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Pourquoi les prêtres ne peuvent pas se marier ?

Pourquoi les prêtres ne peuvent pas se marier ?
Monseineur Jean ABBOUD avec Son Excellence Mario Aoun, l'actuel Ministre libanais des Affaires sociales,Son Excellence Adnan Mansour, Ambassadeur du Liban en Belgique et Monsieur Maroun Karam




Le célibat - le fait de ne pas être marié - a été l'état de vie d'un nombre incalculable d'hommes et de femmes au cours de l'histoire.

Certains d'entre eux ont vécu ce célibat dans la vie religieuse, mais pas la plus grande partie.

De nombreuses personnes ne se marient pas pour une décision personnelle ou à cause des circonstances de la vie. Leur condition n'est pas « anormale ». A proprement parler, il existe trois vocations dans la vie : religieuse, mariée et célibataire. Chacune possède sa valeur et doit être considérée avec respect.

Il y a un nombre grandissant de vocations religieuses aujourd'hui dans le monde - un fait qui peut étonner les français. Or, si on regarde de près le genre de personnes, homme et femme, qui entrent dans la vie religieuse, on en trouve très peu qui grognent sur le fait de devoir passer seul le reste de leur vie. Ces gens auraient-ils un problème ?

Ont-ils une mauvaise opinion du mariage ? Pas du tout. En fait, ils ont même souvent une plus haute opinion du mariage que de nombreuses personnes mariées : Ils savent que l'Eglise Catholique insiste sur le fait que le mariage est un sacrement - donc une chose « sacrée » - au même titre que l'Eucharistie et le baptême.

Mais ils embrassent librement le célibat parce qu'ils veulent offrir leur amour « sans partage » à Dieu. Ils ont été touchés par une grâce particulière (l'appel) et ont ressenti le besoin de tout laisser pour y répondre et être complètement disponible. Dieu est un « Dieu jaloux » dit un psaume : il nous veut tout entier pour Lui. Les prêtres et les religieux lui appartiennent d'une façon spéciale et unique.

Ils suivent l'exemple de St Paul qui recommandait le célibat à tous ceux appelés à cette vocation, sans mépriser le mariage en aucune façon (1Co 7,8). Il ne s'agit pas de rabaisser la valeur du mariage, mais nous pouvons admirer ceux qui, tout en estimant la grande valeur de ce sacrement, choisissent volontairement de s'en priver afin de servir Dieu avec tout leur c½ur et toute leur disponibilité.

Il y a un autre fait à propos du célibat qui surprend souvent les catholiques : le célibat des prêtres n'est pas une norme théologique, mais disciplinaire. Si demain un nouveau Concile décide de donner la liberté aux prêtres de se marier... cela ne remettra pas en cause les dogmes de la foi.

Dans sa Lettre à Tite, Saint Paul écrit en ces termes : « 5 Si je t'ai laissé en Crète, c'était pour que tu achèves la remise en ordre, et que tu établisses des anciens dans chaque ville, comme je te l'avais ordonné. 6 Il te faut des gens irréprochables, hommes d'une seule femme. Il faut que leurs enfants aient la foi et qu'on ne puisse pas dire qu'ils se conduisent mal et n'obéissent pas. 7 L'évêque est l'administrateur de Dieu ; il doit donc être au-dessus de tout reproche. Ni arrogant, ni coléreux, ni buveur, ni querelleur, ni intéressé, 8 mais au contraire hospitalier, ami du bien, homme de bon jugement, juste, pieux, maître de lui-même. 9 Quand il parle, il doit s'attacher à ce qui est sûr, en accord avec la doctrine. Il doit être capable de prêcher la saine doctrine et de réfuter les opposants. »

Le confesseur Paphnuce, évêque dans la haute Thébaïde, l'un des plus illustres et des plus saints d'entre les prélats, et qui avait toujours vécu dans la continence, se leva au milieu de l'assemblée et dit à haute voix qu'il ne fallait point imposer un joug si pesant aux ministres sacrés ; que le lit nuptial est honorable et le mariage sans tache ; que cet excès de rigueur nuirait plutôt à l'Église ; que tous ne pouvaient porter une continence si parfaite, et que la chasteté conjugale en serait peut-être moins bien gardée : qu'il suffisait que celui qui était une fois ordonné clerc n'eût plus la liberté de se marier, suivant l'ancienne tradition de l'Église ; mais qu'il ne fallait pas le séparer de la femme qu'il avait épousée étant encore laïque.

On a coutume, dit le docteur Thomassin, d'opposer au célibat des ecclésiastiques l'histoire de l'évêque Paphnuce qui, au dire de Socrate et de Sozomène, obligea les Pères du concile de Nicée de ne point faire de canon pour assujettir les évêques, les prêtres, les diacres et les sous-diacres à la continence par rapport aux femmes mêmes qu'ils avaient épousées avant leur ordination, puisque l'ancienne tradition ne leur défendait que les nouveaux mariages après les ordres reçus. Mais Socrate et Sozomène ne sont pas des auteurs si irréprochables, ni de si bons garants, qu'on soit obligé de les croire sur leur parole, surtout en un point de cette conséquence. Il se peut faire que le fond de l'histoire soit véritable, et que Socrate n'ait manqué qu'en ce qu'il a ajouté du sien. En effet, il n'est pas hors d'apparence que le nombre des prêtres et des diacres incontinents fût déjà si grand dans l'Église orientale, au temps même du concile de Nicée, que ces sages évêques jugeassent plus à propos de dissimuler le mal qu'ils ne pouvaient guérir. On peut porter le même jugement des conciles d'Ancyre, de Néocésarée * et de Gangres, qui n'ont point fait de règlement contre ce désordre, parce qu'ils le jugeaient irrémédiable.

Le concile de Néocésarée (can. 1) porte la peine de déposition contre le prêtre qui se marie : " Presbyter, si uxorem acceperit, deponatur. " Il ne dit rien de ceux qui, étant déjà mariés, auraient reçu l'ordre de prêtrise. Quant au concile d'Ancyre, le canon par lequel il permet le mariage aux diacres qui protesteraient dans leur ordination qu'ils ne veulent pas rester célibataires, a été universellement rejeté, comme l'observe Benoît XIV, d'après Balsamon, Zonare et Aristène. Nous disons le canon de ce concile, et non le concile même, forcé que nous sommes de contredire en ce point. Le canon dont il s'agit a été depuis rejeté par l'Église orientale elle-même, comme contraire à celui du concile in Trullo ; mais cette amélioration opérée dans la discipline n'ôte rien de l'autorité intrinsèque dont le concile d'Ancyre a toujours joui quant à ses décisions en général, et nous ne sachions pas que Benoît XIV l'ait révoquée en doute.


L'avis susmentionné du confesseur Paphnuce, évêque dans la haute Thébaïde, fut suivi de tout le concile de Nicée : on ne fit sur ce sujet aucune nouvelle ordonnance, et on laissa à chaque Église la liberté de suivre les usages qui y étaient établis : car la discipline n'était point uniforme sur ce point. En Thessalie, en Macédoine et en Grèce, on excommuniait un clerc qui avait habité avec sa femme, quoiqu'il l'eût épousée avant son ordination. Les Orientaux observaient la même règle, mais sans y être astreints par aucune loi, et il n'y en avait pas même pour les évêques : d'où vient que plusieurs d'entre eux avaient eu des enfants de leurs femmes légitimes pendant leur épiscopat. C'est Socrate qui rapporte ce fait. Mais saint Jérôme (adv. Vigil.) assure que les Églises d'Orient, d'Égypte et du saint-siège apostolique, c'est-à-dire les trois grands patriarcats de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche, prenaient pour clercs des vierges ou des continents ; ou que, si ces clercs avaient des femmes, ils cessaient d'être leurs maris. Saint Épiphane (Hær. 59, n. 4) dit aussi que, dans les lieux où les canons étaient observés, on n'admettait point de bigames, et que ceux mêmes qui n'avaient été mariés qu'une fois n'étaient point admis dans le clergé pour y être évêques, prêtres, diacres ou sous-diacres, qu'ils ne s'abstinssent de leur femme, s'ils en avaient encore. Il ne dissimule point qu'en quelques endroits il y avait des prêtres et d'autres ministres inférieurs qui usaient de la liberté du mariage ; mais il ajoute que cet usage n'était pas conforme aux lois de l'Église, qui ne le tolérait que dans la crainte de manquer de ministres. On voit par une lettre (Ep. 105) de Synésius, évêque de Ptolémaïde en Libye, que la loi du célibat était, à l'égard des évêques, en vigueur dans cette province, puisque, lorsqu'on voulut l'obliger à accepter l'épiscopat, il opposa sa femme comme un obstacle à son ordination, protestant devant tout le monde qu'il ne voulait point s'en séparer, mais continuer à en avoir des enfants.


Mais quand Socrate dit que l'ancienne tradition de l'Église défendait seulement aux clercs supérieurs de se marier, sans leur ôter l'usage du mariage contracté par avance, nous en appelons à Eusèbe, à saint Épiphane et à saint Jérôme, qui, d'ailleurs, plus anciens que lui, étaient incomparablement mieux instruits des anciens usages de l'Église. Ainsi, Socrate a mis dans la bouche du saint évêque Paphnuce une harangue qui n'en sortit jamais. Ce saint prélat put juger avec tout le concile, et avec toute l'Église grecque dans les siècles suivants, qu'il valait mieux tolérer cet abus que d'exposer l'Église au schisme, et ses clercs à une incontinence plus criminelle ; mais il ne put ignorer que ce fut un abus et un violement des anciens canons et de la discipline plus pure établie par les apôtres. " Thomass. Discipl. eccl. v. 1, l. II, c. 60. On voit par ce seul extrait que Thomassin faisait remonter jusqu'à Jésus-Christ, ou du moins jusqu'aux apôtres, la loi du célibat des clercs majeurs.


M. Jager nie même que le fond de cette histoire soit véritable : " Si une affaire de cette importance, dit-il, s'était passée au milieu de cette célèbre assemblée, on la trouverait certainement dans les actes du concile, des écrivains contemporains en auraient parlé. Or, les actes du concile n'en font pas la plus légère mention ; le nom de Paphnuce ne se trouve pas sur la liste des évêques qui ont signé les décrets du concile. Eusèbe et saint Athanase ne disent pas un mot de Paphnuce, et les Pères de cette époque, qui se font gloire de suivre les décrets de Nicée, parlent de la continence comme rigoureusement prescrite aux prêtres après l'ordination. "

Certains rites orientaux, de fait, autorisent les hommes mariés à accéder à la prêtrise (mais pas à l'épiscopat. Dans les premiers temps de l'Eglise, il n'y avait pas véritablement de règlement sur la question du mariage des prêtres. Peut-être tout simplement parce que la venue du Christ sur Terre était encore tellement proche que ses enseignements, dans toute leur cohérence, se sont imposés très facilement aux premières générations de chrétiens.

Jésus avait parlé de pureté comme un grand bien : « car les c½urs purs verront Dieu » (Mt 5,8). Il avait annoncé que « certains se feraient chastes pour le royaume des cieux ». (Mt 19,12) et avait loué ceux qui quitteraient tout (maison, frères, s½urs, père, mère, enfants ou pays) pour son nom (Mt 19,29) en leur assurant une récompense au centuple et la vie éternelle en héritage.


Le célibat dans la liberté


Souvenez-vous : c'est l'Eglise catholique qui a proclamé que le Christ avait élevé le mariage au rang de sacrement. Il est vrai que les prêtres catholiques latins ne peuvent pas se marier, mais personne n'est obligé de devenir prêtre !

Le mariage ne leur est pas interdit en tant qu'être humain, mais en tant que prêtre. Tout catholique est libre de choisir la prêtrise dans le célibat, le mariage ou la vie solitaire, qui est aussi une forme de célibat. Mais personne n'est contraint au célibat.
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# Posté le samedi 21 mars 2009 18:10

Modifié le lundi 23 mars 2009 08:18

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