Entretien avec Monsieur BAHIA Mohamed Salem

Entretien avec Monsieur BAHIA Mohamed Salem
A 11h50 heure e locale le 12 avril 2008 à BOUJDOUR (Maroc)

Qui êtes-vous et pourquoi souhaiteriez-vous l'intervention de l'ASBL MGRJA ?

Je suis Monsieur BAHIA Mohamed Salem, je suis né en 1958 à BOUJDOUR (Maroc).
Je sollicite votre intervention pour faire la lumière sur le traitement dont j'étais victime.
Je me trouvais à GHERGHER à 175 km BOUJDOUR (Maroc) dans ma Jeep Lange Rover quant soudainement les agents du Polisario ont fait tombé sous les balles environ 45 personnes et ont fait capturé 32 personnes et j'étais l'un de ces derniers.
J'étais marié à l'époque et père d'un garçon et d'une fille.


Pour quelle raison cette attaque avait eu lieu ?

Les agents du Polisario considèrent comme ennemi toute personne qui ne rallie pas leur rang.
J'étais, à l'époque de la présence espagnole ici, élu comme Cheik et bien connu par le Polisario surtout dans mes positions à l'égard des agissements.
Les agents du Polisario m'ont conduit à la prison RACHID où mon emprisonnement a duré trois ans, c'est-à-dire de 1976 à 1978. Ensuite ils m'ont transféré à la prison dite ZAHBIA soit environ 70 km au sud-est de TINDOUF. Dans la prison de ZAHBIA j'ai été emprisonné jusqu'en 1982.
Le 12/02/1982, j'ai organisé ma fuite de la prison avec le dénommé Othman Hmeydé Bennou. Ce dernier s'est livré tandis que moi, j'ai lutté contre eux jusqu'au moment ou trois bales m'ont touché :
 La première à pénétré près de mon oreille gauche et est sortie au dessous de l'½il droit ;
 La deuxième et la troisième sont entrées dans ma cuisse droite pour sortir l'une par le genou et l'autre par le dos.


Quel Tribunal vous a condamné à toutes ces années de prison ?

Aucun Tribunal, on m'a promis la mort, mais le fait d'être élu le 10/06/1973, je me trouvais par chance sur la liste avancée par l'ONU. Grâce à cette liste, j'ai été libéré environ 6 mois plus tard.
On m'attache les mains derrière mon dos et tout en liant également mes jambes on me suspend dans l'aire. Quelques fois on m'attache les mains et à l'aide d'une chaise, j'étais soulevé du sol puis en retirant la chaise, ma tête bascule vers le bas et mes pieds vers le haut. Cette torture dure entre une et deux heures et combien de personnes ont succombé. Les traces sont toujours dans mes mains.
La cellule fait environ deux mètres de longueur, 60 à 70 cm de largeur et deux mètres de profondeur et couverte de zingue couvert de terre de sorte que nul n'est à même de distinguer le jour de la nuit.
Dans la cellule j'étais attaché jour et nuit, on me détache une ou deux fois par jour pour faire mes besoins dans un peau et manger.
Le gardien passe plusieurs fois par heure pour faire l'appel, la personne qui ne répond pas à son appel, il le signale par un caillou qu'il dépose sur le toit de la cellule. Ce caillou signifie que le prisonnier doit être bastonné parce qu'il n'a pas répondu à l'appel.
Ma cellule était à ma taille de sorte que je ne peux pas bouger ni dormir puisque je suis menotté les mains à l'arrière de mon dos et l'appel se fait régulièrement.
Le WC était sous la forme d'une peau en métal qui contient environ 5 litres. On nous appelle de temps en temps pour nous conduire dans un lieu où ils nous donnent environ cinq minutes pour nous laver en jetant sur moi une poudre en savons et de l'eau qui était plus froide que les pierres.
J'étais libéré le 4 avril 1988 et j'étais soumis aux travaux forcés de 1976 à 1982 et j'étais dans ma cellule de 1982 à 1988.
Après ma libération, je m'étais engagé avec le Polisario pour identifier les personnes et ce grâce à ma qualité de Cheik élu.
Durant l'interrogatoire, j'avais une bonde qui m'empêche de voir et après on me met une cagoule chaque fois qu'on me fait sortir.


Croyez-vous que les prisonniers sont encore en prison et en vie ?

J'ai été emprisonné avec un français, un italien, quatre espagnoles et un vénézuélien. Ce dernier et le français ont été libérés grâce à la presse française en faveur de ce dernier et la famille de l'espagnol. Malheureusement les quatre espagnols et l'italien ont succombé à la torture.
Moralement et psychologiquement je souffre toujours et je suis devenu un hypertendu à cause de des tortures que j'ai subi.
J'espère que les coupables seront condamnés sur cette terre et au ciel.
Entretien terminé à 12h13.

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# Posté le samedi 16 août 2008 15:07

Entretien avec Monsieur Mohamed Abdellahi KHATRY

A 18h54 heure locale le 29 mars 2008 à NOUAKCHOT en Mauritanie

Qui êtes-vous et pourquoi souhaiteriez-vous l'intervention de l'asbl MGRJA ?

Je suis Monsieur Mohamed fils d'Abdellahi de la famille de KHATRY de Madame Zeinoubou Mouhammedi, je suis né le 31 décembre 1955 à BOUTILIMIT (Mauritanie) et domicilié à NOUAKCHOTTE, BLOC 4.
Je sollicite votre intervention pour faire la lumière sur le traitement dont j'étais victime.
J'étais militaire mauritanien de la garde nationale et au mois de mai 1979 j'ai rejoint le Polisario en faisant de l'autostop et ce jusqu'à mon arrivée au Camps de TINDOUF.
J'étais marié sans enfant.


Quelle était l'accusation selon laquelle les agents du Polisario vous ont-ils arrêté?

J'ai été accusé d'être un agent mauritanien et ensuite les agents du Polisario m'ont accusé de travailler en collaboration avec le service secret français pour comploter contre le Polisario.
Après avoir servi deux ans dans l'armée du Polisario, j'ai été arrêté au mois de février 1983.

On m'a conduit, après mon arrestation à la base RABOUNI, soit à environ 30 kilomètres du Camps de Tindouf parce que, selon eux, j'étais un agent mauritanien qui fomente un coup d'état contre le Polisario.
Je vous laisse prendre les photos nécessaires de mon corps pour constater les séquelles des tortures dont je faisais l'objet.
Les agents du Polisario qui m'ont torturé étaient au nombre de cinq.
Ils chauffaient un instrument métallique pour inscrire sur ma tête et ma jambe droite le nom POLISARIO.
On m'attache les mains derrière mon dos et ils liaient mes jambes et me suspendent dans l'aire.
J'ai rejeté toutes les accusations portées à mon encontre et ce malgré l'horrible torture dont les traces restent visibles sur mon corps.
A la prison j'étais dans une cellule à ma taille de sorte que je ne pouvais pas bouger ni dormir puisque j'étais menotté les mains à l'arrière de mon dos.
J'ai vécu sans lumière et je ne savais pas quand le jour commence et quand la nuit finit. Tous les quarts d'heures on frappe à la cellule pour me réveiller et si je ne réponds pas, la petite porte de la cellule s'ouvre et j'avais le droit à une bastonnade!
J'étais libéré fin 1988 et pendant toute une année avant ma libération, j'ai travaillé à la prison.
Durant l'interrogatoire, j'avais une bande qui m'empêche de voir et après on me met une cagoule chaque fois qu'on me fait sortir.


On m'a avancé le chiffre d'environ 4.000 (quatre mille) mauritaniens avec le Polisario? Qu'en pensez-vous? Je pense qu'il y en beaucoup plus que 4000 personnes.
Croyez-vous que les mauritaniens disparus se trouvent encore en vie ?


Je ne sais pas.
Je suis toujours souffrant et je n'arrive pas à passer outre les souffrances et les tortures subies à la prison RACHID.

J'espère que les responsables soient traduits devant des tribunaux de compétence universelle, afin qu'ils soient jugés et que les victimes et leurs familles soient équitablement dédommagés.
Entretien terminé à 19h32.


Entretien avec Monsieur Mohamed Abdellahi KHATRY
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# Posté le samedi 16 août 2008 08:32

Vidéo extraite d'un journal de la RTBF belge

Vidéo provenant de la chaîne belge RTBF, présentant la médiation belge concernant les prisonniers libanais en Israël et les deux soldats israeliens tués par le Hezbollah.
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# Posté le samedi 16 août 2008 08:02

Monseigneur Jean Abboud et le pape Jean Paul II au Vatican

Monseigneur Jean Abboud et le pape Jean Paul II  au Vatican
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# Posté le samedi 16 août 2008 07:33