Benoît XVI
Benoît XVI (en latin Benedictus XVI, en italien Benedetto XVI, en allemand Benedikt XVI., en anglais Benedict XVI), né Joseph Alois Ratzinger le 16 avril 1927 à Marktl en Allemagne, est le 265e et actuel Souverain Pontife de l'Église catholique romaine, élu le 19 avril 2005 pour succéder à Jean-Paul II.
Benoît XVI est un théologien émérite et un auteur prolixe, défenseur des doctrines et valeurs catholiques. Il a enseigné la théologie dans des universités allemandes, a été archevêque de Munich et Freising puis cardinal ; en novembre 1981, Jean-Paul II le nomme préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi.
Sommaire
• 1 Jeunesse
• 2 Le théologien
• 3 Archevêque et cardinal
• 4 Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi
o 4.1 Généralités
o 4.2 Critiques et condamnations
o 4.3 Chronologie des prises de position
o 4.4 Distinctions, charges et prix
• 5 Nouveau pape
o 5.1 Les secrets du conclave
o 5.2 Choix du nom de règne
o 5.3 Armoiries et devise
• 6 Son pontificat
o 6.1 L'organisation du Saint-Siège
6.1.1 Élection des papes
6.1.2 Le collège cardinalice
6.1.3 La Curie
o 6.2 Pastorale
6.2.1 Béatifications
6.2.2 Canonisations
6.2.3 Apparitions et exhortations publiques
6.2.4 Eucharistie
o 6.3 Enseignements
6.3.1 Vision de Vatican II
6.3.2 Motu proprio Summorum Pontificum et relations avec les traditionalistes
6.3.3 Encycliques
6.3.3.1 Deus Caritas Est
6.3.3.2 Spe Salvi
6.3.3.3 Caritas in Veritate
6.3.4 Livre
o 6.4 Voyages et pélerinages
o 6.5 Dialogue ½cuménique
o 6.6 Dialogue inter-religieux
o 6.7 Positions politiques
o 6.8 Diplomatie
• 7 ¼uvres
• 8 Bibliographie
• 9 Voir aussi
o 9.1 Références
o 9.2 Liens internes
o 9.3 Liens externes
Jeunesse
Né le 16 avril 1927 au numéro 11 de la Schulstraße à Marktl (ou Marktl am Inn), village de Haute-Bavière non loin de la frontière autrichienne, Joseph Ratzinger, fils de Joseph Ratzinger (1877-1959) et de Maria Peintner (1884-1963), a eu une enfance marquée par les fréquentes interventions de son père officier de police et fervent pratiquant catholique. Il grandit dans une atmosphère antinazie : avant 1933, son père était régulièrement intervenu pour mettre fin aux violences des militants du NSDAP.[réf. nécessaire] En 1932, la famille déménage à Aschau am Inn. En mars 1937, son père prit sa retraite. Dans les Souvenirs qu'il a publiés en 1997, Joseph Ratzinger a retracé l'atmosphère de ses dix ans, alors que la famille, éclairée par un père de famille viscéralement hostile au Troisième Reich, relevait les signes angoissants de la militarisation du pays sans pouvoir imaginer le cataclysme qui allait être déclenché par le régime hitlérien.
Joseph Ratzinger avait une s½ur prénommée Maria, née en 1921, et un frère aîné, Georg, prêtre lui aussi. Il entra au lycée et petit séminaire de Traunstein en 1939.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est enrôlé dans les jeunesses hitlériennes, ce qui est obligatoire après 1938. À l'âge de 16 ans, il est versé, avec toute sa classe dans la lutte antiaérienne (DCA) allemande. Il participe par exemple à la défense d'une usine BMW des environs de Munich. En septembre 1944, il est affecté au Service du Travail Obligatoire. Il refuse d'entrer dans la Waffen-SS, malgré les pressions, en faisant valoir son intention de devenir prêtre. En décembre 1944, il est affecté à la Wehrmacht. Il déserte quelques jours avant la reddition allemande. Il est ensuite interné jusqu'au 19 juin 1945 dans un camp de prisonniers de guerre à Bad Aibling, où Günter Grass indique avoir été son ami et avoir joué aux dés avec lui1.
Après sa libération, il commence sa formation de prêtre. Dans l'immédiat après-guerre, l'Église catholique fut l'un des repères les plus importants pour une société allemande déboussolée. Des théologiens comme Romano Guardini et Josef Pieper, mais aussi des écrivains comme Gertrud von Le Fort acquirent une grande audience.
C'est à cette époque que Joseph Ratzinger commence à lire les écrivains catholiques français, Claudel, Bernanos, Mauriac, dont il est resté un fervent admirateur. Il poursuit des études de philosophie et de théologie à l'université de Munich, puis à l'École supérieure de Freising. Entre autres professeurs, Gottlieb Söhngen et Joseph Pascher exercent sur lui une influence notable2. Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre en même temps que son frère dans la cathédrale de Freising, par le cardinal Michael von Faulhaber.
Après une année de ministère paroissial en la paroisse du Précieux Sang, à Munich, il soutient sa première thèse de doctorat en juillet 1953 ; elle porte sur Le Peuple et la maison de Dieu dans la doctrine ecclésiale de saint Augustin (Volk und Haus Gottes in Augustins Lehre von der Kirche). Le 21 février 1957, il soutient sa thèse d'habilitation, intitulée : La Théologie de l'histoire chez saint Bonaventure (Die Geschichtstheologie des Heiligen Bonaventura).
Le théologien
En 1958, après une année de travail paroissial, durant laquelle il sillonne Munich à bicyclette, il est nommé professeur en dogmatique et théologie fondamentale à l'École supérieure de Freising, puis professeur de théologie à l'université de Münster de 1959 à 1963, devenant un des plus jeunes et des plus populaires théologiens d'Allemagne, puis professeur de théologie à l'université de Bonn de 1963 à 1966.
Il participe au concile ½cuménique Vatican II (quatre sessions de 1962 à 1965) en tant que consulteur théologique auprès du cardinal-archevêque de Cologne Joseph Frings, qu'il aide à préparer ses interventions. Lors de ce concile, Ratzinger passe pour quelqu'un de novateur et de précis, ce qui l'amène à être remarqué par le pape[réf. nécessaire] Paul VI. L'un de ses travaux concerne la nécessité d'entreprendre une réforme du Saint-Office qui deviendra la congrégation pour la doctrine de la foi.
De 1966 à 1969, il enseigne la théologie à la faculté de théologie de l'université de Tübingen, alors dirigée par le théologien Hans Küng.
En 1968, il a fait partie des mille trois cent soixante théologiens signataires d'une pétition demandant une réforme du Saint-Office de façon à donner plus de droits aux théologiens suspectés d'erreur doctrinale3.
Fervent défenseur des réformes, il est cependant inquiet de l'esprit de contestation qui gagne aussi les facultés de théologie, et en particulier, de l'intérêt que plusieurs théologiens allemands portent au marxisme, et se déclare partisan d'une interprétation plus authentique de Vatican II.
En 1969, il devint titulaire de la chaire de dogmatique et d'histoire des dogmes à l'université de Ratisbonne et vice-président de celle-ci.
Archevêque et cardinal
Il apprend, le 24 mars 1977 que le pape Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising. C'est le premier prêtre diocésain à accéder à ce siège important4 depuis 80 ans. Le 28 mai 1977, il est consacré archevêque, et le 27 juin de la même année, il est promu cardinal.
Lors de l'assemblée synodale sur la catéchèse de 1977, il fait la connaissance du cardinal Karol Wojtyła (devenu Jean-Paul II en 1978) avec lequel il échangeait depuis plusieurs années une correspondance, des idées et des livres. Il s'entend bien avec lui, et apprécie chez lui la franchise, la simplicité, la cordialité, l'ouverture d'esprit, la culture philosophique et théologique.
En 1980, il fut rapporteur du Ve synode des évêques, sur le thème : « Les missions de la famille chrétienne dans le monde d'aujourd'hui ».
Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi
Généralités
Le 25 novembre 1981, quatre ans et demi après leur première rencontre, Jean-Paul II nomme le cardinal Ratzinger préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, l'un des dicastères de la curie romaine, anciennement nommé le Saint-Office (l'ancienne Inquisition), ce qui l'amène, le 15 février 1982, à renoncer à la charge pastorale de l'archidiocèse de Munich et de Freising. La mission confiée à ce théologien sûr et cultivé est de préserver l'orthodoxie de la doctrine catholique, de la préciser au milieu des développements divers du monde moderne, y compris la philosophie, les sciences humaines, la biologie et la politique, et surtout de tenter de discerner la vérité parmi toutes les idées « à la mode » qui se succèdent.
Le poste dont il a eu la charge est un des postes capitaux de la curie, mais est aussi présenté comme l'un des plus impopulaires, car son titulaire passe pour un défenseur des conservateurs, un héritier de la Sainte Inquisition, un ennemi de la créativité et de l'ouverture. Durant 23 ans, il rencontre le pape au moins deux fois par semaine au déjeuner du mardi, entourés d'autres théologiens, pour des discussions sur des questions générales : bioéthique, ½cuménisme, théologie de la libération, etc. Tous les vendredis soirs, Jean-Paul II et lui travaillent ensemble, en tête-à-tête.
Critiques et condamnations
Ses détracteurs l'accusent d'avoir exercé sa charge d'une façon excessivement répressive5 au lieu de faire de la Congrégation un outil de réflexion sur la doctrine et la théologie, ou un espace de dialogue où mettre les idées nouvelles à l'épreuve et aplanir les divergences, considérant au contraire les théologiens comme un obstacle à l'unité nécessaire à l'accomplissement de la mission de salut de l'Église6.
On a vu ainsi condamner des catholiques d'importance7 comme Hans Küng, Edward Schillebeeckx o.p., Charles Curran, Jacques Dupuis s.j., Robert Haihgt s.j., Andrew Fox, Eugen Drewermann, Tissa Balasuriya o.m.i., Josef Imbach,... et une grande partie des théologiens de la libération comme Leonardo Boff o.f.m. et Jon Sobrino s.j. 8 dont la condamnation par la Congrégation en 2007 a causé un vif émoi et la consternation chez nombre de théologiens catholiques9. « Le grand public, encouragé par les fantasmes de l'antique Inquisition volontiers réveillés par les médias, a surtout retenu les innombrables condamnations ou réprobations », note à ce sujet le journaliste Michel Kubler dans le quotidien catholique La Croix10 lors de l'élection de Benoït XVI.
L'opposition de Joseph Ratzinger à la théologie de la libération repose sur le fait que, pour lui, elle est «une herméneutique » et « semble procéder d'une fin foncière de non-recevoir opposée à la modernité »11 dans une attitude qui, selon Juan Luis Segundo, lui-même figure importante de la théologie de la libération, met en cause toute l'histoire de la théologie de ces derniers temps, celle de la période post-conciliaire12. Une de ses dernières décisions à cette fonction sera de congédier Thomas J. Reese s.j., le rédacteur en chef de la revue jésuite américaine America6, considérée comme progressiste, en délicatesse avec la Congrégation depuis plusieurs années.
Chronologie des prises de position
En janvier 1983, lors d'un voyage à Lyon et à Paris, il déclare que « ce fut une première et grave faute de supprimer le catéchisme », dénonce « la grande misère de la catéchèse nouvelle », qui oublie « de distinguer le texte de son commentaire » et ajoute qu'« il faut oser présenter le catéchisme comme un catéchisme », phrase qui semble alors s'appliquer directement au catéchisme français Pierres vivantes. Les évêques expliquent que le cardinal n'entend nullement « s'ingérer dans les affaires françaises mais traiter globalement de la situation de la catéchèse ». En 1983, il fut le président du VIe synode sur le thème : « réconciliation et pénitence dans la mission de l'Église ».
Son ouvrage Entretien sur la foi (1985) expose sa vision du catholicisme après Vatican II et notamment de ce qu'il considère comme les dérives politiques de certains courants, notamment la théologie de la libération, qui justifient les mouvements révolutionnaires par des arguments religieux, ce qu'il réprouve sans appel : « Certains sont tentés devant l'urgence du partage du pain, de mettre entre parenthèses et de remettre à demain l'évangélisation : d'abord le pain, la parole plus tard13. » Cette théologie, qui fait du message évangélique le fondement d'une lutte aux côtés des plus pauvres en vue de l'amélioration de leurs conditions de vie matérielle, a souvent été perçue par le Vatican comme le résultat d'une infiltration des thèses marxistes au sein de l'Église catholique14. Il défend aussi les positions de l'Église sur le refus de la contraception, sur le célibat des prêtres et sur le non-accès des femmes au sacerdoce. Il a aussi développé l'idée qu'aucun ½cuménisme ne saurait se construire sur la base du plus petit dénominateur commun.
En octobre 1986, le pape Jean-Paul II décide de constituer une commission de cardinaux et d'évêques pour préparer un projet de catéchisme universel romain et en confie la présidence au cardinal Ratzinger. Le 22 février 1987, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, il signe l'Instruction romaine Donum Vitae qui affirme la position de l'Église sur les méthodes de procréation artificielles : insémination et fécondation in vitro et donne des critères éthiques de réflexion en la matière.
Le 27 novembre 1999, le cardinal Ratzinger participe au colloque 2000 ans après quoi ?15 organisé par la Sorbonne à l'occasion des festivités du passage au XXIe siècle. Les larges extraits de son discours Vérité du christianisme16 reproduits dans le journal La Croix suscitent une vive réaction dans les colonnes du même journal de la part du cardinal archevêque de Bordeaux Pierre Eyt, président de la Commission doctrinale de la conférence des évêques de France, qui lui reproche de ne pas assez tenir compte des problèmes structurels de l'Église. Le 26 juin 2000, il signe un document donnant l'interprétation officielle du message de Fatima17.
Le 6 août 2000, il publie la déclaration Dominus Iesus dans laquelle il affirme la supériorité du catholicisme sur le protestantisme, semblant prendre ainsi le contre-pied des efforts d'½cuménisme mis en acte avec la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification co-signée l'année précédente par le conseil (du Saint-Siège) pour l'unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale. Cinquante-trois théologiens catholiques belges protestent contre cette déclaration.
Le 24 janvier 2001 la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, décide de rédiger une notification, qu'il signe, « dans le but de sauvegarder la doctrine de la foi catholique d'erreurs, d'ambiguïtés ou d'interprétations dangereuses » qu'elle a relevées dans le livre Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux 18.
Lors d'une interview donnée à l'agence Zenit le 3 mai 200319, il réaffirme l'opposition du Vatican à la guerre d'Irak menée par les États-Unis, impossible d'après lui à justifier selon la doctrine de la guerre juste.
En janvier 2004, à l'occasion d'un débat avec le philosophe Jürgen Habermas à l'Académie catholique de Bavière, il reconnaît, à l'heure de la mondialisation, la « non-universalité de fait des deux grandes cultures de l'Occident, celle de la foi chrétienne et celle de la rationalité séculière20 ».
Après avoir été perçu comme un théologien progressiste durant sa participation au concile, le cardinal Ratzinger est au moment de son élection réputé pour ses vues conservatrices sur la foi et les m½urs, sur des sujets comme l'interruption volontaire de grossesse ou l'½cuménisme. Il est parfois surnommé par les médias « le Panzerkardinal », allusion à son intransigeance supposée et à sa nationalité allemande.
Il est connu pour avoir une position traditionnelle vis-à-vis des pratiques homosexuelles (christianisme et homosexualité) et de l'avortement direct. Il soutient le pape Jean-Paul II contre l'avis d'une majorité d'évêques allemands, dans sa décision à la fin des années 1990 de faire fermer quelque 260 centres de « conseil pour les grossesses conflictuelles »21 administrés par l'Église catholique allemande. Ces centres doivent se réorganiser sous une forme associative non reconnue par l'Église22.
Selon le spécialiste de l'histoire de l'Église Philippe Levillain23, Benoit XVI est un pape de restauration24 suivant le terme qu'il avait déjà utilisé en 1985, tandis qu'il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine Foi, et qui avait été vivement critiqué alors par les défenseurs de Vatican II25 dont, devenu pape, il appelle à une relecture qui vise à replacer le concile dans la continuité de la tradition24.
Distinctions, charges et prix
• Le 13 janvier 1992, l'Institut de France, l'élit comme membre associé étranger à l'Académie des sciences morales et politiques au fauteuil du défunt physicien nucléaire russe et prix Nobel de la paix Andreï Sakharov.
• En 1993, le 5 avril, il est promu cardinal-évêque titulaire de l'église suburbicaire de Velletri-Segni dans la banlieue de Rome. En 1998, il est nommé commandeur de l'ordre français de la Légion d'honneur et reçoit les insignes de l'Ordre le 11 mai de la même année à la villa Bonaparte par Jean-Louis Lucet, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège.
• Le 10 novembre 1999 il est fait docteur honoris causa en jurisprudence de la Libre Université Marie Très-Sainte Assomption de Rome.
• Le 13 novembre 2000, il est nommé académicien honoraire de l'Académie pontificale des sciences.
• En 2002, à l'occasion de son 75e anniversaire, il propose, suivant la coutume, sa démission au pape, mais Jean-Paul II ne désire pas se séparer de ce collaborateur, et le 6 novembre, il est élu doyen du Sacré Collège des Cardinaux, élection approuvée par le pape le 30 novembre, et titulaire de l'église d'Ostie, disposant déjà de celui de Sainte Marie-Consolatrice al Tiburtino.
• Le 8 avril 2005, étant le doyen du Collège des cardinaux, il a la responsabilité de diriger l'office religieux des funérailles du pape Jean-Paul II.
Il a été membre du Conseil de la IIe Section de la Secrétairerie d'État ; des Congrégations pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements ; pour les Évêques ; pour l'Évangélisation des Peuples ; pour l'Éducation catholique; du Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens ; des Commissions pontificales pour l'Amérique latine ; Ecclesia Dei. Le pape Benoît XVI est Bailli Grand Croix de l'Ordre de Malte. Il est ainsi, après Jean XXIII, le deuxième pape membre de cet Ordre.
Nouveau pape
L'Habemus papam de Benoît , prononcé le 19 avril 2005 par le cardinal protodiacre Jorge Arturo Medina Estévez.
Après un conclave d'à peine plus de vingt-quatre heures, le 19 avril 2005, la fumée blanche apparaît sur le toit de la chapelle Sixtine à 17h56. À 18h35, le cardinal protodiacre chilien Jorge Arturo Medina Estévez, annonce publiquement sur la place Saint-Pierre le traditionnel habemus papam et l'élection du cardinal Ratzinger comme successeur de Jean-Paul II en tant que 265e pape sur le trône pontifical26.
Lors de sa première apparition publique ce 19 avril 2005, avant la première bénédiction Urbi et orbi de son pontificat, le nouveau pape, sous le nom de Benoît XVI, prononce les mots suivants :
« Chers frères et chères s½urs, après le grand pape Jean-Paul II, Messieurs les Cardinaux m'ont élu moi, un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur. Le fait que le Seigneur sache travailler et agir également avec des instruments insuffisants me console et surtout, je me remets à vos prières, dans la joie du Christ ressuscité, confiant en son aide constante. Nous allons de l'avant, le Seigneur nous aidera et Marie, Sa Très Sainte Mère, est de notre côté. Merci27. »
Après Albino Luciani (Jean-Paul Ier) et Karol Wojtyła (Jean-Paul II), c'est le troisième cardinal nommé par Paul VI à devenir pape. Pourtant, sur les cent quinze cardinaux ayant pris part au conclave, seuls deux n'avaient pas été nommés par Jean-Paul II.
À 78 ans, il est le pape le plus âgé au jour de sa prise de fonctions depuis Clément XII en 1730. Il s'agit du premier pape d'origine germanique depuis Victor II (1055-1057), originaire de la Souabe, et Adrien VI (1522–1523), hollandais originaire d'Utrecht (Pays-Bas espagnols), alors relevant du Saint Empire romain germanique.
La messe d'inauguration du pape Benoît XVI a eu lieu le 24 avril 2005 en présence de nombreux hauts dignitaires de la planète. La France est représentée par le Président de la République Jacques Chirac et son épouse, et les États-Unis par son président George W. Bush et ses deux prédécesseurs Bill Clinton et George Bush père. Dans sa première homélie, le pape Benoît XVI précise qu'il ne va pas livrer de « programme ». On note toutefois que contrairement au dialogue avec le monde juif et l'½cuménisme, le dialogue avec l'islam n'est pas cité parmi ses priorités.
Au cours des mois qui ont suivi, le pape a mis en pratique un dicton bavarois qui recommande à un évêque d'observer pendant au moins un an et de ne rien toucher à l'administration de son diocèse. Depuis lors, le pape a sèchement renvoyé le président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Mgr Fitzgerald, "promu" nonce apostolique en Égypte, alors qu'on le donnait comme pouvant être promu au rang de cardinal, et fusionné ce conseil avec celui de la culture.
Le pape a effectué plusieurs voyages, en Italie (notamment à Bari, dans les Pouilles), en Allemagne (août 2005 pour les journées mondiales de la jeunesse et septembre 2006), en Pologne (mai 2006), en Espagne (juillet 2006), en Turquie (novembre 2006), au Brésil (mai 2007), en Autriche (septembre 2007), aux États-Unis (avril 2008), en Australie (juillet 2008 pour les journées mondiales de la jeunesse) et en France (septembre 2008).
Les secrets du conclave
En septembre 2005, la revue de géopolitique italienne Limes publie un texte présenté comme le Journal du conclave d'un cardinal ayant pris part au vote. Ce texte affirme que le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio aurait été son plus sérieux rival. Ces chiffres auraient dû rester secrets, d'autant plus qu'avant de rentrer en conclave les cardinaux électeurs ont tous solennellement juré de ne jamais violer le secret de l'élection, sauf autorisation papale. Or, dès la sortie du conclave, plusieurs cardinaux n'ont pas manqué de raconter quelques confidences et anecdotes, comme celle des difficultés de faire fonctionner le vieux poêle en fonte prévu pour brûler les bulletins, les feuilles de décomptes et annoncer l'élection d'un nouveau pape grâce à une fumée blanche. L'histoire récente avait déjà connu des témoignages anonymes.
Au premier tour, le cardinal papabile Carlo Maria Martini, jésuite de 78 ans et ancien archevêque de Milan et chef de file du camp dit « progressiste », connu pour sa rigueur doctrinale mais surtout pour ses positions novatrices sur les questions sociales et pastorales et donné favori par les journalistes vaticanistes, n'aurait recueilli que 9 voix, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, 10 et le cardinal Ratzinger, 47.
Au deuxième tour, le lendemain matin, le cardinal Carlo Maria Martini n'aurait recueilli aucune voix, le cardinal Jorge Mario Bergoglio en aurait recueilli 35 et le cardinal Joseph Ratzinger en aurait réuni 65. Au déjeuner, le cardinal Bergoglio, par des gestes, aurait fait comprendre à ses partisans qu'il ne voulait pas être élu.
Au troisième tour, l'élection finale du cardinal Ratzinger n'aurait plus fait de doute, le cardinal Bergoglio n'aurait recueilli que 40 voix et le cardinal Ratzinger 72. Au quatrième tour, le cardinal Bergoglio n'aurait recueilli que 26 voix et le cardinal Ratzinger aurait obtenu 84 voix sur 115 cardinaux, soit 7 de plus que la majorité requise pour être élu pape. Selon le journal, l'annonce des résultats aurait été suivie d'un long silence puis saluée « d'un long et cordial applaudissement ».
C'est le cardinal chilien Jorge Arturo Medina Estévez, qui, en tant que protodiacre, a annoncé depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre au monde entier le nom du nouveau pape.
Choix du nom de règne
Le choix du nom de règne a une valeur symbolique et tend à inscrire le nouveau pape dans la ligne du précédent pape ayant porté le même nom. Le choix de ne pas continuer la lignée des « Jean » et des « Paul » montre donc une distance avec ses quatre prédécesseurs immédiats, par modestie ou par souci d'évolution. Il n'est d'ailleurs jamais arrivé que trois papes consécutifs portent le même nom de règne.
Au cours de l'audience générale du mercredi 27 avril 2005, le pape a expliqué, en français, pourquoi il avait choisi le nom de Benoît : « J'ai choisi le nom de Benoît en référence à Benoît XV, qui a guidé l'Église dans la période difficile de la Première Guerre mondiale. Sur ses traces, je désire participer à la réconciliation et à l'harmonie entre les hommes et entre les peuples. » « Le nom de Benoît évoque aussi le père du monachisme occidental, co-patron de l'Europe, particulièrement vénéré dans mon pays et surtout en Bavière. Saint Benoît (Benoît de Nursie) avait inscrit dans sa règle de ne rien mettre au-dessus du Christ. Nous lui demanderons donc de nous aider à rester le regard fixé sur le Christ. ».
Le précédent pape portant ce nom, Benoît XV, régna de 1914 à 1922. Tout en restant neutre dans le conflit, il chercha pendant son pontificat une issue à la Première Guerre mondiale, proposant en vain une paix sans vainqueurs ni vaincus. Son attitude lui vaudra le surnom de « pape boche » de la part du camp français et de « pape français » de la part du camp allemand. Pour l'Église, il reste comme le « pape de la paix ». Il tenta également de trouver une solution de consensus à la crise moderniste.
Le pape Benoît XIV, quant à lui, était un législateur de l'Église moderne qui avait marqué le XVIIIe siècle par son long pontificat et par son envergure intellectuelle (dont sa condamnation de la franc-maçonnerie). Son pontificat s'est déroulé au siècle des Lumières.
Mais Benoît XVI fait d'abord référence à saint Benoît de Nursie, patron de l'Europe, né vers 480 à Norcia (Nursie en Italie), fondateur du principal ordre monastique occidental, l'ordre des Bénédictins.
Avant les explications données par le pape lui-même, d'autres interprétations ont circulé :
Joseph Ratzinger est né en Bavière le 16 avril 1927. Le saint du calendrier qui correspond à ce jour-là est Benoît Joseph Labre, mort cette même date. Une hypothèse émise est que Benoît XVI ait souhaité marquer une filiation avec lui.
De plus, certains journaux font également remarquer que le 1er avril 2005, la veille de la mort de Jean-Paul II, le cardinal Ratzinger a reçu à Subiaco le prix Saint-Benoît pour la promotion de la vie et de la famille en Europe.
Enfin, quelques interprétations font référence à la prophétie de saint Malachie, qui attribue à chaque pape une devise : à Benoît XVI, est attribuée la devise gloria olivae (la gloire de l'olive). L'olivier est le symbole des olivétains, une des branches de l'Ordre de Saint Benoît, ce qui faisait croire à certains que le pape serait bénédictin, en confondant bénédictins et olivétains.
Joseph Ratzinger n'était ni l'un ni l'autre, mais il a choisi le nom de Benoît.
Armoiries et devise
De gueules chapées d'or, au 1 à la tête de maure brunâtre coiffée de sable, les lèvres, la couronne et le collier de gueules, et portant à l'oreille un anneau d'or, qui est de Freising, au 2 à la coquille d'or qui est de Saint Jacques, au 3 à l'ours brunâtre lampassé de gueules portant un bât de gueules croisé de sable, qui est de Saint Corbinien, l'écu posé sur deux clés passées en sautoir, l'une d'or en barre, l'autre d'argent en bande, qui sont de Saint Pierre, liées en pointe par un cordon de gueules sur lequel est placé un pallium, et surmonté d'une mitre pontificale d'argent bordée d'or frappée d'une croix de même.
Le blason figurant sur les nouvelles armoiries papales, rendues publiques le 26 avril 2005, est une simplification de celui qu'il utilisait en tant qu'archevêque de Munich et de Freising, puis de préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Le reste du dessin présente cependant une innovation : la tiare qui, en signe d'humilité, n'était plus portée par les papes depuis les premières années du règne de Paul VI, mais qui restait représentée sur les armoiries papales, est désormais remplacée par une simple mitre d'évêque. La dignité papale, c'est-à-dire d'évêque de Rome, est représentée par l'ensemble de la mitre épiscopale, des clés de saint Pierre et du pallium archiépiscopal pendant sous le blason.
Le blason est de type « écu à calice », d'un écu de gueules chapé d'or, portant les emblèmes du Maure, de la coquille et de l'ours. Ces trois symboles signifient « l'universalité » de l'Église, « sans acception de personne », la « marche permanente » du chrétien, et la « bête de trait », au « service » de Dieu :
• À gauche se trouve le « Maure de Freising », une tête d'Éthiopien couronnée qui figure depuis l'évêque Conrad III en 1316 sur les blasons de l'évêché-principauté de Freising.
• Au centre du blason, une coquille Saint-Jacques évoque notamment le monastère Saint-Jacques de Ratisbonne, où se trouve le séminaire de prêtres du diocèse où Joseph Ratzinger a enseigné la théologie. Elle évoque également, entre autres, les pèlerinages de Saint-Jacques-de-Compostelle.
• À droite figure « l'ours de saint Corbinien », l'évêque de Freising (680-730 après J.-C.) qui a converti la Bavière païenne à la religion catholique au VIIIe siècle. L'animal fait référence à l'ours qui tua la monture de Saint Corbinien lors d'un voyage à Rome, et auquel Corbinien ordonna de lui servir de monture jusqu'à la ville sainte, avant de lui rendre sa liberté une fois arrivé à destination28. L'ours de Saint Corbinien symbolise ainsi la « domestication de la sauvagerie païenne » par la foi catholique et en même temps « le fardeau de la fonction » en tant que « porteur de Dieu ».
Lors de la messe inaugurale du 24 avril 2005, Benoît XVI insista longuement sur le rôle donné au pallium :
« Le pallium, tissu en pure laine placé sur mes épaules [...] peut être considéré comme une image du joug du Christ. [...] Et cette volonté n'est pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et nous enlève notre liberté. [...] En réalité le symbolisme du pallium est encore plus concret : la laine d'agneau entend représenter la brebis perdue ou celle qui est malade ou celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules et qu'il conduit aux sources de vie. [...] Le fils de Dieu [...] ne peut abandonner l'humanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix. Il la charge sur ses épaules, il porte notre humanité, il nous porte nous-mêmes. »
Benoît XVI a choisi pour devise une parole extraite de la troisième lettre de saint Jean : « Coopérateurs de la vérité ».
Son pontificat
L'organisation du Saint-Siège
Élection des papes
Benoît XVI a changé les règles d'élection du pape, revenant à celles d'avant la modification décidée en 1996 par Jean-Paul II. Le prochain souverain pontife devra donc recueillir deux tiers des voix des cardinaux réunis en conclave pour être élu, quel que soit le nombre de scrutins. Jean Paul II avait en effet permis, dans le cas de tractations bloquées pendant plusieurs jours, l'élection à la majorité absolue. 29
Le collège cardinalice
Le 22 février 2006, il crée 15 cardinaux et le 17 novembre 2007 lors d'un nouveau consistoire, il ajoute 23 nouveaux cardinaux au collège cardinalice.
Contrairement à son prédécesseur, il respecte strictement, à chaque consistoire, le nombre de 120 cardinaux électeurs qu'a fixé Paul VI.
Article détaillé : Cardinaux créés par Benoît XVI.
Article détaillé : Évolution du collège cardinalice sous le pontificat de Benoît XVI.
La Curie
Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI a renouvelé un grand nombre des responsables des dicastères (équivalent des ministères) de la Curie romaine. Il a manifesté une volonté de réduire la Curie30, volonté qui s'est concrétisée par le rapprochement sous une présidence commune de plusieurs instances. Ainsi, le président du conseil pontifical pour la culture, prend également la présidence des commissions pontificales pour l'héritage culturel de l'Église et pour l'archéologie sacrée.
Il revient en revanche rapidement sur le rapprochement entre les conseils pontificaux pour la culture et pour le dialogue inter-religieux engagé en 2006. De même, les conseils pontificaux « Justice et Paix » et pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement placés sous présidence commune en 2006 sont à nouveau dissociés en 2009.
Il promeut au sein de la curie plusieurs de ses anciens collaborateurs au sein de la congrégation pour la doctrine de la foi, au premier rang desquels le cardinal Tarcisio Bertone, ancien secrétaire de la congrégation, nommé secrétaire d'état et camerlingue ou Angelo Amato, également ancien secrétaire de la congrégation appelé à la tête de la congrégation pour les causes des saints. Des sources vaticanes pointent que le souverain pontife se serait contenté de s'entourer de ces anciens collaborateurs sans qu'ils en aient nécessairement les compétences24.
Benoît XVI place ainsi des hommes de confiance mais, selon le journaliste vaticaniste Sandro Magister, des secteurs entiers de la curie vont à la dérive, notamment celui de la communication, modèle d'improductivité31. Certains analystes décrivent par ailleurs les nominations comme une prise de pouvoir des traditionalistes et des intransigeants32 tandis que certains affirment que Benoit XVI serait incapable de gouverner, pointant les rapports avec les schismatiques lefebvristes dont la gestion serait tombée aux mains de l'extrême droite de la curie24.
Article détaillé : Chronologie de la Curie sous Benoît XVI.
Pastorale
Béatifications
Le 13 mai 2005, il annonce le début du procès en béatification de Jean-Paul II, en exerçant sa prérogative de ne pas tenir compte du délai de cinq ans après la mort normalement requis par le droit de l'Église.
Contrairement à Jean-Paul II mais conformément à l'usage ancien, Benoit XVI ne préside généralement pas lui même les cérémonies de béatifications.
Canonisations
Dans la lignée de son prédécesseur Jean-Paul II, le pape Benoît XVI continue - mais à un rythme beaucoup plus lent - à canoniser des chrétiens et chrétiennes qui peuvent être considérés comme modèles de vie évangélique.
Article détaillé : Liste des canonisations par Benoît XVI.
Apparitions et exhortations publiques
En mai 2005, il restreint les rallyes d'activistes franciscains33.
Dans son premier message de Noël, adressé au monde depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre de Rome, le 25 décembre 2005, le pape Benoît XVI appelle l'humanité du 3e millénaire à un « réveil spirituel », sans lequel a-t-il dit « l'homme de l'ère technologique risque d'être victime des succès même de son intelligence ».
Eucharistie
Au début de 2007, il publie une exhortation apostolique post-synodale du nom de Sacramentum Caritaris qui vise à défendre la beauté et la nécessité du culte eucharistique, central dans la liturgie chrétienne.
En juin 2008, le Pape lance un mouvement de réhabilitation de la communion à genoux, dans les mots comme dans les faits, tombée en désuétude depuis le concile de Vatican II, déclarant vouloir « revenir à la génuflexion » et évoquant « l'urgence de donner à nouveau l'hostie aux fidèles directement dans la bouche », ce qu'il a effectué lors d'une messe à Brindisi le 15 juin 200834.
Enseignements
Vision de Vatican II
Benoît XVI est favorable au concile Vatican II, dont il a été l'un des acteurs. Il raconte : « J'ai vécu, moi aussi, l'époque du concile Vatican II, j'étais dans la basilique Saint-Pierre avec beaucoup d'enthousiasme ». Il racontera ainsi sa vision de l'après-concile, qui est selon Benoît XVI toujours difficile, et faite de crise dans un entretien avec des prêtres lors de ses vacances le 24 juillet 200535.
Le lendemain de son élection en tant que pape il affirme que « la mise en ½uvre du concile Vatican II » est sa priorité « en continuité fidèle avec la tradition bimillénaire de l'Église », phrase qui a été très commentée. Benoît XVI critique ainsi la vision du Concile Vatican II qui serait une rupture dans l'histoire de l'Église. Il y voit au contraire non pas une rupture radicale mais un « renouveau dans la continuité » de l'Église. Benoît XVI dans une intervention du 22 décembre 2005 s'explique plus longuement36 ; il dénonce une certaine vision du concile Vatican II qu'il nomme un certain « esprit du concile », qui opposerait « la lettre et l'esprit du Concile », un débat central qui divise l'intérieur de l'Église depuis quarante années entre ceux qui se réjouissent de voir que l'Église catholique s'est « ouverte au monde » (l'esprit du concile) et ceux qui déplorent sa perte de substance et appellent à un nouvel enracinement (ceux qui ne voient que la lettre du concile). Benoît XVI considère donc que l'Église a, avec le Concile Vatican II, « maintenu et approfondi sa nature intime et sa profonde identité ». Il affirme ainsi que « Ceux qui attendaient avec ce ''oui'' fondamental à l'époque moderne (du concile Vatican II) que toutes les tensions disparaissent, et que l'ouverture au monde se transforme en une pure harmonie ont sous évalué les tensions intérieures et aussi les contradictions de cette époque moderne37».
Motu proprio Summorum Pontificum et relations avec les traditionalistes.
Article détaillé : Summorum Pontificum.
Dès le début de son pontificat, la presse évoque une possible réconciliation avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) et la libéralisation du rite tridentin. Certains évêques français, cependant, expriment des réserves sur cette éventualité, ce qui cause divers problèmes internes à la curie. Les journalistes évoquent les discussions entre Mgr Jean-Pierre Ricard, Mgr Bernard Fellay, Supérieur de la FSSPX, et le pape Benoît XVI ; ainsi que le projet de Mgr Albert Malcolm Ranjith pour mener à terme la réforme liturgique en s'ouvrant entièrement à Sacrosanctum Concilium, qui permet l'usage moderne du latin.
Effectivement, le samedi 7 juillet 2007, Benoît XVI publie le motu proprio Summorum Pontificum38, permettant la célébration du missel de 1962 (ou messe dite de saint Pie V dans sa version révisée par Jean XXIII) par tous les prêtres sur simple demande des paroissiens, accompagné d'une lettre aux évêques39.
La lettre du pape affirme ainsi que la messe de Saint Pie V dans sa version de 1962 et celle de 1970 de Paul VI ne sont qu'un seul et même rite ayant deux expressions différentes (cette appréciation est critiquée par les traditionalistes). De plus, il dénonce les excès « insupportables » de la réforme liturgique post-conciliaire (conformément à la pensée de ce même courant) et appelle par ce texte à « une réconciliation interne » au sein de l'Église catholique, ainsi que l'unité des chrétiens ayant suivi Mgr Lefebvre dans le schisme. Ce texte peut ainsi apparaître comme une victoire pour ces fidèles qui se réjouissent de sa publication40. Cependant Benoît XVI reste dans la ligne directe de Vatican II (affirmation de la validité de la messe de Paul VI, comme expression du rite ordinaire alors que la messe de Pie V est reconnue, mais en reste l'expression extraordinaire41.). Ainsi la publication du motu proprio apparaît comme une volonté de réconciliation et d'unité des chrétiens, au même titre que la lettre demandant l'unité des chrétiens de Chine, même si les contextes sont totalement différents42.
Une tentative de « réintégration » de la FSSPX dans la pleine communion ecclésiale, pour laquelle le Vatican avait formulé cinq conditions n'incluant pas la reconnaissance des enseignements du concile Vatican II a été rejetée le 27 juin 2008 par Mgr Bernard Fellay, Supérieur de la Fraternité43, même si l'évêque dit continuer désirer la poursuite des relations.
Par décret du 21 janvier 2009 rendu public le 24, le préfet de la Congrégation pour les évêques Giovanni Battista Re agissant au nom du pape Benoît XVI lève l'excommunication des quatre évêques de la FSSPX44. Cette décision suscite une vive polémique : plusieurs centaines de catholiques allemands, hostiles à ce décret, engageront une procédure officielle pour se faire radier des registres de l'Eglise45.
La levée de l'excommunication de quatre évêques traditionalistes, dont Richard Williamson (qui avait tenu, quelques semaines plus tôt des propos négationnistes dans un entretien à une chaîne de télévision suédoise, diffusée quelques jours avant la levée de l'excommunication), suscite indignation et incompréhension, notamment dans certains milieux catholiques allemands.
Dans un entretien au journal Le Monde, le grand rabbin de France, Gilles Bernheim s'interroge :
« Comment le pape pouvait-il ignorer le négationnisme de Mgr Williamson ? Si la levée de l'excommunication est une invitation à la réconciliation, comment se réconcilier avec celui qui s'est exclu de la chrétienté par ses propos ? Comment dialoguer avec cet autre qui voit dans la négation de la Shoah une opinion personnelle ? Et que se passera-t-il si les quatre évêques qui ne sont plus excommuniés continuent de refuser Vatican II et Nostra Ætate ? Ces questions m'inquiètent. Comme beaucoup de chrétiens et de juifs, j'attends des réponses claires46 ».
Face à la polémique, le Vatican précise que le pape ignorait les déclarations négationnistes de Richard Williamson et que l'évêque devra prendre « sans équivoque et publiquement ses distances » avec les propos précédemment tenus pour « être admis aux fonctions épiscopales dans l'Église45 ». Dans le même document47, le Vatican indique que « la pleine reconnaissance du concile Vatican II » est « indispensable à la reconnaissance future de la FSSPX ».
Pour Angela Merkel, ces demandes du pape à l'encontre de l'évêque négationniste sont saluées comme « un signal important et positif48 ».
Encycliques
Deus Caritas Est
Article détaillé : Deus Caritas Est.
Le 25 janvier 2006, il publie sa première encyclique Deus Caritas Est, Dieu est amour. Dans cette encyclique le pape tente d'expliquer le sens chrétien de l'Amour, critiquant le fait que le nom de Dieu soit associé à la vengeance ou la violence. Pour cela il parle de l'Amour que l'Église doit transmettre. L'encyclique obtient un succès éditorial (vendue à plus d'1,45 million d'exemplaires49).
Spe Salvi
Article détaillé : Spe Salvi.
Le 30 novembre 2007, Benoît XVI publie sa seconde encyclique : Spe Salvi (Sauvés par l'Espérance) qui est une réflexion sur le thème de l'espérance chrétienne, prenant comme référence la Lettre de Saint Paul aux Romains, « c'est en espérant que nous avons été sauvés » (Chapitre VIII verset 24).
Caritas in Veritate
Une encyclique consacrée aux problèmes sociaux50 intitulée Caritas in Veritate (L'amour dans la Vérité) est en cours de rédaction. Initialement annoncée pour le 1er mai 2008, le jour de la fête de saint Joseph, saint patron des travailleurs, sa publication a été plusieurs fois reportée.
Dans un entretien le 27 mai 2008, relayée par l'agence Zenit le 11 juin51, le Cardinal secrétaire d'État Tarcisio Bertone évoquant cette encyclique, indique qu'elle est toujours en cours de rédaction, confirme qu'elle traitera des questions sociales et qu'il est « probable » qu'elle porte le nom de Caritas in Veritate. Il indique que le pape « ne veut pas répéter des lieux communs de la doctrine sociale de l'Église mais souhaite apporter des éléments originaux, répondant aux défis de notre temps ». Il évoque une publication possible à l'automne 2008.
Une nouvelle dépêche de l'agence Zenit, publiée le 24 décembre 200852, confirme le titre de cette encyclique et en annonce sa publication pour avril 2009.
Livre
Benoît XVI publie en mai 2007 son premier livre en tant que pape. Le livre est le premier tome de la vie du Christ, Jésus de Nazareth. Il signe « Joseph Ratzinger, Benoît XVI », car il veut affirmer par là même que ce livre est une vision personnelle de la vie de Jésus et non un enseignement dogmatique, relevant du magistère pontifical. En signant Joseph Ratzinger, il insiste sur le fait que cet ouvrage n'entre pas dans le champ de l'infaillibilité pontificale.
Benoît XVI affirme le 17 juillet 2007 travailler sur le second tome de la vie du Christ53.
Voyages et pélerinages
Article détaillé : Liste des visites pastorales du pape Benoît XVI hors d'Italie.
En Italie, Benoît XVI s'est rendu
en 2005 à
• Bari (clôture du XXIV Congrès eucharistique national italien)
en 2006 à
• Manoppello (visite du sanctuaire de la Sainte-Face)
• Vérone (IV Congrès ecclésial national de l'Église italienne)
en 2007 à
• Vigevano et Pavie
• Assise (7e centenaire de la conversion de saint François)
• Lorette (rencontre Agora 2007 avec les jeunes Italiens)
• Velletri
• Naples (rencontre internationale pour la Paix)
en 2008 à
• Savone et Gênes
Dialogue ½cuménique
• Orthodoxes
Le 1er mars 2006 Benoît XVI a pris la décision de renoncer au titre de « Patriarche de l'Occident. »54. Ce renoncement a deux objectifs, le premier est de ne retenir que le titre universel du pape et non plus que celui de Patriarche de l'Occident, la deuxième raison vise à se rapprocher des chrétiens orthodoxes, car le titre de patriarche de l'Occident a été créé en grande partie par opposition au patriarche d'Orient, et donc orthodoxe.
Le 16 mars 2006, des échanges de lettres entre Benoît XVI et le patriarche de Moscou Alexis II sont publiés, cet échange montre un début de rapprochement, Benoît XVI voulant « une collaboration plus intense dans un esprit de vérité et de charité » et le patriarche quant à lui affirme que l'Occident « est confrontée à de graves défis qui exigent des engagements communs ». Les relations entre Jean-Paul II et Alexis II étaient beaucoup plus tendues55.
Le 28 juin 2008, le Patriarche ½cuménique de Constantinople, Bartholomée Ier assiste à Rome, aux cotés de Benoit XVI, à l'ouverture de l'année paulinienne commémorant le deuxième millénaire de la naissance de Saint Paul.
• Anglicans
Le 23 novembre 2006, le pape et l'archevêque de Cantorbéry Rowan Williams, chef de l'Église anglicane, ont reconnu l'existence dans une déclaration commune « le long chemin que les deux Églises ont parcouru ensemble depuis 40 ans impose de reconnaître publiquement le défi présenté par de nouveaux développements qui (...) constituent de sérieux obstacles au progrès ½cuménique », souligne cette déclaration. Ils s'engagent à « poursuivre le dialogue ». Les deux chefs religieux ont aussi appelé leurs fidèles à témoigner et agir ensemble pour « la paix au Proche-Orient et dans d'autres parties du monde »56.
• Autres chrétiens
Le 29 août 2006 le pape Benoît XVI rencontre monseigneur Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X57, cette rencontre vise au rapprochement « par étape » avec la communauté traditionaliste, dont le fondateur a été excommunié en 1988. Benoît XVI a contribué à rapprocher l'Église et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, notamment avec la publication du Motus Proprio Summorum Pontificum, le 7 juillet 2007.
Dialogue inter-religieux
• avec le judaïsme
Le 29 mai 2006, au cours d'un voyage en Pologne, pays de son prédécesseur, le pape Benoît XVI se rend à Auschwitz, visite hautement symbolique du fait de sa nationalité allemande 58. En février 2008, le pape Benoît XVI, dans sa volonté de permettre l'ancien rite de la messe en latin, a décidé de maintenir, avec quelques modifications, une prière pour la « conversion des juifs » contenue dans le missel en latin pour le Vendredi Saint. Cette autorisation suscite alors certaines réactions de la part de membres de la communauté juive59. En avril 2008, lors de son voyage au États-Unis, le pape - lors d'une visite initialement non prévue - a rencontré la communauté juive, et visité une synagogue à New York, adressant un message à la communauté juive60. À cette occasion, il a affirmé vouloir « réitérer l'engagement de l'Eglise au dialogue qui, en quarante ans, a conduit à changer fondamentalement, et à améliorer, nos relations ».
• avec l'islam
Le 12 septembre 2006, dans son discours à l'Université de Ratisbonne, le pape déplore énergiquement toute violence commise pour des desseins religieux. Son argument est ceci : Dieu est le Verbe, le Logos, la Raison primordiale. Or, la raison s'oppose à la violence et aux passions.
Dans ce discours, il cite notamment l'empereur byzantin du XIVe siècle Manuel II Paléologue : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses méchantes et inhumaines, comme son ordre de diffuser par les moyens de l'épée la foi qu'il professait ». Cette citation, détachée de son contexte, a déclenché de vives réactions dans le monde (dont musulman), réactions qui allèrent jusqu'à brûler des effigies et à commettre des agressions.
• avec le bouddhisme
Le 13 octobre 2006, le pape Benoît XVI a reçu le 14e Dalaï Lama, leader spirituel bouddhiste du Tibet dans le cadre d'une « rencontre privée, de courtoisie, aux contenus religieux »61. Le 13 décembre 2007, il devait également recevoir le dalaï lama au Vatican62. Cependant, suite à une pression du gouvernement chinois, le Vatican déclare que le pape n'envisage pas de rencontrer le Dalaï Lama à cette date63, soulevant une critique64. Le dalaï lama a déclaré qu'il était désolé de ne pas voir le pape pendant sa visite de 10 jours en Italie65.
• avec les indigènes
Le 13 mai 2007, dans son discours d'ouverture de la cinquième Conférence générale de l'épiscopat latino-américain et des Caraïbes, à Aparecida, au Brésil, Benoît XVI a dit que les indigènes étaient silencieusement en attente du Christ. Il citait la doctrine catholique sur les religions non-chrétiennes, mais cela a provoqué des protestations de la part de responsables religieux et experts des communautés amérindiennes (AFP 14 mai 2007). Plus tard, il a déclaré que les conquistadors avaient commis de sérieux crimes mais que l'Église avait déjà dénoncé ces mêmes erreurs par le passé66.
Positions politiques
• Da Vinci code
Mgr Angelo Amato, secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi dont le pape Benoît XVI a été le préfet jusqu'à avril 2005, a dénoncé les « erreurs », les « calomnies » et les « insultes » contre l'Église contenues dans l'ouvrage67. Le pape Benoît XVI quant à lui rappelle le 30 avril 2006, au cours de la prière publique dominicale, que « la résurrection du Christ est le point central du christianisme (...). La nier comme on a tenté de le faire de différentes manières et comme on continue à le faire, c'est amoindrir (la) foi », 68 critiquant ainsi de manière indirecte le livre qui affirme que Jésus serait marié avec Marie Madeleine et montrant l'Opus Dei, et l'Église catholique comme des institutions qui ne cherchent qu'à cacher la vérité de leur mariage et de leur descendance69.
D'une façon générale, le pape n'a pas pris autant que son prédécesseur part au débat politique. Certains choix religieux ont cependant des échos politiques lisibles (ainsi, la canonisation de religieux espagnols tués au cours de la guerre d'Espagne au moment où le gouvernement socialiste de J-L Zapatero reconnaissait les combattants républicains). L'entourage du pape a également laissé entendre en 2008 qu'il fallait conserver une autonomie politique à la démocratie chrétienne en Italie.
Diplomatie
Le 1er janvier 2006, au cours de la messe célébrée au Vatican, à l'occasion de la Journée mondiale de la paix, Benoît XVI a appelé l'Organisation des Nations unies (ONU) à une conscience renouvelée de ses responsabilités pour promouvoir la justice, la solidarité et la paix dans le monde.
Il prononce un discours devant l'assemblée épiscopale européenne dans lequel il critique fermement le refus de l'Union européenne de reconnaître les racines chrétiennes du continent. De plus, il affirme que l'Europe risque de passer à l'histoire si elle ne se retourne pas vers l'espoir et vers Dieu.
¼uvres
Liste non exhaustive :
• Foi chrétienne hier et aujourd'hui, Mame, 1976, (ISBN 2-7289-0008-6) ;
• Entretien sur la foi, entretien avec Vittorio Messori, Fayard, 1985 ;
• Les Principes de la théologie catholique, Téqui, 1985 ;
• Église, ½cuménisme et politique, Fayard, 1987 ;
• La Théologie de l'histoire de saint Bonaventure, Presses universitaires de France, coll.
« Théologiques », 1988 ;
• Serviteurs de votre joie, Fayard, 1990 ;
• Regarder le Christ, Fayard, 1992 ;
• Appelés à la communion, Fayard, 1993 ;
• La Mort et l'au-delà, Fayard, coll. « Communio », 1994 ;
• Petite introduction au Catéchisme de l'Église catholique, en coll. avec Christophe Schönborn,
Le Cerf, coll. « Documents des Églises », 1995 ;
• Un tournant pour l'Europe ? Diagnostics et pronostics sur la situation de l'Église et du monde, Flammarion, 1997 ;
• Le Sel de la terre. Le christianisme et l'Église catholique au seuil du troisième millénaire entretiens avec Peter Seewald, Flammarion, 1997 ;
• Ma vie (autobiographie), Fayard, 1998 ;
• L'Unique alliance de Dieu et le pluralisme des religions, Parole & Silence, 1999 ;
• L'Esprit de la liturgie, Ad Solem, 2001 ;
• Voici quel est notre Dieu, Mame, 2001, (ISBN 2-259-20298-5) ;
• Un chant nouveau pour le Seigneur, Desclée, 2002 ;
• La Fille de Sion, Parole & Silence, coll. « Cahiers de l'École cathédrale », 2002 ;
• Faire route avec Dieu : l'Église comme communion, Parole & Silence, 2003 ;
• Dieu nous est proche : l'Eucharistie au c½ur de l'Église, Parole & Silence, 2003 ;
• Église et théologie, Mame, coll. « Théologie », 2003.
• Chemins vers Jésus, Parole & Silence, 2004 ;
• Foi, vérité, tolérance, Parole & Silence, 2005. À paraître.
• Deus Caritas Est, Dieu est amour, encyclique (lire).
• Sacramentum Caritatis, Exhortation apostolique, 2007 ;
• Jésus de Nazareth, Flammarion, 2007
• Spe Salvi, Sauvés dans l'espérance, encyclique
Bibliographie
• Philippe Levillain, Le moment Benoît XVI, éd. Fayard,2008
• Bernard Lecomte, Benoît XVI, le dernier pape européen, éd. Perrin, 2006
• Jean Chélini, Benoît XVI : l'Héritier du Concile, éd. Hachette, 2005
• Constance Colonna-Cesari, Benoît XVI  : les clés d'une vie, éd. Philippe Rey, 2005
• Jacques Duquesne et alii, Benoît XVI ou le Mystère Ratzinger, éd. Desclée de Brouwer, 2005
• Jean-Marie Guénois, Benoît XVI, le pape qui ne devait pas être élu, éd. Jean-Claude Lattès, 2005
• Michel Kubler, Benoît XVI, pape de contre-réforme : l'ouverture d'un pontificat, éd. Bayard Centurion, 2005
• Éric Lebec, Benoît XVI : les défis d'un pape, éd. l'Archipel, 2005
• Patrice de Plunkett, Benoît XVI et le plan de Dieu, éd. Presses de la Renaissance, 2005
• Greg Watts, Benoît XVI : son histoire, éd. Salvator, 2005 (trad. : Yves Morvan); titre original : Labourer in the Vineyard: A Portrait of Pope Benedict XVI, éd. Lion Publishing Plc, 2005
Voir aussi
Références
1. ↑ (en) Article « Nobel Prize Author Günter Grass: "I Was a Member of the SS" [archive] », 8 novembre 2006, Spiegel Online (version internationale)
2. ↑ Source : Interview d'Alfred Läpple par Gianni Valente et Pierluca Azzaro, publiée sous le titre « Ce recommencement qui a fleuri au milieu des décombres», dans la version française du mensuel 30Jours : dans l'Église et dans le monde, numéro daté de Janvier/Février 2006.
3. ↑ Pétition demandant une réforme du Saint-Office, 1968. Sources : [1] [2]
4. ↑ Le diocèse de Munich et Freising, d'une superficie de 12.000 km² était peuplé de 3.474.000 habitants en 2005. En octobre 2007, il comptait 1.800.000 catholiques. En 2004, il comprenait 915 prêtres diocésains, tandis que le clergé régulier se montait à 214 prêtres (d'après wikipedia germanophone Erzbistum München und Freising).
5. ↑ Peter Stanford,Les orientations du pape Benoît XVI ? C'est l'avenir qui le dira, in Nouvelles ½cuméniques internationales n°150, 22/04/2005, article en ligne
6. ↑ a b Joseph A. Komonchak, L'Église en crise. L'approche théologique de Benoît XVI, in Commonweal, vol. CXXXII, n°11, 03/06/2005, article en ligne
7. ↑ Jérôme Anciberro, Toutes les sanctions mènent à Rome, in Témoignage chrétien, 2006, article en ligne
8. ↑ Juan G. Bedoya, Un obispo a punto de jubilarse, nuevo jefe de la inquisiciónin El Pais, 06/03/2008, article en ligne
9. ↑ Patricia Briel, Profond malaise dans l'Eglise catholique , in Le Temps, 22/03/2007, ref ; Michel Bavarel, La théologie de la libération menacée. 5e Conférence de l'épiscopat d'Amérique latine, in Choisir, mai 2007, article en ligne
10. ↑ La fidélité au service de la vérité'', in La Croix, 20/04/2005, article en ligne [archive]
11. ↑ Patrick Simonnin o.f.m., Théologie de la libération et modernité - controverse et débat, in SPIRITUS, n°156, 09/1999, article en ligne
12. ↑ J.L., Segundo, Teología de la liberación - Respuesta al Cardenal Ratzinger, éd. Cristiandad, 1985, cité par Patrick Simonnin
13. ↑ Philippe Moreau Defarges, Relations internationales, T 1, Questions régionales, Seuil, 2003, p 318
14. ↑ « Concepts uncritically borrowed from Marxist ideology and recourse to theses of a biblical hermeneutic marked by rationalism are at the basis of the new interpretation which is corrupting whatever was authentic in the generous initial commitment on behalf of the poor. » (Libertatis Nuntius, VI, 5).
15. ↑ Actes du colloque : Christianisme : héritage et destins, Cyrille Michon, livre de poche 2002 ISBN 2-253-94318-5
16. ↑ Vérité du christianisme, texte du discours de Benoît XVI.
17. ↑ Interprétation du message de Fatima, Benoît XVI, le 26 juin 2000.
18. ↑ Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux (Cerf 1997 ISBN 2-204-05759-2) du théologien jésuite belge Jacques Dupuis.
19. ↑ Interview donnée à l'agence Zenit, le 3 mai 2003
20. ↑ Sources sur la « non-universalité de la foi chrétienne et la rationalité séculière » :
o Textes en allemand [archive], sur le site de l'Académie catholique de Bavière.
o Traduction Jean-Louis Schlegel, dans la revue Esprit, juillet 2004.
21. ↑ de:Schwangerschaftskonfliktberatung
22. ↑ Voir (de) de:Donum Vitae.
23. ↑ membre du Comité pontificale des Sciences historiques et enseignant à l'université de Nanterre
24. ↑ a b c d Claire Chartier, Vatican, les clefs d'une crise, in L'Express, 12/02/2009, article en ligne
25. ↑ Gérard Leclerc, Benoît XVI, un pape théologien, in Valeurs Actuelles, 18/12/2008, article en ligne
26. ↑ Réactions après l'annonce de l'élection de Benoît XVI.
27. ↑ Première déclaration de Benoît XVI, Bénédiction apostolique "Urbi et Orbi" (19 avril 2005), sur le site du Vatican
28. ↑ « L'ours de saint Corbinien, fut rendu à la liberté. Pour moi, le "Maître" en a décidé autrement », dépêche ZENIT du 12 septembre 2006.
29. ↑ Le Salon Beige : Réforme de l'élection du pape
30. ↑ Article sur la réforme de la Curie
31. ↑ Sandro Magister, Curie romaine: la réforme qui n'a pas lieu, in Chiesa online, 28/06/2007, article en ligne
32. ↑ Romano Libero, Vatican : l'OPA des tradis sur la curie, in Golias, 15/01/2009, article en ligne
33. ↑ (en) Article affirmant la restriction faite aux franciscains
34. ↑ Le Monde, édition du 17 juin 2008, Le Pape remet en vigueur la communion à genoux
35. ↑ Article donnant les propos du pape sur l'après Vatican II
36. ↑ Texte intégral du pape le 22 décembre 2005 sur le site liberté politique
37. ↑ Article citant Benoît XVI sur le concile Vatican II
38. ↑ Motu proprio sur le site du Vatican : texte uniquement en latin
39. ↑ Lettre du pape Benoît XVI aux évêques qui accompagne la lettre apostolique motu proprio data sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 sur le site du Vatican
40. ↑ Communiqué officiel à la publication du motu proprio par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
41. ↑ Lettre du pape Benoît XVI aux évêques qui accompagne la lettre apostolique motu proprio data sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 sur le site du Vatican
42. ↑ Note explicative de la lettre de Benoît XVI aux catholiques chinois
43. ↑ « Les intégristes rejettent l'ultimatum du Vatican » , Le Monde, 28 juin 2008.
44. ↑ « Le pape annule l'excommunication de 4 évêques intégristes dont un négationniste », AFP, 24 janvier 2009.
45. ↑ a b http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/07/l-eveque-negationniste-richard-williamson-persiste-et-signe_1152393_3214.html « L'évêque négationniste Richard Williamson persiste et signe »], Le Monde, 7 février 2009.
46. ↑ « Le grand rabbin de France critique Benoît XVI », propos recueillis par Stéphanie Le Bars, Le Monde, 31 janvier 2009.
47. ↑ « Evêques intégristes : le Vatican se justifie » , Le Monde, 5 février 2009.
48. ↑ (fr) « Évêque négationniste : appel de catholiques allemands à soutenir le pape » , AFP, consulté le 8 février 2009.
49. ↑ Article parlant du succès de Deus caritas est
50. ↑ http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=2802087_encyclique, développement des thèmes contenu dans l'encyclique
51. ↑ La dépêche de Zenit
52. ↑ La dépêche de Zenit
53. ↑ Article du site d'actualité catholique eucharistie
54. ↑ Le journal italien Corriere della Sera du 1er mars 2006
55. ↑ article de Eurocles.com sur les liens entre le pape et le patriarche de Moscou
56. ↑ Article du site Eucharistie sur la rencontre du pape avec le chef de l'Église anglicane le 23 novembre 2006
57. ↑ Article du site Eucharistie sur la rencontre entre Benoît XVI et Mgr Fellay
58. ↑ Prière du pape à Auschwitz publié dans Le Figaro
59. ↑ http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2008/04/19/visite-de-benoit-xvi-dans-une-synagogue-de-manhattan-pour-consolider-le-dialogue-avec-les-juifs_1035962_3222.html#ens_id=1034599, article du Monde faisant état de la polémique
60. ↑ http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1804085_juifs, texte du message du pape à la communauté juive
61. ↑ Benoît XVI reçoit le Dalaï-Lama
62. ↑ Le pape recevra bientôt le Dalaï Lama
63. ↑ Le pape ne recevra pas le dalaï-lama, rectifie le Vatican
64. ↑ Le pape doit-il rencontrer le dalaï-lama ?
65. ↑ Dalai Lama says sorry he can't meet Pope
66. ↑ Article de KIPA sur la réponse du pape aux critique de ses discours au Brésil
67. ↑ Mgr Amato, collaborateur de Benoît XVI, blâme Da Vinci Code
68. ↑ Article du Figaro
69. ↑ Article du Figaro
الفاتيكان: البابا يطلق قناته الخاصة على "يو تيوب"
أعلن الفاتيكان أن البابا بنديتكوس السادس عشر يستعد لإطلاق قناة خاصة به عبر موقع "يو تيوب"، إذ ستُبثُّ عبرها أفلام الفيديو والتسجيلات الصوتية والخطب والكلمات والأخبار المتعلقة بالحبر الأعظم.
ويُتوقَّع أن يبث البابا رسالته الأولى عبر القناة الجديدة على "يو تيوب" في وقت لاحق من اليوم الجمعة.
إن مشروع إطلاق البابا للخدمة الجديدة تمثِّل المحاولة الأكبر لإيصال رسالة وصورة الفاتيكان عبر الفضاء الإلكتروني، وذلك على الرغم من أن للفاتيكان صفحة خاصة به على شبكة الإنترنت.
ويقول مسئولون في الفاتيكان إن القناة الجديدة موجَّهة إلى الجميع، "ابتداء بالأتقياء من أتباع المذهب الكاثوليكي وانتهاء بالمتصفح العابر لشبكة الإنترنت".
وستتحكم الكنيسة الكاثوليكية بشكل كامل بمحتوى القناة الجديدة، والتي ترمي إلى "تأمين تواجد البابا على شبكة الإنترنت"، حسب صحيفة "أبزيرفيتور رومانو" التابعة للفاتيكان.
وقد ذكرت الصحيفة أن البابا كان دوما "مولعا بالتقنيات الحديثة".
ونقلت الصحيفة عن المطران كلوديو سيلي، رئيس قسم التواصل في الفاتيكان، قوله إن البابا يأمل بإيصال صورته وصوته إلى "الجيل الرقمي".