qui répudie sa femme et en épouse une autre « commet un adultère à son égard », Jésus met un terme à cette immunité masculine octroyée à l'homme en matière d'adultère. D'autre part, ce qui est vrai du mari l'est aussi de sa femme. La responsabilité et la culpabilité sont les mêmes de part et d'autre. Le Seigneur est formel : le mariage est sacré et doit demeurer intact. Le lien conjugal est indissoluble et ne peut être rompu. Tel doit être l'enseignement de l'Eglise à une époque où le mariage passe de plus en plus pour une sorte de « contrat » valable aussi longtemps que « cela marche » et qu'on peut dissoudre quand on ne s'aime plus et qu'on n'a plus envie de vivre ensemble. Martin Luther écrit dans le Grand Catéchisme : « Dieu honore et glorifie cet état en ce que, à la fois, il le confirme et le garantit par son commandement... C'est la raison pour laquelle il veut que nous l'honorions, l'adoptions et le cultivions, nous aussi, comme un état divin et bienheureux, puisqu'il l'a institué en premier, avant tous les autres » 73.
> d) Luc 16:18 : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère ». Chez Luc, l'interdiction du divorce vient illustrer le principe qu' « il est plus facile que le ciel et la terre passent qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber » 74. Dans leur légalisme et leur formalisme, les pharisiens et les scribes s'attachaient servilement à la lettre de la Loi, mais en ignoraient totalement l'esprit. Ils étaient prêts à s'autoriser le divorce et à l'autoriser aux autres pourvu que leur interprétation de la lettre de la Loi le leur permette. En se donnant ainsi et en donnant à autrui une bonne conscience, ils transgressaient allègrement la Loi de Dieu et profanaient le lien sacré du mariage. L'enseignement du Christ est clair et se tient à l'écart de toute casuistique, n'évoquant pas plus chez Luc que dans Marc 10:11.12 le cas de l'infidélité : divorce et remariage sont contraires à la volonté de Dieu parce que contraires à l'essence même du mariage.
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> III. L'enseignement de l'apôtre Paul :
> L'annonce de l'Evangile dans le monde païen et l'établissement de l'Eglise en terre païenne soulevèrent des questions qui ne trouvaient pas de réponse directe dans l'enseignement de Jésus. Par exemple, le problème des mariages mixtes. Il existe dans l'oeuvre de l'apôtre Paul des textes très importants et très beaux sur le mariage, l'amour, la fidélité et les autres devoirs des époux. C'est dans 1 Corinthiens 7:10-16 qu'il s'exprime sur le divorce et le remariage : « A ceux qui sont mariés j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme en se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu'elle demeure sans se marier ou qu'elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis : Si un frère a une femme non-croyante et qu'elle consente à habiter avec lui, qu'il ne la répudie point ; et si une femme a un mari non-croyant et qu'il consente à habiter avec elle, qu'elle ne répudie point son mari. Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. Si le non-croyant se sépare, qu'il se sépare ; le frère ou la soeur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix. Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? »
• Dans ce texte, l'apôtre Paul affirme que « la femme non-croyante est sanctifiée par le mari ». Essayez d'expliquer avec vos propres mots ce que cela signifie à votre avis :





> Dans le premier verset du chapitre, l'apôtre signale son intention de répondre à des questions qu'on lui a posées sur le divorce et le remariage. Nous ne pouvons rien dire de précis sur le contexte qui les a fait surgir, mais deux choses semblent évidentes : l'existence d'un courant ascétique qui avait tendance à déprécier le mariage et à recommander l'abstinence voire la séparation définitive, et par ailleurs le sentiment que l'union avec un conjoint non-croyant souillait d'une façon ou d'une autre le partenaire croyant. Paul fait deux choses dans le texte que nous venons de lire : Revêtu de son autorité apostolique, il interdit au nom du Christ le divorce. Cette interdiction va dans les deux sens. Elle concerne aussi bien la femme que le mari. Si, par contre, la séparation a déjà eu lieu ou devait se produire, Paul rappelle la volonté du Seigneur que les conjoints renoncent à un nouveau mariage ou qu'ils se réconcilient. Il ne parle ni d'impudicité ni de désertion du domicile conjugal, car il a affaire à des chrétiens qui ne commettent pas ce genre de péché. Il se contente de leur rappeler que, selon l'enseignement du Seigneur, le lien du mariage est sacré et ne doit pas être rompu. Quant aux mariages mixtes, le Christ ne s'est pas exprimé à ce sujet, mais de son enseignement sur l'indissolubilité du mariage, Paul tire la conclusion légitime qu'un chrétien ne doit pas se séparer de son conjoint non-croyant si celui-ci consent à cohabiter avec lui. L'union avec un incroyant ne souille pas le conjoint croyant et le mariage mixte est un vrai mariage devant Dieu. Loin de souiller le conjoint croyant, le mariage « sanctifie » le partenaire incroyant et les enfants issus d'une telle union.
> Qu'est-ce que cela veut dire? Il est certainement faux d'admettre que, dans l'opinion de l'apôtre Paul, le conjoint croyant sauve son partenaire incroyant en croyant à sa place. Une telle affirmation est diamétralement opposée à l'enseignement de la Bible selon lequel on est sauvé par sa foi personnelle et non celle d'autrui. Il n'existe pas de foi substitutive. « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » 75. Dans l'esprit de l'apôtre Paul, le verbe traduit par « sanctifier » n'implique pas le salut, salut dont il est question dans le V.16 où l'apôtre pose la question : « Que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? » Ce que veut dire saint Paul, c'est qu'en vivant avec un conjoint croyant, le partenaire incroyant si situe dans une sorte de « sphère de sainteté ». Il cohabite avec quelqu'un qui est pour lui une source de bénédictions par ses prières, ses intercessions, son témoignage, sa piété, la sainteté de sa conduite. Ce n'est pas l'incroyant qui souille son conjoint croyant, mais le croyant qui « sanctifie » son conjoint incrédule. Ce dernier vit sous un toit béni où brille la lumière de l'Evangile, où retentissent prières et louanges et où le Saint-Esprit est à l'action. Tout cela peut se révéler bénéfique pour le partenaire incroyant, ouvrir son coeur à l'Evangile et le placer ainsi sur le chemin de la repentance et de la foi. L'apôtre Pierre n'écrit-il pas : « Femmes, soyez de même soumises à votre mari, afin que si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leur femme, en voyant votre manière de vivre chaste et respectueuse » 76 ? Et Jésus n'a-t-il pas dit d'une façon générale : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres et qu'ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » 77 ?
> Si, par contre, l'incroyant répudie son conjoint croyant, « le frère ou la soeur ne sont pas liés dans ces cas-là ». Qu'est-ce que cela veut dire, en cas d'abandon définitif du domicile conjugal de la part de l'incroyant? Le conjoint croyant peut-il solliciter le divorce et donc se remarier? Que veut dire l'expression « ne pas être lié »? Les avis des commentateurs divergent. Certains pensent que l'apôtre Paul libère du lien conjugal celui qui a été abandonné par son conjoint incroyant et l'autorise ainsi à se remarier. D'autres estiment qu'il le libère seulement de l'obligation de rétablir le lien rompu et de sauver le mariage, sans que cela constitue une autorisation de contracter un nouveau mariage. Il faut remarquer tout d'abord que dans Romains 7:2 et 1 Corinthiens 7:27.39, l'apôtre envisage bel et bien la dissolution du mariage et la possibilité de se remarier quand il déclare que l'épouse est « liée » à son mari aussi longtemps que celui-ci est en vie et que la mort de ce dernier la libère 78 du lien qui l'unissait à lui, lui donnant ainsi la « liberté » de se remarier. Si le lien conjugal a été rompu par l'incroyant, il n'existe plus et le conjoint croyant n'a pas à le sauver ou le restaurer. Il n'en a sans doute même pas la possibilité. Paul n'interdit ni n'autorise explicitement le remariage, mais se contente de constater que lorsqu'un incroyant abandonne effectivement et définitivement le domicile conjugal, sans espoir légitime d'un retour, il n'y a plus de mariage. Un croyant n'est pas tenu par sa conscience de préserver ou restaurer une union dissoute par un conjoint qui ne respecte pas la volonté de Dieu concernant le mariage. « Dieu nous a appelés à vivre en paix », dit Paul, et non à nous battre pour un mariage qui n'existe plus parce qu'il a été rompu par quelqu'un qui n'en voulait plus. Vouloir sauver ce mariage à tout prix et en faire une obligation au croyant, dans l'espoir de sauver le conjoint incroyant, est manifestement une entreprise aléatoire 79. Il s'ensuit tout naturellement que si le lien conjugal n'existe plus, il est permis au conjoint croyant de demander le divorce et de se remarier.
> Si cette interprétation est correcte, l'abandon du domicile conjugal, ce qu'on appelle la « désertion malicieuse », constitue avec l'infidélité conjugale une cause légitime de divorce. L'adjectif « malicieuse » précise que la désertion a lieu avec la volonté expresse de ne plus revenir, le refus clairement exprimé de reprendre la vie commune. Il va de soi que la plus grande sagesse et beaucoup de prudence s'imposent dans la cure d'âme quand on a affaire à des cas d'abandon du domicile conjugal. Ce texte ne doit en aucune façon servir d'alibi et de justificatif à ceux qui voudraient se débarrasser de leur conjoint pour des raisons que l'Ecriture Sainte ne reconnaît pas.
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> IV. Résumé et conclusions :
> 1) En instituant le mariage à l'aube de la création, Dieu a voulu qu'il soit un lien indissoluble d'amour, d'affection, d'aide, de confiance et de fidélité, qui unit pour la vie un homme et une femme. Par sa nature même, l'union entre un mari et son épouse ne souffre pas l'intrusion d'une tierce personne. Aussi l'homme ne doit-il pas séparer ce que Dieu a joint. Il s'agit d'une alliance que la Bible compare à celle que Dieu a conclue avec son peuple. C'est pourquoi, elle est exclusive. La crainte du Seigneur et l'amour de sa Loi sont les meilleurs garants de la fidélité conjugale.
> 2) La répudiation qui détruit et sépare ce que Dieu a joint est toujours contraire à l'intention qu'il manifesta en instituant le mariage. Ce jour-là, il ne prit pas de dispositions pour réglementer le divorce. Il est vrai que l'homme vivait encore dans l'état d'innocence, que le péché n'avait pas encore fait son entrée dans le monde. C'est la corruption du genre humain et donc aussi du peuple auquel le Seigneur s'était lié, la « dureté de leur coeur » qui obligea Moïse à légiférer à ce sujet. « Au commencement, il n'en était pas ainsi » 80. Dans toute l'Ecriture Sainte, Dieu rappelle aux époux qu'ils ont été unis pour la vie et qu'ils se doivent amour et fidélité jusqu'à ce que la mort les sépare.
> 3) On appelle adultère au sens strict du terme l'acte par lequel on rompt le lien du mariage en étant infidèle à son conjoint, et divorce, l'annulation officielle du mariage prononcée par les mêmes autorités civiles que celles qui procèdent au mariage. Quiconque est infidèle à son conjoint ou quiconque se sépare de lui pour une raison autre que l'infidélité ou l'abandon du domicile conjugal, rompt un lien que Dieu a voulu indestructible et commet adultère. Qu'il demande le divorce et se remarie ou non. L'adultère n'est pas dans le divorce ni dans le remariage, mais dans la rupture effective du lien conjugal. D'autre part, quiconque épouse une personne qui s'est rendue coupable d'adultère participe à cet adultère.
> 4) Quand il y a adultère, c'est-à-dire infidélité conjugale et donc rupture du lien conjugal, le conjoint innocent qui subit cela a le droit d'obtenir le divorce et de se remarier. Il s'agit d'un droit et non d'une obligation, et il est normal qu'un chrétien tente de sauver son mariage par la réconciliation avant de décider d'y mettre légalement fin. Vivant du pardon du Christ, le chrétien s'efforcera toujours de guérir un mariage brisé en offrant son pardon au conjoint coupable. D'autre part, pour que quelqu'un ait le droit de divorcer, sans se rendre coupable d'avoir brisé un lien que Dieu voulait indissoluble, il faut qu'il soit effectivement innocent et que les torts ne soient pas partagés et dus à une mésentente réciproque. Pour qu'il y ait innocence, il ne faut pas que l'infidélité de l'autre résulte d'une incompatibilité d'humour dans laquelle chacun porte sa part de responsabilité.
> 5) Quand il y a abandon du domicile conjugal, il y a refus d'accomplir les obligations inhérentes à l'alliance qu'est le mariage, un refus délibéré et définitif. On n'appelle pas « désertion malicieuse » une fugue provisoire due à un coup de tête ou un conflit passager, ou le désir de s'éloigner un certain temps pour procéder à une introspection et faire le point. Quand il y a désertion malicieuse, rupture délibérée et définitive du lien conjugal, le mariage n'existe plus, aussi le conjoint abandonné a-t-il le droit de solliciter la reconnaissance publique de cet état de fait, c'est-à-dire de demander le divorce et de contracter un nouveau mariage.
> 6) Bien des divorces ont pour origine l'infidélité de l'un ou l'autre des conjoints. Ou des deux ! Mais beaucoup de mariages se défont aussi sans qu'il y ait infidélité, ni abandon du domicile conjugal. Les causes sont diverses : mésentente, cruauté mentale, violences verbales ou physiques, incompatibilité d'humeur, lassitude, envie de changer. Aucun de ces cas ne tombe sous la clause énoncée par le Christ dans Marc 10 :11.12 et les textes parallèles. Que faut-il en penser ? Le déplorer avant tout pour les époux qui ont raté leur vie conjugale et sont parvenus progressivement à cent lieues de ce qu'ils ont vécu le jour de leur mariage et des engagements qu'ils ont pris. Le regretter aussi pour leurs enfants qui en souffrent en première ligne. Cela dit, ce n'est pas le divorce prononcé par un juge qui rompt le mariage, mais tout ce qui le précède, tout ce qui est de nature à briser le mariage et le détruire. Le lien conjugal est détruit quand on ne s'aime plus et qu'on se fait inutilement du mal. Le divorce n'est au fond que la constatation et la sanction officielle d'un état de fait. Cela signifie que le responsable d'un divorce n'est pas celui qui le demande - parfois il n'y a plus d'autre issue possible que celle-là ! -, mais celui qui a tout fait pour détruire son mariage. Ou rien fait pour le sauver ! Ce peut être l'un des deux conjoints. Bien souvent ce sont les deux à la fois, et la repentance s'impose de part et d'autre. C'est un facteur important dans la cure d'âme, car il arrive trop souvent que quelqu'un se sente innocent pour la seule raison que ce n'est pas lui, mais l'autre qui a demandé le divorce.
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> V. Le remariage en cas de divorce pour des raisons non bibliques :
> Le remariage de chrétiens qui ont divorcé pour des raisons autres que l'infidélité ou la désertion délibérée et définitive du conjoint constitue pour de nombreux pasteurs un douloureux cas de conscience. En déclarant : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère », Jésus-Christ enseigne qu'il y a adultère chez celui qui répudie sa femme alors qu'elle ne lui a pas été infidèle, et adultère aussi chez celui qui épouse cette femme répudiée, car il devient coresponsable de l'adultère de son premier mari. Il y a enfin, et pour les mêmes raisons, adultère chez la femme qui épouse ce dernier. C'est le sens de ce texte dans le contexte de son enseignement sur le divorce et le remariage.
> Mais qu'en est-il de ceux qui, après un divorce dont ils portent la responsabilité, désirent se remarier, en alléguant qu'ils ne sont pas en mesure de rétablir l'union qu'ils ont brisée, en confessant leur péché et en affirmant qu'ils ne se sentent pas capables de vivre seuls ? Un pasteur peut-il bénir cette deuxième union, sachant qu'il n'agit pas en son nom personnel, mais que la bénédiction nuptiale constitue une sanction et une bénédiction de son nouveau mariage de la part de l'Eglise ? Il n'est pas possible ici d'envisager toutes les circonstances dans lesquelles ont peut demander un tel acte à un serviteur de Dieu, mais quelques observations pourront être utiles.
• Pensez-vous que l'Eglise qui doit veiller sur la sainteté du mariage, ait le droit de remarier des gens qui ont divorcé pour des raisons non bibliques ? Justifiez votre point de vue :




> L'Ecriture enseigne clairement que celui ou celle qui répudie son partenaire sauf pour infidélité et épouse une autre personne commet un adultère. Il s'agit d'une transgression flagrante du sixième Commandement. C'est un grave péché. C'est clair. Il faut donc que cela soit dit, que le coupable soit mis en présence de sa faute pour qu'il s'en repente et en demande pardon à Dieu. Il faut mettre en garde aussi contre la « repentance programmée », l'attitude qui consiste à se dire : « Je divorce, puis, avant de me remarier, j'accomplirai un acte de repentance, je ferai amende honorable, et le problème sera réglé. Le pasteur acceptera de me remarier ! » Se repentir, c'est regretter sincèrement et avouer son péché et accepter par la foi le pardon du Christ. Il va de soi que celui qui prémédite une telle démarche, qui décide de divorcer d'une façon illicite, avec l'intention de se repentir avant de demander à l'Eglise la bénédiction d'un nouveau mariage, chasse de son coeur la foi et le Saint-Esprit. La repentance de David, après qu'il eut commis adultère et fait mourir le mari de Bath-Schéba, était tout sauf préméditée81. Demander le divorce en sachant pertinemment qu'on agit contrairement à la volonté de Dieu, en se disant qu'on s'en repentira plus tard, au moment opportun, c'est s'engager sur le chemin du péché délibéré et de l'hypocrisie, un chemin sur lequel on se met en grand danger spirituel. Un chrétien ne peut pas transgresser délibérément la volonté de Dieu en se disant qu'il s'en repentira. Une repentance programmée n'est jamais authentique.
> Inversement, un pasteur ne peut jamais refuser le pardon à celui qui vient à lui d'un coeur contrit et croyant, en lui confessant sa faute et en lui demandant de l'en délier au nom du Christ. Le Seigneur a expié tous les péchés du monde, y compris les plus graves, et son pardon est là pour tous ceux qui le demandent. Là où le péché abonde, la grâce en effet surabonde 82. Jésus a pardonné aux adultères, aux prostituées et aux gens de mauvaise vie. Il n'a jamais refusé son pardon à qui le lui demandait humblement. « Je ne te condamne pas non plus », dit-il à la femme prise en flagrant délit d'adultère, ajoutant simplement : « Va et ne pèche plus ! » et lui demandant par là de porter les fruits visibles de la repentance 83.
> C'est dans le contexte de cette attitude et de ces paroles du Christ qu'un pasteur examine la demande qui lui est faite de bénir une nouvelle union après un divorce illicite. La réponse donnée à une telle requête doit toujours être conforme à ce que la Bible enseigne au sujet de la repentance et du pardon. En cas de divorce, la vraie repentance va toujours de pair avec le désir sincère de se réconcilier avec le conjoint qu'on a offensé. On voit mal comment quelqu'un qui se refuse à une telle démarche pourrait être sincère dans l'aveu de sa faute et l'acceptation du pardon prononcé par le pasteur. Si donc une telle réconciliation qui présuppose aussi que le coupable demande pardon à celui ou celle qu'il a lésé(e) n'a pas eu lieu, le pasteur refusera de bénir la nouvelle union.
> Il faut préciser cependant que dans certaines circonstances, la repentance est sincère alors que la réconciliation ne peut pas avoir lieu. Soit parce que le conjoint répudié a disparu de la circulation, soit parce qu'il s'est remarié et ne désire plus de dialogue avec l'ex-époux, soit encore parce qu'il refuse la réconciliation. Cependant, il faut agir avec beaucoup de prudence et de circonspection, de façon à ce que le geste du pasteur soit perçu comme accompli dans des circonstances exceptionnelles et ne puisse jamais être interprété comme une autorisation de bafouer et transgresser la volonté de Dieu. En aucun cas il ne peut encourager les gens à dire : « Péchons pour que la grâce abonde ! » 84 La discipline chrétienne doit être exercée dans l'Eglise avec fermeté et rigueur, amour et bonté, mais aussi selon des règles constantes, pour que le comportement du frère qui a péché ne soit pas pour les autres une occasion de chute.
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> VI. Le divorce des pasteurs :
> L'Ecriture Sainte demande au pasteur d'être en toutes choses le modèle du troupeau, un exemple à imiter 85. Non que le ministère pastoral soit doté d'un « caractère » spécial et qu'il occupe un rang à part dans le sacerdoce universel des croyants, mais la Bible exige que celui qui exerce ce ministère soit irréprochable 86. Les fautes morales commises par un pasteur ne sont jamais des fautes privées qu'on peut traiter indépendamment du ministère qu'il exerce et des comptes qu'il a à rendre pour cela. C'est la crédibilité de l'Evangile même qui est en jeu, c'est pourquoi ceux qui sont chargés de l'annoncer doivent veiller à le faire de façon intègre, de manière à ne pas porter atteinte à son message. Si celui qui prêche la Parole de Dieu ne lui soumet pas lui-même sa vie, il déshonore le Seigneur. On ne s'en prendra pas seulement à lui, mais aussi au message qu'il annonce et au Dieu qu'il représente. C'est ce qui fait dire à l'apôtre Paul : « Nous ne voulons scandaliser personne en quoi que ce soit, afin que le ministère ne soit pas un objet de blâme » 87.
> Il ne s'agit pas, bien sûr, d'exiger du pasteur qu'il soit sans péché, sous peine de ne pas être qualifié pour son ministère. L'Ecriture Sainte n'a pas d'exigences perfectionnistes. Un pasteur doit être prêt à confesser avec l'apôtre Paul qu'il est « le premier » parmi les pécheurs 88, et vivre comme lui dans une repentance de tous les jours 89. Cependant, l'exhortation à être le modèle du troupeau 90 signifie que la barre est fixée pour lui plus haut que pour les brebis dont il prend soin. Il est sous les feux de la rampe et tous ses faits et gestes sont à la merci de l'interprétation que les gens veulent bien leur donner, sans qu'il puisse la contrôler en aucune manière et empêcher qu'on mette la validité ou la crédibilité de son ministère en doute.
> Il est donc impératif et tout à fait naturel que le pasteur mette lui-même en pratique ce qu'il enseigne à propos du mariage, de la fidélité et de l'amour conjugal, du divorce et du remariage. En cela aussi, il doit être le modèle du troupeau et sa vie doit être au-dessus de tout soupçon. C'est pourquoi, parmi les premières qualités exigées de lui figure le fait qu'il doit être mari d'une seule femme 91. Cette phrase a été interprétée de différentes manières que l'on peut répertorier de la façon suivante : 1) L'évêque, c'est-à-dire le pasteur, doit être un homme marié. 2) Il ne doit pas être polygame. 3) Il doit être un mari fidèle, l'époux d'une seule femme, renonçant à toute relation sexuelle extra-conjugale. 4) Il n'a pas le droit de divorcer et de se remarier. 5) Il n'a pas le droit de se remarier après le décès de sa femme. La première de ces interprétations est exclue a priori, car elle ne rend pas justice à l'expression « une seule femme » utilisée par l'apôtre. Nous exclurons aussi la cinquième, car la Bible ne conteste en rien le droit au remariage en cas de décès du conjoint, et on ne voit pas pourquoi elle le ferait pour le pasteur. Restent les interprétations 2, 3 et 4, et il se pourrait bien que l'apôtre songe à ces trois cas à la fois, la polygamie, l'infidélité et le divorce/remariage, car ce sont autant de situations contraires à l'essence même du mariage et à la volonté que Dieu a exprimée à ce sujet.
> Cela dit, les pasteurs sont des hommes comme tous les chrétiens. Ils peuvent connaître des moments de tensions, voire de crises, dans leur vie conjugale. L'Eglise doit tout faire pour les aider, ainsi que leurs épouses, à surmonter leurs difficultés et à éviter le naufrage de leur union. Et s'il y a divorce dans un couple pastoral ? Le pasteur divorcé peut-il rester dans le ministère ou faut-il lui demander de le quitter ? Voici l'avis émis par la Commission de Théologie et de Relations Inter-Eglises du Synode du Missouri dans le document intitulé Human Sexuality :
« Il faut traiter le problème du divorce des pasteurs chrétiens avec le plus grand sérieux. Il est difficile de comprendre comment l'Eglise pourrait préserver l'intégrité de son message - surtout à une époque où le divorce est une pratique tellement courante -, si elle permettait à des pasteurs qui ont divorcé de leurs épouses pour des raisons non bibliques de rester dans le ministère public. D'une façon générale, un pasteur divorcé, à moins que sa femme ne lui ait été infidèle ou qu'elle n'ait abandonné le domicile conjugal, ne doit pas rester dans le ministère ni être autorisé à l'exercer ailleurs. Mais dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, un ancien pasteur peut être conduit par la grâce de Dieu de telle façon que l'Eglise estime qu'il est à nouveau qualifié pour exercer l'autorité inhérente au ministère » 92.
> Même en cas d'infidélité ou d'abandon du domicile conjugal de la part de son épouse, il convient d'être très prudent en examinant le cas d'un pasteur divorcé. Les situations sont rarement aussi claires que cela, l'infidélité ou la désertion peuvent avoir des causes dans le comportement du mari, et le scandale est toujours grand quand le mal frappe un couple pastoral. Les répercussions d'un divorce pastoral se font toujours sentir au-delà des limites mêmes de la paroisse, à l'échelon régional ou national, ainsi que dans les autres communautés religieuses. Aussi, même quand le lien conjugal a été rompu par la femme du pasteur, son affectation dans une autre paroisse peut s'imposer pour calmer les esprits et réduire les mauvaises langues au silence.
> Est-ce traiter les pasteurs selon d'autres critères que les simples fidèles ? N'ont-ils pas droit au même pardon qu'eux ? C'est une objection qu'on entend parfois. Certes, et le Seigneur ne dédaigne jamais un coeur brisé 93. Il pardonne volontiers à tous ceux qui lui confessent leurs péchés 94, même aux pasteurs. Mais le fait que Dieu pardonne ne signifie pas que les exigences concernant le ministère pastoral aient été abolies. La grâce de Dieu est sans condition. Par contre, il existe des conditions bibliques à l'exercice du ministère. C'est un ministère public, ce qui veut dire que les pasteurs servent le Seigneur au nom de l'Eglise. Ils doivent donc veiller conjointement avec l'Eglise à ce que soient préservées les qualifications inhérentes au ministère et tirer honnêtement les conséquences de leurs manquements.
>
> VII. Eléments de cure d'âme :
> Il n'est pas possible d'envisager les multiples situations dans lesquelles l'Eglise est appelée à exercer la cure d'âme auprès de couples en difficulté. Non seulement parce que la place ne suffirait pas, mais aussi parce, malgré des similitudes et des points communs, chaque cas est pour ainsi dire un cas d'espèce aux ingrédients propres. Ce sont autant de situations qu'on ne peut pas inventer derrière un bureau et que seule la cure d'âme permet de découvrir. Nous devrons donc nous contenter de quelques indications.
> Deux cas de figure peuvent se présenter. Il y a tout d'abord les couples en difficulté qui, tout en ne l'ayant pas encore demandé, envisagent le divorce, puis ceux qui sont effectivement passés par une procédure de divorce et ont de la sorte fait annuler leur mariage. Dans beaucoup de cas, le pasteur ou autre responsable de l'Eglise qui essaie de venir en aide à des couples en difficulté, où on ne s'aime plus guère, mais où l'amour a cédé la place à la discorde et aux querelles et qui, pour cette raison, ne voient pas d'autre issue possible que le divorce, s'entendra dire : « Nos problèmes ne vous regardent pas. Ne vous mêlez pas de cela ! ». Il faut donc commencer par les convaincre que leur pasteur est animé du seul désir de leur venir en aide. Il faut qu'ils sachent que leur bonheur terrestre et leur bien-être spirituel lui tiennent à coeur. Il lui serait plus facile, humainement parlant, de fermer les yeux sur leurs problèmes, de ne rien dire et de ne pas se mêler de leurs affaires. Ce serait de loin la solution la plus facile. Mais c'est l'amour du Seigneur qui impose au pasteur le devoir de se soucier d'eux et de leur venir en aide. D'autre part, l'Eglise a confié à ses pasteurs le soin d'annoncer sa Parole et d'administrer les sacrements, en prenant soin de chaque brebis du troupeau et en la guidant sur le chemin de la foi.
> C'est ainsi qu'on peut convaincre ces couples que ce n'est pas pour se mêler de choses qui ne le regardent pas que le pasteur vient à eux, mais poussé par l'amour du Christ et désireux de les aider à porter leur fardeau et à trouver à leurs problèmes une solution conforme à la volonté du Seigneur. C'est à cette seule condition qu'il peut leur être véritablement utiles.
> Une fois qu'on a gagné leur confiance, il faut les encourager à se décharger de leur fardeau en étant simplement à leur écoute. Que chacune des deux parties ait la possibilité de s'exprimer librement. A ce stade-là, il faut s'abstenir de commentaires et d'appréciations et veiller simplement à écouter et comprendre. On appelle cela l'empathie. Il ne s'agit ni d'approuver ni de condamner ni de prendre position, au risque de mettre un terme à la relation de confiance et de couper court aux possibilités d'une cure d'âme.
> Quand on a saisi les difficultés et les problèmes du couple, et alors seulement, il convient de lui rappeler la beauté et la sainteté du mariage institué par Dieu pour le bonheur de ses créatures. Le recours à la Parole de Dieu est indispensable, car l'échec d'un mariage est l'échec d'un couple ou au moins de l'un des deux conjoints à cheminer dans la foi, en tout cas en ce qui concerne la vie conjugale. Quand on envisage de recourir à la justice pour mettre un terme à son mariage, c'est qu'on a failli à son devoir de foi et d'amour. On a laissé parler le vieil homme au lieu d'agir selon l'homme nouveau, donné libre cours à l'égocentrisme, l'entêtement, la jalousie, l'orgueil, l'intolérance, la méfiance, l'amertume, la rancoeur et l'esprit de querelle, au lieu de faire régner les fruits de l'Esprit que sont « l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi » 95.
> En leur parlant ainsi, on les invite à faire un bilan honnête, à se repentir chacun de ses erreurs et défaillances, à chercher le pardon auprès de Dieu, à se pardonner l'un l'autre, à tourner la page et à repartir, avec l'aide du Seigneur, d'un pied nouveau. Ce n'est jamais facile, mais c'est toujours possible quand on laisse agir le Seigneur dans sa Parole. Les chances de succès ne sont évidemment pas les mêmes si l'un des conjoints est un incroyant. Raison de plus de ne pas contracter de mariage mixte ! Pour qu'un mariage soit heureux et pour qu'en cas de difficulté ou de crise un couple puisse trouver des solutions à ses problèmes, il faut que les deux le désirent. Et la seule façon de s'atteler sérieusement à cette tache est de laisser le Saint-Esprit agir dans son coeur.
> Montrer la beauté et la sainteté du mariage, c'est procéder à une approche positive. Il existe aussi une démarche négative qui consiste à montrer qu'en mettant un terme à son mariage, on rompt un lien institué par Dieu et sépare ce que lui a uni. Quand on divorce par consentement mutuel pour incompatibilité d'humeur, on transgresse dans tous les cas sa volonté. Pour sortir innocent d'un divorce, il faut ou bien l'avoir subi, donc avoir été injustement répudié, ou bien l'avoir sollicité en raison de l'infidélité manifeste ou de la désertion malicieuse du conjoint. Seule la connaissance réelle des problèmes vécus par un couple et de l'attitude de chacun des conjoints permet au pasteur de déterminer s'il doit privilégier la démarche positive ou le discours négatif, annoncer la Loi ou l'Evangile, dénoncer le péché ou encourager et aider à guérir une plaie. L'objectif est d'aider un couple en détresse à résoudre son problème en évitant le divorce, de façon à ce que le Seigneur puisse le bénir et lui rendre le premier amour.
> Très souvent, hélas, le pasteur n'est informé des difficultés d'un couple que lorsque la situation s'est détériorée au point qu'ils ont déjà engagé une procédure de divorce ou que le divorce a déjà été prononcé, de sorte que la situation est pour ainsi dire irréversible. Que faire alors? L'attitude à adopter est la même que celle esquissée ci-dessus. A cette différence près que la cure d'âme s'appliquera séparément à chacun des conjoints. D'autre part, il ne s'agit plus de guérir et sauver un mariage malade, mais de leur annoncer séparément ce que représente le divorce qu'ils ont sollicité, quelle est leur responsabilité dans la dissolution de leur mariage, et de les ramener sur le chemin de la repentance et de la foi, pour pouvoir prononcer sur eux le pardon du Christ.
> Quand des conjoints ont reconnu et confessé à Dieu leur erreur, ils se pardonnent réciproquement leur faute et se réconcilient. On ne guérit et ne sauve pas un mariage dissous. Cependant, si le divorce n'a pas été rendu irréversible par un nouveau mariage et si la repentance a été sincère, les divorcés peuvent envisager de se remarier. Du fait que le mariage dissous n'existe plus et que, malgré le pardon qu'on s'est offert, la reprise de la vie conjugale peut faire peur, on n'en fera pas une obligation. Ce n'en est pas moins un idéal digne d'être poursuivi.
> Il va de soi que si les deux partenaires sont membres de l'Eglise, qu'ils portent tous les deux une responsabilité dans leur divorce et refusent de se repentir, ils feront l'objet de la discipline ecclésiastique prescrite par Matthieu 18:15-20 qui conduira, en cas d'impénitence obstinée, à l'excommunication. Celle- ci cependant, et toute la démarche devrait le montrer clairement, ne vise pas à se débarrasser d'une brebis galeuse, mais à pousser à la repentance un pécheur impénitent pour sauver son âme. Il va de soi que le chrétien qui a subi son divorce ou l'a requis pour des raisons bibliques, ne sera en aucune façon soumis à une procédure de discipline, car il sort, autant que les hommes puissent en juger, innocent de son divorce.
> La cure d'âme la plus belle, la plus encourageante et la plus riche de promesses est celle que les couples en difficulté viennent eux-mêmes demander à leur pasteur. Heureux le berger que les brebis viennent trouver d'elles-mêmes quand elles ont un problème ! Cependant, qu'on vienne trouver le pasteur pour demander son aide ou que le pasteur aille proposer son aide à des paroissiens en détresse, le succès de la cure d'âme dépend en très grande partie de la façon dont il la mène, du comportement qu'il adopte et des sentiments qu'il suscite chez eux.
Pastorale du mariage, par le Dr Wilbert Kreis
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# Posté le vendredi 06 février 2009 17:47

DU MARIAGE ET DE LA VIE CHRETIENNE DANS LE MONDE

DU MARIAGE ET DE LA VIE CHRETIENNE DANS LE MONDE
Une maison perdue dans la Région d' AKKAR au Nord-Liban qui abrite Monseigneur Jean ABBOUD depuis 1985






par le Père Alphonse Goettmann






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Au commencement de tout se trouve la rencontre émerveillée de l'homme et de la femme (Gn 2, 23). Nous ne savons pas grand chose du paradis d'avant la chute, sinon la présence du couple que Dieu a créé à son image et pour lui ressembler. Mais déjà quelle révélation inouïe de Dieu au c½ur de la vie conjugale : Dieu est rencontre de Personnes, Dieu est émerveillement devant l'Autre, extase d'Amour, et l'Homme, lui, est appelé à vivre cette ressemblance !


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LE MARIAGE EN MUTATION

Aux époques de crise et de hautes turbulences comme nous en traversons, il est vital de retrouver la genèse première des choses pour se laisser illuminer par l'essence des " pourquoi " et s'enraciner dans le centre du cyclone. Ancré dans l'éternité immuable on ne se laisse plus impressionner par les vicissitudes de l'histoire, même si l'on est ahuri à juste titre d'y voir niés des pans entiers de l'Écriture Sainte...

L'image du couple a été brisée depuis les origines; seul le monachisme offre désormais à l'amour un chemin de sanctification, le voile est jeté sur l'horreur du sexe... Mais au commencement, il n'en était pas ainsi, dit Jésus (Mt 19, 8). L'envoûtement des atavismes ancestraux et archaïques au fond de chacun résiste donc et engloutit même sous son poids la Parole de Dieu qui appelle évidemment à une toute autre exigence. Le gnosticisme ambiant inocule au christianisme primitif, et on n'en perdra jamais la trace jusqu'à nos jours, l'antique castration . À l'icône première qu'est le couple, surgi des mains créatrices et amoureuses de Dieu, se substitue l'exaltation du célibat, le mépris de la femme, la malédiction du sexe et la permission éventuelle du mariage comme remède à la concupiscence et outil malheureux de la procréation. Ainsi le péché est inhérent à l'état conjugal et celui-ci, fatalement, ne peut donc être un chemin de sainteté ! On le voit : la Bête a profané l'amour avant qu'il n'ait porté ses fruits dans l'histoire des hommes...

Mais Dieu a jeté sa semence dès la fondation du monde, elle germe dans la profondeur des temps et met parfois de longs siècles à mûrir. Aujourd'hui ces temps semblent accomplis et favorables à une grande mutation. Peut-être nos yeux verront-ils la Lumière du premier matin de la création. Pour le moment, parce que d'un coup libéré, l'amour est encore la pâture de tous les démons de la pornographie et du commerce. Mais en plein milieu de cette ivraie on voit manifestement les signes puissamment annonciateurs de cette aurore, des foyers lumineux et rayonnants, des buissons ardents de l'amour vécu en couples saints.

Personne ne nie évidemment que cela a existé tout au long de notre longue histoire, sans doute plus qu'on ne le croie et peut-être d'autant plus que c'était une réalité persécutée... Mais la radicale nouveauté maintenant, c'est que presque tout le monde pense, même l'Église, que le mariage est un chemin de sainteté, à l'instar du monachisme et qu'il n'a rien à envier à ce dernier. Tout homme est appelé à devenir un saint et, pour atteindre cet unique but de la vie, aucune de ces voies n'est supérieure à l'autre, même si on a dit le contraire pendant longtemps dans les textes les plus officiels. Là est la culbute et l'accès à un avenir de sainteté universelle jamais vu, qui sans doute fécondera aussi un tout autre type de culture sous la crise des valeurs actuelles. Quand le pape Pie XI proclame en 1930, dans son encyclique pontificale Casti connubi, que l'amour est le but du mariage et non la procréation, qu'il est une communauté de vie pour chercher la perfection, il se fait le prophète de cet évènement tant attendu, même si à cette époque il n'y a pas encore beaucoup d'oreilles pour l'entendre.

IL N'Y A D'EXISTENCE QUE NUPTIALE

L'enfant n'est donc pas le but du mariage... Que de couples massacrés pour avoir mis l'amour au service de l'espèce ! Maintenant l'antique semence peut éclore : l'amour est, il se suffit à lui-même, la plénitude lui est inhérente. Si l'enfant surgit de cette fécondité propre, il en est le signe et la bénédiction, mais en aucun cas la nécessité ! La naissance d'un enfant extérieur devrait manifester visiblement la renaissance intérieure des deux époux à des plans de conscience toujours plus profonds. L'amour enfante les époux à leur mystérieuse identité et, ce faisant, les divinise. L'un ou l'autre des Pères ne l'ont jamais oublié en Orient, tel surtout saint Jean Chrysostome (IV°s.) : avec l'amour mutuel, disait-il, l'homme et la femme sont en possession de tous les biens. Mais sans ce chemin de sainteté, le mariage peut n'être qu'une fatalité sociologique ou instinct purement animal, capable des pires profanations. Là aussi c'est un " foyer ", cette fois cependant il s'agit du feu de l'enfer dès ici-bas.

L'homme est libre : voici que je mets devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! (Dt 30, 19). Mais ils sont encore peu nombreux ceux qui se marient pour les mêmes raisons que ceux qui entrent dans un monastère ! Et pourtant le motif profond est identique : aimer, mourir d'amour comme le Christ sur la croix, pour ressusciter avec et en Lui. Le mariage comme le monachisme pose le pari d'une radicale mutation de l'être, prodigieuse aventure où la nature même de l'homme est changée, ainsi que le Christ le signifie aux noces de Cana, lorsqu'il change l'eau en vin. Cela nécessite une ascèse de l'absolu, l'absolu de l'Évangile qui s'adresse à tout homme et non seulement aux moines. Ainsi les deux voies, mariage et monachisme, sont à ce point apparentées que le rite d'entrée d'un moine au noviciat est rempli du symbolisme des épousailles et, réciproquement, l'ancien rite du mariage conférait la tonsure monastique aux jeunes époux. C'est tout simplement qu'il s'agit de part et d'autre de vivre la même réalité, les épousailles mystiques de l'esprit avec Dieu, à travers des modalités différentes. Aux époux immergés dans le monde avec tous ses risques, le moine est simplement un rappel permanent que la vraie mesure de leur vie se trouve dans le maximalisme évangélique, et inversement, aux moines immergés dans l'ascèse et la solitude desséchantes et si souvent illusoires, le couple rappelle qu'il faut aimer Dieu comme un fiancé aime sa fiancée (s. Jean Climaque, VII°s.). Les deux voies visent la folie de l'amour de Dieu, il n'y a d'existence que nuptiale. Il en est exactement de même d'ailleurs pour le célibataire dans le monde : s'il cherche d'abord le royaume des cieux et se libère de tous les attachements, comme Jésus le conseille au jeune homme riche de l'Évangile qu'il n'envoie ni au monastère ni au mariage, tout son être s'oriente et peut s'ouvrir sur la même vocation de plénitude (Mt 19, 21). Mais c'est toujours l'amour qui définit cette consécration totale, et c'est toujours la joie qui en est le grand signe et qui authentifie tout Chemin.

LUMIÈRES ET TÉNÈBRES DE L'AMOUR

Ce qu'est l'amour au sein d'un couple, personne ne l'a encore dit et sans doute ne le fera-t-on jamais. Ce n'est pas un objet sur lequel on disserte, mais une expérience dans laquelle on entre. Seul celui qui en prend le Chemin peut descendre dans l'abîme de son mystère, mais celui-là se taira. S'il risque une parole, même s'il la porte à la limite de l'indicible, par exemple par le chant ou le poème, jamais il ne sera possible de dévoiler l'essence de l'amour mais seulement son rayonnement. Ce rayonnement lui-même est d'étrange sorte, il n'a pas les caractéristiques de la lumière d'ici-bas. La mystique juive dit que l'autre, dans le couple, c'est la " Shekhina ", la Gloire de Dieu. Le regard contemplatif voit alors au-delà des apparences de l'autre, toujours passible de nos jugements, la présence du Tout-Autre. L'amour illumine le c½ur de l'être aimé et cette révélation ouvre à une connaissance jamais achevée. " Connaître ", au sens biblique, est en effet synonyme de naître à l'autre, lui devenir intérieur, l'épouser et tirer de son innocence originelle l'inédit et le jamais vu, la Beauté inaccessible à la concupiscence de l'éros ou au romantisme si éphémère. Là est le vrai visage de l'autre, son visage d'éternité. Devenir assez transparent pour communier à cette profondeur où on découvre la secrète convivialité de l'autre avec Dieu, sa Source la plus intérieure, c'est le tout de l'ascèse au sein d'un couple.

Si la reconnaissance (connaître et jubiler) du vrai visage de l'être aimé a une répercussion aussi inouïe sur celui qui le contemple, on ne parle pas pour rien du coup de foudre : c'est parce qu'il provoque soudain un face à face où chacun est révélé à lui-même au c½ur de la Source commune. Cela personne d'autre ne peut le voir, c'est précisément le poids de Gloire que portent en eux les initiés de l'amour.

Mais s'il n'y a pas, sous-jacent, le dur labeur de l'ascèse, la vision s'efface, engloutie par l'usure du temps, l'ennemi mortel du quotidien, le rejet à la surface de la face des profondeurs, profanée par la banalisation. Celle-ci n'a pas de limites et le risque du mariage sans chemin spirituel, c'est d'ouvrir le gouffre infernal de la destruction réciproque. À regarder les couples, on n'a pas de mal à s'accorder rapidement sur ce point...L'enfer est devenu leur pain quotidien, un " sérieux déplorable " les a définitivement castrés. Sören Kierkegaard, ce grand philosophe du siècle dernier, pensait que le mariage était un assoupissement dans un sommeil de mort. Par l'amour d'une jeune fille, dit-il, on devient génie, héros, poète ou saint, mais par le mariage d'une femme on devient conseiller de commerce, général, père de famille... Le roi de Mésopotamie s'est marié et maintenant il est épicier à Copenhague ! (Cité par P. Evdokimov dans Le sacrement de l'amour, DDB, p.156.)

S'ABREUVER AU TOURBILLON ROUGE QUI SORT DU PRESSOIR

La grâce du sacrement de mariage relève justement ce défi-là : par elle l'épicier de Copenhague garde non seulement sa royauté, mais il en découvre son l'infinie majesté. La femme, elle, ne garde pas une beauté de jeune fille, très vite flétrie, mais s'achemine vers un état virginal de son être et naît à l'éternelle jeunesse, lieu de toute fécondité, que l'on soit poète ou conseiller de commerce !

Le but de l'homme n'est pas de devenir génie ou héros " par la grâce d'une jeune fille ", mais de devenir dieu par un co-être avec la femme. Dès l'origine Dieu crée l'Homme dans une consubstantialité conjugale, homme et femme, une seule chair, pour être à son Image. C'est la tentation démoniaque qui a introduit la scission. Maintenant, depuis la chute, le sens du couple c'est de redevenir une seule chair, une nature en deux personnes, comme Dieu est une nature en trois Personnes. Cette union des deux époux jusqu'à la ressemblance avec Dieu fait que leur Chemin est un témoignage vivant de la gloire divine. Leur amour est un rayonnement de cette gloire (Jn 17, 22-23), une théophanie, manifestation de Dieu, parce que là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux (Mt 18, 20). Le " milieu ", c'est la relation des amoureux, dans l'intimité des deux la présence du grand Troisième. Quand le couple est sans amour et sans Chemin spirituel, la relation est un vide dans lequel la chute originelle se réitère sans cesse, géhenne de leurs défaillances, chambre des tortures réciproques. Mais dès que, par la prière et l'amour, la grâce s'active, la relation c'est Quelqu'un au " milieu " des deux, mais aussi au " milieu " du c½ur de chacun. Aimer c'est donner son c½ur, mais c'est donc aussi en même temps donner Dieu l'un à l'autre. Ce n'est qu'à ce contact brûlant que les poisons et le fiel de la condition infra-humaine et si souvent bestiale du vieil homme sont progressivement évacués.

Une telle transmutation n'est pas possible tout seul et mieux vaut dans ce cas ne pas se marier. Si le Messie a manifesté pour la première fois sa Gloire à l'humanité pendant des noces à Cana, c'est bien pour montrer qu'il est, lui, l'Auteur de l'impossible. Pour des époux unis en Christ l'amour est miracle. Il a la capacité interne de transformer l'eau du quotidien, plate, inodore et sans saveur en vin destiné à la joie ivre de l'Esprit. Ce don du Christ aux époux fait d'eux une église domestique où, par leur sacerdoce royal, ils célèbrent continuellement le passage des passions naturelles, symbolisées par l'eau, en fruit juteux de la vigne. Immense combat où l'on paye le prix de la vie, arrachement aux limites quotidiennes et à la pesanteur du péché. Mais la vie n'est vivante que par ce combat. Progresse-t-on sans obstacle sur le Chemin ? Donne ton sang et reçois l'Esprit, disaient les Anciens. Le raisin est arraché, écrasé et se transmue par la fermentation seulement . Mais à ce tourbillon rouge qui sort du pressoir les amoureux s'abreuvent tous les jours. La soif de l'être aimé est si forte, dit Grégoire de Nysse (IV°s.), qu'il ne se satisfait pas de la coupe, mais au cellier il applique sa bouche à même les cuves qui débordent d'un vin enivrant. Dans ce combat l'ascèse et la mystique se confondent, leur source commune sort du côté transpercé du Christ sur la croix, fondement de tout amour.

Ainsi le mystère nuptial inscrit dans la banalité de l'aujourd'hui des époux sa dimension profondément pascale et son essence eucharistique. L'amour devient alors un chant secret qui rend liturgie toute la vie des amants : tout dans leur vie est sacrement, cela veut dire que le Christ est présent et s'exprime dans tout geste, dans le regard de l'un vers l'autre, le sourire, la parole, une caresse... Non pas que l'autre soit un piédestal pour mieux rencontrer le Christ – oh sainte horreur !- au contraire, c'est seulement dans le Christ que l'autre trouve son vrai visage, mais aussi inversement, c'est seulement dans l'autre que le Christ s'incarne aujourd'hui et peut me devenir tangible.

LE CHRIST UNIQUE FIANCÉ

Ce mystère est grand, dit saint Paul, car il fait entrer le couple dans l'expérience de l'amour que le Christ a pour l'Église. On le voit : la grandeur de ce mystère ne cesse de s'approfondire et de nous révéler d'autres dimensions, ce sont les étapes du chemin conjugal. Plus les époux deviennent un dans leur amour, plus ils découvrent aussi qu'ensemble ils sont face au Christ comme unique Fiancé et Époux de chaque homme et de l'humanité toute entière. Par le sacrement de mariage, le couple épouse le Christ. Il n'y a pas de dualité un peu schizophrène qui viendrait compliquer la relation amoureuse : c'est en s'aimant l'un l'autre que les époux aiment le Christ. L'amour est un. C'est cela qui fait de leur maison une petite église, comme dit saint Jean Chrysostome (IV°s.), où se célèbre constamment l'offrande totale de leur être conjugal à Dieu. Parce que cet amour se traduit forcément dans les petits détails de l' ici et maintenant, cet instant si " ordinaire ", sous la poussée de l'étreinte divine, s'ouvre sur son au-delà étincelant de gloire et vient trouer l'absurde et le néant d'un espace de lumière, de joie inconnues qui disent : " tu ne mourras pas ! "

Dans la mesure où chacun en particulier, dans le couple, approfondit son amour, dans cette mesure là aussi il transfigure peu à peu son opacité physique et psychique pour naître enfin à son propre mystère, à son identité profonde que l'on appelle " personne ". C'est le tout du Chemin spirituel : passer de notre nature extérieure, biologique et animale à la naissance de notre personne, le mystère de notre être profond, ce " lieu " de nos racines où chacun peut dire " Je " vraiment, sans fards, ce " Je " qui sort à chaque instant de Dieu comme le ruisseau de la source. Dieu seul, en effet est Personne d'une façon absolue, nous ne le sommes que par participation à la Sienne. Au plus intime de mon " Je " repose son " Je " à lui qui me désire et me suscite à la vie. Si j'apprends à entrer dans cette relation, à lui dire " Toi " et à grandir sans cesse dans son Amour, je nais à moi-même par la communion à lui. De cette profonde osmose sourd ma personne et, par là, peu à peu se construit mon visage, qui est le " masque " du Christ. Étrangement le mot " masque " traduit le sens grec et latin du mot " personne ". L'homme qui n'est pas né à sa personne n'a pas encore de visage ; en son lieu se trouve un chaos informe, une absence ou parfois le masque de la Bête, comme dit saint Grégoire de Nysse (IV°s.). Notre visage n'existe donc vraiment que par participation au visage du Christ, c'est le rayonnement de sa Présence. Le visage est alors habité, il laisse par ce rayonnement transparaître Quelqu'un qui fait tomber tous les faux masques et m'affirme en lui comme un être unique.

LE CIEL À LA PORTÉE DE LA MAIN

C'est pourquoi, à travers le visage, c'est la personne qui s'offre à l'autre et en même temps elle restera toujours imprenable et inaccessible dans l'infinitude de son mystère . Le visage est le lieu du rendez-vous où se célèbre la rencontre. Mais celle-ci s'évanouit à l'instant même où l'un des deux cherche une emprise sur l'autre ou exerce un pouvoir sur lui, le visage de l'autre est alors dévisagé, il se chosifie et devient un désert, son intériorité lumineuse disparaît au regard clos sur lui-même, la relation se brise dans l'enfer de la solitude à deux .

À l'inverse, la communion, l'expérience de la rencontre n'est possible qu'entre deux personnes. Même dans l'étreinte deux corps restent toujours extérieurs l'un à l'autre, leur sommet est le tressaillement ; pareillement, deux âmes n'ont pas en elles la capacité de compénétration, un psychisme sera toujours extérieur à un autre psychisme, leur sommet est seulement l'harmonie : construire ensemble une maison, s'accorder pour élever les enfants, aller voir à deux le même film... Beaucoup de couples en restent là, parce que tout simplement ils n'en savent pas plus ou n'ont jamais pris les moyens pour naître à eux-mêmes : ils peuvent rester des décennies ensemble sans s'être jamais rencontrés !

Seule la personne, comme un esprit, peut pénétrer une autre personne, entrer en fusion sans confusion, ou plutôt communier, devenir un : rencontre où alors le corps et l'âme acquièrent eux aussi la capacité de transparence et s'unifient pour devenir une seule chair (Mt 19, 5). Cette rencontre est toujours transformante, elle fait naître chacun à son propre mystère, à son être unique et différent ; et plus il est différent moins il est indifférent à l'autre. C'est peut-être dans cette expérience que l'amour dévoile un peu son secret qui est la grâce de devenir intérieur l'un à l'autre, de découvrir dans cette réciprocité nuptiale qu'il n'y a plus que pure relation et qu'on éprouve alors paradoxalement l'abolition de la relation elle-même : " Tu es Moi ". Extase, vide de soi qui appelle la plénitude, ivresse mystique où l'étreinte de l'autre et du Tout-Autre sont une et même réalité. C'est seulement en Dieu que le bien-aimé révèle ainsi toute sa splendeur et que l'amour tire de son tréfonds des trésors enfouis et ignorés par lui-même. Ce visage de beauté qui ruisselle de Lumière divine transforme les amoureux en contemplatifs, ils voient dans le bien-aimé, comme dit saint Paul : ce que nul ½il n'a jamais vu. C'est le surgissement visible de ce qui est invisible, le ciel ouvert sous leurs yeux, mais aussi à la portée de leurs mains, le ciel à la portée d'une caresse, du geste de tendresse, car la rencontre du visage fait du corps tout entier le Temple de Dieu, la chair du Christ.

Article paru dans Le Chemin, no. 46 (2000).
Reproduit avec l'autorisation
de Père Alphonse Goettmann et Le Chemin.
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# Posté le mercredi 04 février 2009 18:07

Modifié le mercredi 04 février 2009 23:02

Les trois portes de la sagesse

Les trois portes de la sagesse
La Tour Eiffel prise par Monseigneur Jean ABBOUD, à Paris, Nöel 2008

Les trois portes de la sagesse :


Un roi avait pour fils unique un jeune prince courageux, habile et intelligent.
Pour parfaire son apprentissage de la vie, le roi envoya son fils auprès d'un vieux sage.

- " Éclaire-moi sur le sentier de la vie " demanda le prince.

- " Mes paroles s' évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes indiqués sur chacune d' entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche pas à t' en détourner car, sans cesse, tu devrais revivre ce que tu aurais fui. Je ne puis t' en dire plus. Va maintenant, suis cette route, droit devant toi ".

Le vieux sage disparut et le prince s' engagea sur le chemin de la vie.

Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire :

"CHANGE LE MONDE ".

" C' était bien là mon intention " pensa le prince " car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d' autres ne me conviennent pas ". Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.

Il y trouva le plaisir et l' ivresse du conquérant, mais pas l' apaisement du c½ur. Il réussit à changer certaines choses mais beaucoup d'autres lui résistèrent.

Bien des années passèrent. Un jour, il rencontra le vieux sage qui lui demande :
" Qu' as-tu appris sur le chemin ? "

- " J' ai appris, répondit le
prince, à discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m' échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n' en dépend pas ".

- " C'est bien, dit le vieil homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à ton emprise ".

Et il disparut.

Peu après, le prince se trouva face à une seconde porte. On pouvait y lire :

"CHANGE LES AUTRES "

" C' était bien là mon intention, pensa-t-il. Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d' amertume et de frustration ". Et il s' insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez ses semblables.
Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts. Ce fut là son deuxième combat.

Bien des années passèrent. Un jour, alors qu' il méditait sur l' utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa le vieux sage qui lui demanda :
" Qu' as-tu appris sur le chemin ? "

- " J' ai appris, répondit le prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes déboires. Ils n' en sont que le révélateur ou l' occasion. C' est en moi que prennent racine toutes ces choses."

- " Tu as raison " dit le sage.
" Par ce qu'ils réveillent en toi, les autres te révèlent à toi-même. Sois reconnaissant envers ceux qui
font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou frustration, car à travers eux la vie t' enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir ".

Et le vieil homme disparut.

Peu après, le prince arriva devant une porte où figuraient ces mots :

" CHANGE-TOI TOI-MEME "

" Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c' est bien ce qui me reste à faire ", se dit-il. Et il entama son troisième combat.
Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses imperfections, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas à son idéal. Après bien des années de ce combat où il connut quelques succès mais aussi des échecs et des résistances, le prince rencontra le sage qui lui demanda :
" Qu' as-tu appris sur le chemin ? "

- " J' ai appris, répondit-il, qu' il y a en nous des choses qu' on peut améliorer, d' autres qui nous résistent et qu' on n'arrive pas à briser. "

- " C est bien ", dit le sage

- " Oui, poursuivit le prince, mais je commence à être las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?
Quand trouverai-je le repos ? J'ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lâcher prise ".

- " C' est justement ton prochain apprentissage, dit le vieux sage. Mais avant d' aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru ". Et il disparut.

Regardant en arrière, le prince vit dans le lointain la troisième porte et s' aperçut qu' elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait :

" ACCEPTE-TOI TOI-MEME ".

Le prince s' étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu' il avait franchi la porte la première fois, dans
l' autre sens.
" Quand on combat, on devient aveugle ", se dit-il. Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui, tout ce qu' il avait rejeté et combattu en lui : ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les reconnaître, à les accepter, à les aimer ; il apprit à s'aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.

Il rencontra le vieux sage qui lui demanda :
" Qu' as-tu appris sur lecChemin? "

- " J'ai appris, répondit le prince, que détester ou refuser une partie de moi, c' est me condamner à ne jamais être en accord avec moi-même. J' ai appris à m' accepter moi-même totalement, inconditionnellement ".

- " C'est bien, dit le vieil homme, c' est la première sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisième porte ".

A peine arrivé de l' autre côté, le prince aperçut au loin la face arrière de la seconde porte et y lut :

"ACCEPTE LES AUTRES".

Tout autour de lui, il reconnut les personnes qu' il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu' il avait aimées comme celles qu' il avait détestées. Celles qu' il avait soutenues et celles qu' il avait combattues. Mais à sa grande surprise il était maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l' avait tellement gêné et contre quoi il s' était battu.

Il rencontra à nouveau le vieux sage qui demanda :
" Qu' as-tu appris sur le chemin ? "
- " J'ai appris, répondit lepPrince, qu' en étant en accord avec moi-même, je n' avais plus rien à reprocher aux autres, plus rien à craindre d' eux. J' ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, incondition-
nellement, et, avant tout, à aimer mon épouse de tout mon coeur, de toute mon âme, car elle est mon propre chemin vers Dieu...".

- " C' est bien ", dit le vieux sage. C' est la seconde sagesse. Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.

Arrivé de l' autre côté, le prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut :

" ACCEPTE LE MONDE ".

Curieux, se dit-il que je n' aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu 'il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé par l' éclat et la beauté de toute chose, par leur perfection.
C' était pourtant le même monde qu' autrefois. Était-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

Il croisa le vieux sage qui lui demanda :
" Qu' as-tu appris sur le chemin ? "

- " J' ai appris, dit le prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai. Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n' est ni triste ni gai. Il est là, il existe : c' est tout. Ce n' était pas le monde qui me troublait, mais l' idée que je m' en faisais.
J' ai appris à l' accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement ".

- " C' est la troisième sagesse, dit le vieil homme. Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le monde "

Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le prince.
Le silence l' habita.

- " Tu es prêt maintenant à franchir le dernier seuil, dit le sage, celui du passage du silence de la plénitude à la plénitude du silence.
A trouver , dans ce même silence, le chemin de l' amour qui est le chemin de Dieu ".

Et le vieil homme disparut.

# Posté le mardi 03 février 2009 17:14

Modifié le mercredi 04 février 2009 09:05

PEUX-TU RECEVOIR DES DONS EN BELGIQUE ? SAIS-TU A COMBIEN S' ETABLISSENT LES TAUX D' IMPOSITION ?

PEUX-TU RECEVOIR DES DONS EN BELGIQUE ? SAIS-TU A COMBIEN S' ETABLISSENT LES TAUX D' IMPOSITION ?
BASILIQUE DE SAINT PIERRE ET PAU A HARISSA ( LIBAN ) OU MONSEIGNEUR JEAN ABBOUD A ETE ORDONNE PRETRE LE 14 AVRIL 1985




Les donations sont soumises aux règles de la région dans laquelle le donateur a établi son domicile le plus longtemps durant les 5 dernières années ( comme en matière de succession ).


I. Sur le don manuel

En Belgique, les donations sont soumises à des droits proportionnels.
Dans la région de Bruxelles ( capitale ) ces droits oscillent entre 30 % pour toute donation supérieure à 500.000 ¤ en ligne directe et 80 % pour toute donation supérieure à 175.000 ¤ entre tiers.
Les taux d' imposition varient comme suit :
- Ligne directe, époux et cohabitants : de 3 % pour toute donation inférieure à 500.000 ¤ à 30 % pour toute donation supérieure à 500.000 ¤.
- Frères et s½urs : de 20 % pour toute donation inférieure à 500.000 ¤ à 65 % pour toute donation supérieure à 500.000 ¤.
- Oncles ou tantes et neveux/nièces : 35 % pour toute donation inférieure à 500.000 ¤ et de 70 % pour toute donation supérieure à 500.000 ¤.
- Etrangers : de 40 % pour toute donation inférieure à 175.000 ¤ à 80 % pour toute donation supérieure à 175.000 ¤.

Le don manuel est une donation et, à ce titre, il est soumis aux règles de droit commun des donations. Les règles relatives à la capacité, au consentement, au rapport, à la réduction, etc. sont applicables.
Le don requiert une intention libérale de la part du donateur ainsi que l' acceptation du donataire. La simple remise de la chose ne suffit pas.

II. L'OBJET DU DON MANUEL

La tradition est indispensable à la réalisation d' un don manuel ; les biens pouvant en faire l' objet doivent nécessairement pouvoir être transmissibles de la main à la main. Il se déduit de cela que seuls les meubles corporels ou les meubles incorporels - pour lesquels le droit s 'incorpore dans un titre - peuvent faire l'objet d' n don manuel. Des titres nominatifs, par exemple, ne répondent pas à ces conditions.

III. LA TRADITION :

A. GENERALITES


La tradition est un élément indispensable du don manuel et, sans elle , il n' existe pas. Le simple concours de volonté ne suffit pas. Les manières de procéder à la tradition ont toutefois évolué au cours des siècles, et ce suite à l' apparition de nouvelles techniques.

Dans la plupart des cas, la remise se fera effectivement au donataire. Ceci implique une prise de possession matérielle de la chose.

Parfois la remise effective peut être plus immatérielle : c' est le cas lorsque le donataire est déjà en possession de la chose au moment de la donation, par une convention de prêt par exemple. Dans ce cas, il peut y avoir interversion de titre, et c' est cette tradition « de brève main » qui réalise le don manuel.

La tradition doit être antérieure au décès sinon il n' y a pas don manuel. Les opérations consistant en un don manuel avec exécution retardée au décès du donateur sont donc nulles.

La tradition doit même être immédiate, ce qui fait qu' un don manuel ne peut pas être affecté d'une condition suspensive.

B. L'INTERMEDIAIRE


La tradition peut s 'opérer par l' intermédiaire d' un mandataire : c' est le cas lorsque, par exemple, le donateur remet des fonds au banquier agissant comme mandataire du donataire. Le don manuel est dans ces cas tout à fait valable.

Dans ce cas-ci, c' est la tradition entre le donateur et le banquier qui doit être prise en compte pour savoir si la remise de la chose à bien été faite avant le décès du donateur.

C. LE DON MANUEL PAR CHEQUE


Le don manuel de chèque est reconnu et accepté. L'objet du don est le droit pour le porteur d' exiger du tiré le montant du chèque dans les limites de la provision.

La tradition s 'effectue dès la remise du chèque puisque ce dernier représente l' objet de la donation. Cependant si le donataire encaisse le chèque après le décès, il y aura nullité du don manuel si la provision pour le chèque à elle aussi été constituée après le décès du tiré.

L' existence de la provision semble être indispensable pour déterminer le caractère irrévocable du don, élément essentiel de toute donation.

D. LE DON MANUEL ET LES CARTES BANCAIRES


Pour réaliser un don manuel par carte bancaire, il faut que cette dernière permette au donataire l'accès à des fonds appartenant au donateur.

Le problème des cartes bancaires est qu' elles sont nominatives et que même si le donateur remet sa carte et son code au donataire, ce dernier n' agira en fait que comme mandataire du donateur et la tradition ne sera pas réalisée.

Le donateur devra alors éventuellement pouvoir prouver qu' il y a eu interversion de titre avant le décès du donateur.

E. LE DON MANUEL ET LE VIREMENT BANCAIRE


La technique du virement bancaire est couramment utilisée pour gratifier des tiers. La validité d'une telle donation n' est pas discutée mais sa qualification est controversée.

La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure le virement opère la tradition indispensable au don manuel.

En France le débat est clos depuis longtemps et on assimile les monnaies scripturales aux monnaies
« physiques ».

Il y a donc une dématérialisation de la tradition qui permet la réalisation du don manuel.

En Belgique la position française n' est suivie que par minoritairement par la doctrine et la jurisprudence.

La majorité de la doctrine belge considère qu' un virement bancaire ne conduit en réalité à aucun déplacement d' espèces,et que, de ce fait, il n' y a aucune tradition directe ou indirecte d' objets corporels appréhendables.

Cette position très conservatrice de la notion de don manuel fait qu' un virement ne peut avec certitude faire l' objet d'un don manuel. Il sera plus probablement qualifié de donation indirecte.

F. LE DON MANUEL ET LE VERSEMENT


Dans ce cas-ci, la tradition se fait au banquier agissant comme mandataire du donataire.

Si le banquier a été spécialement mandaté pour accepter la donation, cette dernière est parfaite dès la réception des fonds ; s' il n' a qu'un mandat pour réceptionner les fonds et les mettre sur un compte, la donation ne sera parfaite que lorsque le gratifié aura eu connaissance de la donation et l' aura acceptée.

L' acceptation peut être tacite et résulter de l' absence de protestation après la réception de l 'extrait de compte.

IV. LA PREUVE DU DON MANUEL :


Il y a plusieurs cas dans lesquels la preuve du don manuel peut être utile :
• lorsque le donateur veut agir en nullité ou en révocation, le donateur doit prouver la donation ;
• lorsque le donateur agit en restitution, le donataire doit alors prouver le don manuel pour éviter cette restitution ;
• lorsque les héritiers demandent le rapport de la donation, ils doivent prouver cette dernière ;
Si un écrit peut donc être utile pour parer à d'éventuelles difficultés de preuve du don manuel, il a surtout un intérêt pour déterminer la date de ce don.

A. REDACTION D'UN ECRIT


L'écrit doit constater la réalisation du don manuel et non être l 'acte de donation lui-même. En effet si tel était le cas la donation serait une donation écrite obligatoirement soumise à un acte authentique ( art 931 du Code Civil ) et les droits de donation seront alors dus.

L' acte ne doit pas contenir une obligation de donner, pas plus qu' il ne doit contenir l' acceptation du donataire sans quoi il y aurait donation écrite.

B. LA PRATIQUE BANCAIRE


Les banques ont imaginé une procédure simple, qui peut être utilisée pour tous les sommes d'argent ou les titres qui peuvent se trouver sur un compte.

Le donateur envoie au donataire une simple lettre pliée en deux, sans enveloppe pour que le cachet de la poste se retrouve sur la lettre, fixant un rendez-vous à la banque et contenant l' annonce de l'intention de lui faire une donation.

Le jour fixé, le donateur et le donataire se retrouvent à l'agence bancaire, les fonds sont retirés du compte du donateur qui les transmet matériellement au donataire. Ce dernier les dépose sur un compte ouvert à son nom. Il est important que les fonds fassent l' objet d'un transfert effectif.

Enfin, le donataire doit accepter la donation. Cela peut être de manière tacite par l'emploi des sommes données mais il peut aussi signer un écrit reconnaissant l'existence de la donation manuelle.

C. DATE CERTAINE


Avoir date certaine pour le don manuel est indispensable dans un cas particulier, à savoir le décès du donateur.

En effet l'article 7 du Code des droits de succession prévoit que les libéralités faites dans les trois ans précédant le décès du donateur sont considérées comme faisant partie de la succession de ce dernier si elles n' ont pas été soumises au droit d' enregistrement pour les donations.

Il est donc indispensable de pouvoir prouver que le don manuel est antérieur à cette période de trois ans par exemple par l' utilisation d' un envoi recommandé sans enveloppe, cacheté directement sur l'écrit constatant la réalisation du don manuel. On peut également faire enregistrer la reconnaissance de don manuel mais attention, pour que cet écrit soit soumis au seul droit proportionnel, il ne peut comporter que la reconnaissance de la donation par le donateur et pas l'acceptation du donataire.

V. DON MANUEL ET RESERVE D' USUFRUIT :

Fréquemment, le donateur souhaite se réserver l'usufruit des biens faisant l'objet de la donation.

En raison de la nécessité de la tradition, une réserve d' usufruit est impossible pour un don manuel sauf pour la réserve d' usufruit portant sur des titres au porteur.

Il est possible de faire donation de titres au porteur avec réserve d' usufruit de quatre manières différentes :

• le donateur conserve la feuille des coupons, la tradition ne portant que sur le manteau des titres. Des difficultés peuvent cependant naître lorsque les titres viennent à échéance par exemple.
• Les parties rédigent un pacte adjoint au don manuel dans lequel le donataire reconnaît la réserve d' usufruit. Le donateur dispose alors d' une action pour se faire remettre les fruits.
• Les parties déposent les titres donnés auprès d'un intermédiaire financier, au nom du donateur pour l' usufruit et de la nue propriété pour le donataire.
• Dans certains cas lorsque l' usufruitier veut pouvoir procéder à certaines opérations sans avoir l'avoir des nus- propriétaires, on peut lui donner un mandat. Il faut cependant être prudent car l' administration fiscale pourrait requalifier l' opération.

VI. CONCLUSION :

Pour qu' il y ait don manuel, il faut réunir plusieurs conditions :

• Il doit réellement s' agir d'une donation : il faut notamment que le donateur veuille donner irrévocablement, sans contrepartie, et que le bénéficiaire accepte.
• L' objet du don manuel doit pouvoir être transféré de la main à la main, ce qui empêche cette opération pour des immeubles par exemple.
• Enfin, il faut une remise effective du bien donné au bénéficiaire et il est important de s' en réserver la preuve. En observant les techniques bancaires décrites plus haut, le don manuel est une manière efficace de planifier une succession en payant le moins de droits possible.
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# Posté le lundi 02 février 2009 07:21

Modifié le mardi 03 février 2009 16:47